JUILLET
SOMMAIRE: Grand sympathique (suite) ; — Des rapports qui existent entre la vascularisation et la calorification des parties après la section du grand sympathique; — Effets de la galvanisation sur la chaleur de Poreilie ; — Les effets de la calorification produits par la section du grand sympathique, pouvant se compliquer de phénomènes inflammatoires chez un animal affaibli. — Exemples d'ablation des divers ganglions du grand sympathique ; — Procédé pour couper le grand sympatliique dans la poitrine; — Expériences; — Influence de la destruction de certaines parties du grand sympathique sur l'exhalation des membranes séreuses ; — Dernières expériences sur la piqûre du plancher du quatrième ventricule.
Messieurs
La galvanisation appliquée directement sur l'oreille au lieu d'être portée sur le filet cervical du sympathique coupé dans la région du cou, produit des effets différents suivant qu'on a ou qu'on n'a pas préalablement coupé ce nerf.
Lorsqu'on a divisé le filet sympathique au cou, l'oreille s'échauffe comme nous le savons. Si on laisse l'animal dans les conditions ordinaires et qu'on l'examine le lendemain ou le surlendemain, on trouve que bien que la température de l'oreille soit toujours plus élevée que celle du côté opposé, elle est cependant beaucoup abaissée si on la compare à celle observée aussitôt après la section du filet sympathique ; et c'est à ce moment que les effets de cette section sont toujours le plus prononcés.
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Si alors on galvanise l'oreille directement, en pinçant la base de l'oreille et son extrémité avec deux serres-fines à chacune desquelles on applique un des pôles d'une pile, afin de faire traverser l'oreille par le courant dans son grand diamètre, on voit dans cette opération que, sous l'influence de la galvanisation directe, l'oreille s'échauffe au lieu de se refroidir, comme cela a lieu quand on galvunise le bout supérieur du nerf sympathique coupé au cou. Ce qui est remarquable , c'est que cette galvanisation directe produit des effets opposés lorsque l'oreille est saine ou lorsque le grand sympathique a été préalablement coupé.
On constate, dans le premier cas, que la galvanisation directe produit un abaissement de la température comme si l'on galvanisait le nerf sympathique lui-même.
Yoici des expériences qui montrent ce résultat. La galvanisation a été faite avec l'appareil de Legendre et Morin. Les nombres qui sont indiqués n'ont qu'une valeur comparative parce qu'ils ont été pris avec un thermomètre à échelle arbitraire :
Eœp. (18 janvier '185/i). — Sur un lapm bien portant, dont le filet sympathique avait été coupé à gauche dans le cou depuis trois jours, on prit la température de l'oreille qui était de '28 divisions du thermomètre.
Pendant les premiers instants de la galvanisation, l'oreille devint rouge sans que la température s'élevât sensiblement. Puis bientôt , par la galvanisation , la température monta rapidement de 29 jusqu'à ko divisions.
L'oreille du côté droit, qui n'avait pas subi d'opération^
B., Syst. nekv — j;., 33
51ii INFLUENCE DE LA SECTION DES NERFS
fut alors galvanisée comme la gauche. Elle marquait 26°, 5. Pendant la galvanisation, elle descendit à 23 divisions ; on arrêta la galvanisation et la température descendit encore jusqu'à 20", 5.
Exp. — Un autre lapin, vigoureux, n'ayant subi aucune opération sur le sympathique, fut lié pour l'opération ; il poussa des cris violents, s'agita et ses oreilles s'échauffèrent beaucoup comme cela a toujours lieu chez ces animaux lorsqu'ils sont agités ou émus. Les oreilles avaient alors une température de /j3 à /|5 divisions. Quelques instants après cet échauffement passager avait disparu, et l'oreille gauche était redescendue à oli divisions. Alors on la galvanisa pendant deux minutes, et elle baissa à 31 divisions; mais aussitôt qu'on cessa la galvanisation elle remonta momentanément à 1x0, pour redescendre bientôt (au bout de quatre minutes) à 32 divisions. Trois minutes après, elle était à 25. Enfin, on galvanisa encore l'oreille , et la température descendit à 23 divisions où elle resta.
On prit alors l'oreille droite qui était à 26 divisions. On la galvanisa : pendant la galvanisation, la température descendit à 24", 5 où elle resta.
Exp. — Sur un lapin, dont le filet sympathique avait été divisé à droite et le nerf auriculaire du plexus cervical coupé à gauche depuis huit jours: on lia l'animal, et ses oreiiles s'échauiîèrent momentanément par les mouvements qu'il fit. On galvanisa l'oreille droite; elle était à 29, et elle monta, au moment où l'animal poussa des cris, jusqu'à 38 divisions : puis après elle redescendit à 35, où elle resta fixe. L'oreille gauche marquait alors
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35 divisions, ce qui était une température relativement élevée ; cela tiendrait-il à la section du filet auriculaire? Quoi qu'il en soit, on galvanisa directement cette oreille en partie insensible, et, pendant la galvanisation, elle descendit à 30 divisions; après cela elle continua à descendre encore jusqu'à 23.
Si l'on cherche d'abord à quoi tient cette différence entre les résultats obtenus par la galvanisation directe de l'oreille lorsque le grand sympathique a été coupé ou lorsqu'il est resté intact , on est porté aux explications suivantes pour se rendre compte des phénomènes.
Lorsque, en agissant sur l'oreille dontlefdet sympathique a été coupé, on voit la température s'élever par l'excitation galvanique, on peut penser que le nerf sympathique n'est pas directement excité et que l'élévation de la température provient de ce que, sous l'influence de la douleur, le cœur fait sentir son excitation avec plus de force dans les artères de l'oreille relâchées par la section du grand sympathique; tandis que, dans le cas où le sympathique n'a pas été coupé, cette action portée sur les nerfs sensitifs et transmise par la moelle épinière produit une action réflexe sur le grand sympathique, qui resserre les vaisseaux et l'oreille, et empêche l'action du cœur d'avoir les mêmes résultats. Pour vérifier cette hypothèse, il faudra couper d'un même côté le filet auriculaire et le grand sympathique pour, l'oreille étant insensible, voir si les mêmes effets se produiront. Ce sont là des résultats sur lesquels il y aura lieu de revenir aussi quand nous étudierons l'influence du grand sympathique sur la circulation d'une manière plus spéciale.