PAR LA SECTION DU NERF SYMPATHIQUE
du vinaigre porté sur îa langue, et sur la rapidité du passage de i'iodure de potassium dans la salive. On prit du liquide céphalo-rachidien pour y constater le passage de I'iodure de potassium. Cette dernière opération rendit l'animal malade et produisit une inflammation des centres nerveux : il mourut cinq jours après. Ce qu'il y eut de remarquable, c'est que les muqueuses du côté de la face correspondant à la section du sympathique, devinrent le siège d'une inflammation violente, dès le moment où l'animal commença à s'affaiblir par la maladie. Il y avait une suppuration abondante de la narine, de la muqueuse buccale et de la conjonctive gauches, tandis que du côté opposé les mêmes muqueuses étaient à l'état normal. De sorte que l'on voit ici que l'inflammation des membranes muqueuses, qui est bien la conséquence de la section du sympathique, n'a pu se manifester que lorsque l'animal s'y est trouvé prédisposé par un état général morbide. C'est là un fait dont il faut tenir compte dans les recherches physiologiques sur l'inflammation.
L'ablation de certains ganglions produit encore des effets de vascularisation qui donnent lieu très facilement à des inflammations violentes. Les ganghons thoraciques, ainsi que ceux du plexus solaire, sont dans ce cas, ainsi c{ue le prouvent les expériences suivantes :
Exp. [h juillet i85o). — Sur un chien de moyenne taille, on fit une incision au-dessus de l'épaule gauche qui fut tirée en bas. On arriva ainsi sur le muscle grand dentelé dont on divisa l'insertion à la première côte ; puis on fit une ouverture au thorax en incisant les muscles intercostaux entre la première et la seconde
côte. On maintint écartés les deux côtes à l'aide d'un coin de bois introduit entre elles. Alors, à l'aide d'une érigne, on accrocha le ganglion que l'on souleva, avec une pince à anneaux, on le saisit et on Farracha complètement; cela fait, on recousit la plaie extérieure des muscles et on laissa l'animal en repos.
Pendant l'opération, l'animal était chloroformé. A chaque expiration , on constatait la sortie de l'air à travers l'ouverture faite à la poitrine. On constata en outre qu'au momenl de l'extirpation du ganglion, quoique l'animal fût éthérisé, la respiration s'accéléra considérablement. On laissa ce chien en repos jusqu'au lendemain.
Le lendemain, 5 juillet, on constata que la pupille du côté opéré était 1res contractée; l'oreille du même côté était très chaude; l'animal paraissait malade; les respirations étaient de 36 et les pulsations de 9*2 par minute. Les urines étaient très acides, contenaient beaucoup d'urée ; on avait donné à manger à l'animal, mais on ne sait pas s'il avait pris la nourriture qui lui avait été présentée.
Le lendemain, 6 juillet, l'animal était mort ; il avait succombé pendant la nuit.
A l'autopsie, on trouva une pleurésie violente avec injection extraordinairement forte et caractéristique dans tout le thorax. Toutefois il y avait une différence entre les deux côtés : à gauche, là ou on avait fait l'ablation du ganglion, il y avait pleurésie avec épanchement de liquide trouble, purulent, et formation de fausses membranes abondantes sur la plèvre pariétale et costale, tandis que du côté droit, le liquide de l'épanchenient, un peu sanguinolent, n'était pas trouble et ne paraissait pas contenir
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de pus. L'injection de la plèvre semblait plus prononcée parce qu'elle n'y était pas masquée par de fausses membranes.
Outre les vaisseaux assez volumineux qui étaient gorgés de sang, on voyait dans les deux plèvres des ecchymoses et des extravasations sanguines. On voyait une arborisation très riche autour de l'aorte et des gros troncs nerveux et veineux, autour du péricarde, ainsi que sur la face supérieure du diaphragme. En examinant ensuite l'intérieur de l'aorte, de l'œsophage, on ne retrouva plus la même injection ; la membrane interne de ces organes était blanche et avait sa couleur normale. Le tissu du poumon était gorgé de sang, et magnifiquement injecté dans toutes ses parties. Le tissu du cœur n'offrait rien de particulier, non plus que sa surface intérieure. Dans l'abdomen, le péritoine n'offrait aucune injection; il semblait même que les organes abdominaux fussent plus pâles qu'à l'état normal et comme anémiques. L'estomac contenait des morceaux de viande en partie digérés et offrant une réaction neutre ou même légèrement alcaline, ce qui pourrait dépendre de ce que les aliments séjournaient depuis longtemps dans l'estomac, et de ce que la grande chaleur avait, depuis la mort, amené un commencement de décomposition. Le foie ne contenait pas de sucre dans son tissu.
Exp. (29 novembre 18/i5) (1). — Sur un gros chien mouton, jeune, à jeun, on enleva les deux ganglions solairespar une plaie faite à l'abdomen. Aussitôt après l'opération on retira à l'animal 100 grammes de sang veineux.
(1) Expériencefe déjà citée à un aulre point de vue, t. t, p. 369.
Quand on toucha simplement les ganglions solaires, il n'y eut pas manifestation de douleur ; seulement, quand on fit, en quelque sorte, vibrer les nerfs tend us qui en partent, par un frottement rapide, il en résulta des mouvements de totalité du tronc et particulièrement des membres inférieurs, mouvements saccadés et involontaires.
Quand on pinçait fortement le ganglion solaire ou qu'on le tiraillait, l'animal éprouvait manifestement de la douleur et poussait des cris.
Lorsque le ganglion ou un des gros nerfs qui en partent eut été ainsi contus par la compression, il resta noirâtre et comme ecchymose à la place de la contusion, ce qui n'a pas lieu pour les nerfs du système cérébrospinal.
Pendant l'opération, l'animal rendit des matières fécales diarrhéiques. Après l'opération, la plaie fut recousue et l'animal laissé en repos jusqu'au lendemain.
Le lendemain, 30 novembre, l'animal paraissait triste et refusa les aliments.
Le 1" décembre, le chien était toujours triste. L'ayant amené dans le laboratoire, il urina et rendit des matières fécales diarrhéiques. Il refusa toute espèce de nourriture solide ou liquide et but seulement un peu d'eau.
Le 2 décembre, l'animal était morne; la plaie de l'abdomen s'était ouverte; elle fumait et laissait s'écouler une grande quantité d'un liquide séro-purulent.
Le o décembre l'animal était mort.
■ Jutopsie. A l'ouverture de l'abdomen, on vit une rougeur écarlate de toutes les parties contenues dans le ventre. Cette rougeur appartenait essentiellement au pé-
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ritoime et elle s'étendait sur toute la surface des intestins, sur le mésentère, sur ses appendices graisseux qui pré sentaient la même coloration rouge. Cette teinte rouge vif, résistait parfaitement au lavage; elle était partout uniforme et ne paraissait pas, à l'œil nu, offrir d'arborisation; mais, au microscope, on voyait une injection capillaire excessivement fine et abondante.
Les ganglions solaires avaient été bien enlevés; il restait seulement une grande quantité de nerfs qui allaient sur les artères dans tous les sens. Les poumons étaient sains, exempts d'ecchymoses; ily avait toutefois un peu de sérosité dans la plèvre, mais cette membrane n'offrait aucunement la rougeur et l'altération du péritoine.
Cette expérience montre donc que les ganglions solaires sont sensibles aux fortes contusions ou au tiraillement; que l'excitation des nerfs qui en partent détermine des mouvements dans les membres, et que l'ablation de ces ganglions produit une péritonite particulière avec dilatation énorme des vaisseaux capillaires.
Néanmoins j'ai vu cette inflammation ne pas se manifester dans deux cas où les animaux avaient été éthérisés :
Exp. (13 juin 1853). — Sur uo chien adulte, de taille moyenne, on pratiqua la chloroformisation et on extirpa le ganglion cœliaque du côté gauche, l'animal ayant sa digestion terminée et l'estomac vide. L'opération étant achevée, on cessa les inhalations de chloroforme; l'animal étant revenu peu à peu on fit les observations suivantes :
La température du ventre au moment où on commença l'expérience était de 39% 5, prise dans le péri-
toine, ranimai n'étant pas encore complètement anesthésié. Après l'opération, l'animal étant encore sous l'influence du chloroforme, la température du péritoine était de 39 degrés. Deux heures après l'opération, les effets du chloroforme ayant cessé, on reprit la température qu'on trouva de 39%2, de sorte qu'elle ne paraissait pas avoir varié sensiblement par le fait de l'ablation du ganglion cœliaque. On examina l'urine avant et après l'opération. Avant l'opération, l'urine était acide, concentrée; elle précipitait directement par l'acide azotique du nitrate d'urée. Après l'opération, l'urine était moins concentrée ; elle ne précipitait plus directement du nitrate d'urée par l'acide azotique et elle présentait une réaction alcaline, qui ne disparaissait pas en faisant sécher le papier réactif. Par la chaleur, il y avait un précipité d'apparence albumineuse ; par la potasse ajoutée à l'urine, il y avait un précipité floconneux que le même réactif n'y dénotait pas avant l'opération. Il n'y avait pas de sucre d'une manière évidente dans cette urine.
Deux heures et demie après l'opération, on retira encore de l'urine de la vessie ; elle offrait les caractères que nous venons de signaler et ne renfermait pas de sucre. On observa que les pupilles n'avaient subi aucune déformation , ce qui montre que la lésion qu'on avait produite n'avait pas eu d'influence sur l'œil.
Le lendemain (l/i juin) le chien se portait assez bien ; il n'avait pas mangé, mais il ne paraissait pas avoir des symptômes de péritonite. Les urines étaient acides, ne contenaient pas d'albumine et donnaient directement du nitrate d'urée par l'addition d'acide azotique.
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Le 15 juin, le chien allait bien ; il avait mangé. Urines acides, pas d'albumine ; l'acide azotique y précipitait directement du nitrate d'urée.
1 9 juin , le chien va bien ; la plaie du ventre se cicatrise.
23 juin, même élat ; on fit alors servir l'animal, dans le but de le sacrifier, à des expériences sur la sécrétion salivai re (voir t. lï, p. 113).
A l'autopsie, ou ne trouva dans le péritoine aucune trace de péritonite ; seulement, on trouva les ganglions lymphatiques mésentériques très volumineux. Les lymphatiques paraissaient très pleins, et le canal thoracique très distendu par de la lymphe Cette distension du système lymphatique pourrait être le résultat de l'empoisonnement par la strychnine qui fut injectée dans le conduit salivaire chez ce chien, car cette même distension du système lymphatique a été observée chez un autre chien empoisonné de la même manière.
La dissection du plexus solaire a montré que le ganglion cœliaque droit était entièrement conservé, tandis qu'à gauche, il était presque complètement enlevé.
Il résulte de cette expérience, que la péritonite qui s'est développée avec beaucoup de violence dans d'autres circonstances après la destruction du plexus solaire ne s'est pas montrée ici. Est-ce dû à l'ablation partielle du plexus solaire ou à l'emploi du chloroforme dont on n'avait pas fait usage dans les autres expériences. C'est ce que pourront établir des expériences ultérieures.
Eocp. (24 juin 1853). — Sur un chien, on extirpa un ganglion solaire et on dilacéra l'autre, l'animal étant soumis aux inhalations de chloroforme.