‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 108 sur 116 · SUR L OEIL · texte numérisé non relu

SUR L OEIL

tiondu membre. En même temps on nourrit l'animal avec de la garance, afin de voir si elle passerait dans le membre paralysé de même que dans l'autre.

Le 13 novembre, la plaie de l'aisselle étaità peu près cicatrisée. Il n'y avait rien d'apparent dans la nutrition du membre : pas d'œdème; la patte offrait une certaine rigidité et était entraînée dans le sens de la flexion.

Le 15 novembre, neuvième jour de l'alimentation à la garance, les urines étaient rouges et l'ammoniaque les rendait pourpres. Les excréments étaient brun noir et l'ammoniaque y révélait clairement la présence de la garance.

Sur le membre antérieur droit paralysé, on mit à découvert l'artère et la veine. L'artère contenait du sang rutilant, et la veine du sang noir. Les muscles de la jambe, qui avaient leur couleur normale, étaient excitables; il n'y avait aucune douleur quand on tiraillait les nerfs du membre.

On chercha si dans le pus qui provenait de la plaie il y avait de la garance ; il ne parut pas y en avoir ; l'ammoniaque ne fit pas apparaître de coloration rouge.

Le 28 novembre l'animal fut sacrifié. Les mêmes phénomènes déjà observés du côté de l'œil persistaient.

On fit l'autopsie et on examina si le ganglion avait été parfaitement enlevé. On le trouva enlevé complètement sauf une petite portion de sa partie supérieure. Les poumons étaient sains: il n'y avait rien d'anormal du côté du cœur.

Exp, ("20 novembre Î(S/|.5). — Sur un chat adulte, on

5o/l INFLUENCE DU GRAND SYMPATHIQUE

découvrit le filet de communication des ganglions cervicaux et on en fit la section des deux côtés. Ce filet était uni au vas'ue, situé en arrière de lui, et contenu dans là môme gaine; la séparation en fut assez difficile. Après la section du filet d'un côté, la voix présenta un timbre moins fort ; en coupant l'autre filet, le timbre delà voix diminua encore d'intensité; la respiration n'était pas gênée. Alors, des deux côtés, la pupille très sensible était arrondie et semblait élargie. La troisième paupière recouvrait la moitié au moins du globe de l'œil. On fit des essais infructueux pour suivre le filet Jusqu'au ganglion cervical inférieur; et, en faisant cette opération, on observa qu'à chaque cri d'expiration de l'animal, l'œsophage se gonflait d'air qui venait de festomac.

Alors, on ouvrit l'abdomen de l'animal, il était en pleine digestion. On titilla le ganglion solaire et l'on ii'obtint rien.

C'est après cela que l'on coupa les deux nerfs vagues dans la région du cou, ce qui ne détermina pas de phénomènes de suffocation. Après cette section, on excita les deux ganglions solaires et on détermina dans le thorax et dans le train postérieur de l'animal des mouvements convulsifs involontaires. On coupa et on arracha alors les ganglions du plexus solaire.

On ouvrit ensuite le thorax, le cœur battait avec force et très régulièrement. Alors on arracha les ganglions cervicaux inférieurs et aussitôt les battements du cœur, de réguliers qu'ils étaient, devinrent irréguliers; et les contractions confuses paraissaient moins énergiques.

ExTp. — Sur un cochon d'Inde, on coupa le filet sym-

SUR l'oeil. 535

pathique au cou, après quoi l'on observa que l'ouvertiire palpébrale était devenue plus petite et plus oblongue que celle du côté opposé. Au moment de la section du nerf, on vit diminuer considérablement le calibre de l'artère carotide.

On ne put pas voir bien clairement les effets produits sur la pupille. Plus tard, l'animal étant placé à la cave, dans l'obscurité, on constata, à la lumière, que la pupille était bien plus dilatée du côté opéré que du côté sain. L'oreille était également plus vasculaire de ce côté et sa chaleur plus développée.

La section du filet sympathique a donc chez le cochon d'înde les mêmes effets que chez les autres animaux , sauf la pupille qui est dilatée au lieu d'être rétrécie.

Enfin, Messieurs, sur les animaux sains, la section du grand sympathique manifeste aussitôt ses effets par une injection violente dans tout le côté correspondant de la face ; tandis que sur les animaux affaiblis et très débiles, les phénomènes sont excessivement peu marqués.

En outre, chez les animaux faibles, il arrive de la suppuration comme conséquence de la section du grand sympathique, ce qui n'a pas lieu chez les animaux robustes. Sur deux chiens chez lesquels le vague et le sympathique avaient été coupés d'un côté, dans la région du cou, les animaux étant devenus malades, il y eut suppuration dans le nez et dans l'œil du côté correspondant.

Mais lorsque ensuite les animaux reviennent à la santé et reprennent de la force, ces phénomènes inflamma-

Page 1