‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 114 sur 116 · EFFETS DE LA SECTION DE LA MOELLE · texte numérisé non relu

EFFETS DE LA SECTION DE LA MOELLE

mais ses urines abondantes, toujours troubles, contenaient beaucoup de sucre.

Cinq heures après la piqûre, l'animal étant toujours couché sur le flanc et dans le même état , ses urines étaient claires, abondantes, et contenaient toujours du sucre quoique en quantité moindre que précédemment.

L'animal fut sacrifié par décapitation et on recueillit tout son sang.

Après l'autopsie, on retira le foie qui pesait 45 gr. Il donna par décoction un liquide laiteux sucré qui renfermait pour la totalité du foie 0'"%16 de sucre, ce qui fait 0°' ,o5 pour JOO grammes de foie.

Le sang contenait 0^^,225 de sucre par 100 centimètres cubes de sang.

L'autopsie de la tête montra que l'instrument avait produit une large piqûre oblique qui s'étendait sur le plancher du quatrième ventricule depuis le bec du calamus scriptorius jusqu'aux tubercules de Wenzel, près de l'orifice postérieur de l'aqueduc de Sylvius.

2° Sur un second lapin, on perfora l'occipital avec l'instrument qu'on enfonça dans l'épaisseur du cervelet sans aller assez profondément pour atteindre le plancher du quatrième ventricule.

Aussitôt après l'expérience, l'animal présenta des respirations plus accélérées; il était comme chancelant sur ses pattes.

L'urine examinée avant l'expérience était trouble, jaunâtre et alcaline, ne contenant pas de sucre.

Trois quarts d'heure après, les urines présentaient les mêmes caractères et ne contenaient pas de sucre.

Deiix heures après, les urines examinées ne renfermaient pas de sucre et n'avaient pas changé d'aspect.

Phis tard encore, les urines de l'animal n'offraient pas de sucre.

3" Sur le troisième lapin, on piqua la moelle allongée en traversant le cervelet. Aussitôt après l'animal présenta des respirations plus accélérées ; puis il eut des mouvements de roideur convulsive dans ses membres sur lesquels il se tient soulevé.

Avant l'expérience les urines étaient troubles, jaunâtres, alcalines et ne contenaient pas de sucre.

Trois quarts d'heure après, les urines étaient troubles, alcalines et contenaient des traces douteuses de sucre.

Une heure après la piqûre, il y avait évidemment du sucre quoique en petite quantité.

Une heure et demie plus tard, les urines toujours troubles et alcalines renfermaient une grande quantité du sucre.

Un quart d'heure après on tua l'animal par décapitation, en recueillant son sang. Son foie pesait M grammes et donnait une décoction sucrée qui accusa Os',88 de sucre pour 100 grammes de tissu frais du foie.

Le sang, dosé, contenait 0^'y269 par 1 00 centimètres cubes de sang. Enfin, l'urine la plus sucrée contenait une quantité de sucre correspondant à 2°%b pour 100 centimètres cubes d'urine.

Exp. — Sur un lapin adulte, bien portant, on fit la piqûre du plancher du quatrième ventricule par le procédé ordinaire. Au bout d'une heure environ, l'urine du

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lapin contenait très évidemment du sucre, dont la présence fut constatée par la réduction du liquide cupropotassique et par la fermentation. L'animal n'avait pas de désordres très marqués dans les mouvements, si ce n'est un peu d'inclinaison de la tête à droite. Environ une heure et demie après la piqûre, lorsque la quantité de sucre était considérable dans les urines et dans le sang de la veine jugulaire, on coupa la moelle épinière tout à fait au commencement de la région dorsale.

Aussitôt après cette section de la moelle, le lapin fut complètement paralysé de tout le train postérieur. Les côtes étaient immobiles et l'animal respirait par lediaphragme seulement.

La formation de l'urine sembla arrêtée par la section de la moelle; car, après cette opération, il fut impossible d'en faire rendre à l'animal.

Deux heures environ après la section de la moelle, n'ayant pu obtenir de l'animal aucune quantité d'urine, on retira du sang de la veine jugulaire et de l'artère carotide, et on constata que le sucre y avait considérablement diminué sans avoir toutefois disparu.

D'après cela, il paraîtrait vraisemblable que la section de la moelle épinière aurait fait diminuer la production du sucre dans le sang et dans l'urine, si la formation de ce dernier liquide n'avait pas été complètement arrêtée.

L'animal fut alors tué par hémorrhagie, et son foie étant examiné donna une décoction très laiteuse qui contenait très peu de sucre.

L'autopsie de la tête montra que la piqûre avait été faite au niveau des tubercules de Wenzel et un peu sur

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le côté droit, ce qui explique l'inclinaison de la tête de l'animal de ce côté.

La quantité d'urine qui s'était écoulée avant la section de la moelle ne paraissait pas plus considérable que dans les conditions normales.

Exp. — Sur un autre lapin, adulte et bien portant, on fit la piqûre du plancher du ventricule, et, une heure environ après, on examina l'urine qui contenait beaucoup de sucre. Le lapin avait quelques troubles dans les mouvements et était un peu chancelant. On suivit l'animal pendant trois heures et on constata que l'urine, qui n'était pas augmentée de quantité, contenait toujours beaucoup de sucre. Cette particularité que l'urine était sucrée sans être plus abondante , faisait supposer, d'après d'autres expériences déjà indiquées (t. \) que la piqûre devait siéger un peu haut.

On sacrifia l'animal pour faire l'autopsie de sa tête, et on trouva, en effet, que la piqûre siégeait un peu au-dessus des tubercules de Wenzel et sur la limite de la région dont la lésion produit le diabète.

Chez le lapin, la quantité de sucre commençait déjà à diminuer dans l'urine, trois heures après la piqûre, au moment où il fut sacrifié.

Exp. — Sur un jeune chien, bien portant et en digestion, on fit la piqûre du plancher du quatrième ventri» cule. Il en résulta un peu de déviation dans la tête du côté gauche, et un désordre marqué dans les mouvements. Environ une heure et demie après la piqûre, on retira de l'urine de la vessie au moyen de la sonde, et l'on y constata, d'une manière très évidente, la présence du

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sucre. Chez cet animal, on remarqua en même temps qu'une salivation très abondante s'était développée à la suite de la piqûre, et on mit à découvert les conduits salivairesparotidien et sous-maxillaire, d'abord du côté gauche, puis du côté droit. Du côté gauche, il y avait upe sécrétion de la glande sous-maxillaire plus forte c[ue la sécrétion parotidienne du même côté ; mais on constatait très nettement qu'à droite la sécrétion sousmaxillaire était beaucoup plus forte que celle du côté gauche. On mit un tube dans chacun des conduits sousmaxillaires et on observa encore de nouveau que la quantité de salive qui s'écoulait par le tube droit était beaucoup plus considérable que celle qui s'écoulait par le tube gauche. A droite, l'écoulement de la salive était continu, tandis qu'à gauche il était quelquefois presque nul et s'accélérait surtout lorsqu'on irritait la plaie clans laquelle se trouvait le nerf lingual.

A ce moment, on coupa le nerf lingual des deux côtés et on pinça successivement les deux bouts périphériques et les deux bouts centraux de ces nerfs. Lorsqu'on pinçait les bouts périphériques, on n'observait d'augmentation de la sécrétion salivaire ni à droite ni à gauche. Lorsqu'on pinçait, au contraire, les bouts centraux, il y avait augmentation de sécrétion à droite et à gauche, pour le pincement de chacun des bouts. On observa seulement ceci de particulier que, lorsqu'on pinçait le bout central du nerf lingual droit, on provoquait de ce côté un écoulement très abondant de salive, et du côté opposé un écoulement faible; tandis que, en pinçant le bout central du nerf lingual gauche, on provoquait un

écoulement modéré do salive dans la glande du même côté, et un écoulement très considérable dans celle du côté droit.

On voit par là que le pincement des bouts centraux des deux nerfs linguaux agissait toujours plus énergiquement sur la sécrétion salivaire du côté droit ; ce qui prouve que la piqûre avait apporté à l'origine du nerf de ce côté une excitation fonctionnelle. Cependant, il paraîtrait qu'il y eut effet croisé, car l'animal déviait la tête à gauche.

Après avoir fait toutes ces constatations, on a essayé la section des nerfs splanchniques dans le thorax d'après le procédé déjà indiqué ; puis on a laissé l'animal en repos.

Cette nouvelle opération ne changea rien à l'écoulement de la salive qui était toujours très abondant et continuel du côté droit, tandis qu'à gauche cet écoulement était très faible.

Environ trois heures après la section des nerfs splanchniques, on retira de l'urine de la vessie de l'animal, et on y constata l'absence du sucre, tandis que dans les urines recueillies avant, on avait reconnu sa présence au moyen de la fermentation et duhquidecupro-potassique.

A l'autopsie , on vit que la piqûre siégeait immédiatement au-dessus de l'origine du pneumogastrique, et un peu à droite, du côté opposé à la déviation de la tête. Le siège de cette piqûre explique très bien la présence du sucre dans l'urine, la déviation de la tête à gauche, et la sécrétion plus abondante de salive du côté droit. On trouva chez ce chien des traces de vascularisation , comme inflammatoire, dans les ventri-

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