EFFETS IMMÉDIATS DE S\ SKCTION DAMS LE CRANE
Nous allons maintenant faire cette expérience devant vous en suivant le procédé que je viens de vous indiquer :
Au-devant de l'oreille de ce lapin nous sentons le tubercule qui marque l'origine du conduit auditif; c'est au-devant de ce tubercule qu'il faut enfoncer l'instru-* ment. Cet instrument est piquant; l'os peu épais peut être percé directement. Nous voici dans le crâne, nous suivons le rocher; le lapin s'agite : nous sommes arrivé sur le nerf. Le mouvement violent auquel l'animal s'est livré, aurait eu des suites fâcheuses si nous n'avions tenu, à ce moment, très solidement la tête de la main gauche et l'instrument de la main droite. De cette façon, les deux mains de l'opérateur etlatête de l'animal faisant pour ainsi dire corps, il n'y a pas eu de déplacement relatif de la pointe de l'instrument. L'animal pousse des cris aigus; nous coupons le nerf de la cinquième paire. Vous voyez saillir le globe oculaire du côté droit où nous opérons la section du nerf. Maintenant nous retirons l'instrument.
Vous voyez en touchant la cornée, leslèvreset les joues, que la sensibilité de la face est complétemeat perdue de ce côté droit où l'opération a été pratiquée, bien qu'elle soit toujours très vive du côté opposé. On peut pincer la narine à côté de la section, y introduire un corps étranger sans provoquer de douleur; du côté sain, ces parties sont restées très sensibles. L'animal est un peu affaissé, toutefois il n'y a pas de signes actuels d'hémorrhagiè, et je pense qu'en laissantlelapin en repos il n'en surviendra pas.
La langue est insensible comme la face. Ou pourrait
Ob NERF TRIJUMEAU
la saisir et la pincer à gauche sans que l'animal la retire; la même chose n'aurait pas lieu à droite.
Les phénomènes immédiats d'insensibilité que nous observons chez ce lapin persisteront toujours, comme ^ nous le verrons, en conservant l'animal. Mais bientôt d'autres phénomènes surviendront : lésions consécutives de nutrition qu'à découvertes Magendie en suivant les animaux opérés, après leur avoir coupé la cinquième paire dans le crâne.
Magendie est le premier expérimentateur qui ait coupé la cinquième paire dans le crâne, de manière à conserver les animaux vivants. îl a exécuté cette opération en 1824, Il est vrai que d'autres physiologistes avaient eu avant lui l'idée de couper la cinquième paire dans le crâne : Ainsi, Herbert Mayo, en 1823, publiait des expériences dans lesquelles il avait coupé la cinquième paire dans le crâne à des pigeons après leur avoir enlevé le cerveau ; la même année , Fodéra fît des expériences dans lesquelles il coupa la cinquième paire sans enlever la calote crânienne, en entrant par le pariétal et enlevant une petite portion du rocher. Les deux expériences qu'il fit par ce procédé ne donnèrent que des résultats tout à fait incomplets et très confus : les animaux ne survécurent dans aucun cas. Or, comme l'idée de cette expérience n'a rien de particulier, et que tout le mérite consiste dans l'invention d'un procédé qui permette de l'exécuter et de conserver les animaux vivants, tout le mérite decetle expérience et des découvertes auxquelles elle a conduit reviennent à Magendie , bien que, comme cela arrive à tous les inventeurs, on ait