PARTIE INTRA-CRANIENNE DU FACIAL
la déformation que je yous signalais dans la dernière leçon.
Vous pouvez voir comparativement cet autre lapin sur lequel nous avons coupé le nerf facial : toute la moitié gauche de la face a perdu ses mouvements, cependant elle est toujours sensible. L'œil, bien qu'il reste constamment à découvert et que les paupières ne puissent plus l'occlure offre une cornée toujours transparente et brillante.
La partie intra-crânienne du facial qu'il nous reste à examiner, est d'une étude beaucoup plus difficile que celle de sa portion externe. Sa disposition anatomique est extrêmement compliquée, et la difficulté qu'on rencontre lorsqu'on veut l'attaquer, en vue de l'expérimentation physiologique, est telle que celle-ci a été jusqu'à ce jour presque impossible. Tout se réduit en effet à une question de procédé opératoire : quand on peut couper un nerf, on voit quelles sont ses propriétés, quelles sont ses fonctions ; aussi le nerfs les plus faciles à couper ont-ils été les premiers étudiés. A la suite des indications de Ch. Bell, on expérimenta d'abord sur les branches du facial et de la cinquième paire ; plus tard Magendie opéra sur les racines rachidiennes, etc.
L'étude de la partie interne du facial offre des difficultés telles que les questions qui se rattachent à divers points de son histoire physiologique sont encore en litige. Une autre raison tend encore à jeter de l'obscurité sur les fonctions de cette partie du facial. En effet, elle n'est pas simple; plusieurs autres nerfs l'accompagnent dans ce trajet et viennent compliquer de leur influence propre
les phénomènes que rexpérimeutalion a à déterminer. Le facial n'entre pas seul dans le conduit auditif interne ; il y est accompagné par le nerf auditif et par le nerf intermédiaire deWrisberg, nerf d'une nature spéciale, comme nous le verrons, et dont l'influence propre ne saurait être négligée sans exposer à des causes d'erreur dans l'appréciation des faits physiologiques.
Le nerf de la septième paire, quand il entre dans le conduit auditif, est donc constitué par trois nerfs : le facial proprement dit est en avant , le nerf acoustique en arrière ; entre eux est le nerf intermédiaire de Wrisberg, décrit par Scha^v comme une anastomose qui réunirait le nerf acoustique au facial. En etïet, il semble que les filets les plus antérieurs du nerf acoustique se séparent du tronc de ce nerf et viennent se joindre au nerf facial. On avait vu là une anastomose; mais ces filets constituent réellement, comme nous le verrous, un nerf spécial.
Nous devons donc d'abord éliminer du facial le nerf acoustique qui, arrivé au fond du conduit auditif interne^ s'y arrête et se distribue à l'oreille interne.
Il ne reste plus alors que le facial proprement dit, et ces filets que nous venons de voir former le nerf intermédiaire de Wrisberg.
Le facial et le nerf de Wrisberg entrent ensemble dans le canal de Fallope. où ils sont réunis en un seul faisceau présentant, dans un trajet flexueux, trois portions séparées par deux coudes; la dernière de ces portions conduisant le nerf au trou stylo-mastoïdien par lequel il sort du crâne.