‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 35 sur 116 · PAR LE NERF FACIAL. 1A · texte numérisé non relu

PAR LE NERF FACIAL. 1A

patience. J'avais coupé le facial dans le crâne sur un chien, en introduisant, ainsi que je l'ai dit tout à Theure, l'instrument par le trou de la veine mastoïdienne. Puis, j'avais apprivoisé assez bien l'animal pour qu'il se laissât facilement mettre sur la langue les substances sapides qui me servaient de réactifs pour sa sensibilité gustative.

L'examen de la langue ne montrait au point de vue delà sensibilité tactile, aucune différence entre le côté sain et celui qui correspondait au facial coupé. Mais on obtenait des effets tout à fait différents lorsqu'on plaçait un corps sapide alternativement sur le côté sain et sur le côté paralysé. Je me servais d'acide tartriqueen poudre. Son contact avec la muqueuse de la langue, du côté sain, faisait naître une sensation instantanée; l'animal retirait immédiatement la langue. Lorsque l'acide tartrique était déposé sur le côté correspondant à la section, la sensation n'était plus perçue aussi rapidement; le chien ne retirait pas la langue de suite et il la retirait moins vivement : la sensation paraissait émoussée.

C'est aussi ce qui se passe chez les malades qui accusent dans ce cas une sensation obtuse, mais non une insensibilité absolue. Nous verrons plus tard 'comment on doit expliquer ce phénomène.

Nous avons également constaté chez des lapins, après la destruction du facial dans la caisse du tympan , une déviation de la langue et de la gêne de la déglutition. Chez les chiens, nous avons observé une action remarquable sur les glandes salivaires. Nous allons examiner successivement ces symptômes et rechercher leur explication physiologique. Cette explication ressortira de

ilih CORDE DU TYMPAN.

l'étude que nous allons faire du nerf intermédiaire de Wrisberg et des ganglions sous-maxillaire, sublingual, sphéno-palatin, otique, qui se trouvent sur son trajet.

Les différents rameaux que fournit le nerf intermédiaire de Wrisberg sont : 1° la corde du tympan, en rapport avec les ganglions sous-maxillaire et sublingual; 2° le grand nerf pétreux superficiel, en rapport avec le ganglion sphéno-palatin ; â° le petit nerf pétreux superficiel, en rapport avec le ganglion otique. Enfin, nous aurons à discuter si le filet qui va au muscle de l'étrier doit être considéré comme provenant du facial ou du nerf intermédiaire de Wrisberg.

Examinons d'abord les fonctions de la corde du tympan (fig. 6 et 7) :

Lorsque après avoir engagé un tube dans le conduit de la glande sous-maxillaire mis à découvert, on place une substance sapide sur la langue, on voit s'écouler la salive. On a admis que cette action était provoquée par l'entremise du nerf lingual.

Comment s'opère cette transmission de l'excitation depuis le nerf lingual jusqu'à la glande ?

Évidemment ce ne peut être, comme on avait pu le croire autrefois, par des filets directs faisant communiquer la muqueuse linguale avec la glande, par l'intermédiaire du ganglion sous-maxillaire. En eiïet, si on coupe le nerf lingual au-dessus du ganglion sous-maxillaire, l'application d'une substance sapide sur le côté correspondant de la langue n'excite plus la sécrétion salivaire. Alors l'excitation galvanique du bout périphérique du lingual coupé reste également impuissante à

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produire la sensation, mais la galvanisation du bout central provoque la sécrétion, pourvu toutefois que ce bout central communique encore avec le ganglion sousmaxillaire.

On explique la sécrétion salivaire par une action réflexe à laquelle prendrait part, comme cela a toujours

FiG. 7 (1).

lieu en pareil cas, un nerf sensitif et un nerf moteur. La question est maintenant de savoirs! l'action motrice ap-

(1) Disposition de la corde du tympan chez l'homme. — A , tronc de la cinquième paire ; — B, nerf facial offrant vers son coude l'origine des nerfs pétreux, et dans sa portion descendante, pour cetie pièce en particulier, une sorte d'intumescence gangliforme C, d'où naît la corde du tympan; — D, nerf dentaire coupé;— E, corde du tympan séparée, par la dissection, du nerf lingual ; on voit en E un filet du nerf lingual

B., SïST. NERY. — II. 10

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partient au maxillaire inférieur de la cinquième paire ou à un autre nerf. On peut, dans l'explication de ce phénomène, faire intervenir le facial et attribuer l'action motrice à un filet venant de ce nerf, et qui serait la corde du tympan. On savait déjà que, quand on irrite les filets qui se séparent du nerf lingual pour se rendre à la glande, on provoque la sécrétion salivaire ; mais on n'a jamais agi sur la corde du tympan elle-même avant son union avec le lingual.

Nous allons vous montrer l'effet que produit la section de la corde du tympan sur la sécrétion de la glande sous-maxillaire. L'expérience a été préparée : on a mis à nu le conduit salivaire de la glande sous-maxillaire, dans lequel nous allons introduire un tube par lequel vous verrez couler la salive. Avec un fil nous soulevons le filet lingual qui, du ganglion sous-maxillaire, va à la glande; plus tard nous agirons sur ce filet.

Maintenant on met du vinaigre dans la gueule de ce

qui paraît ensuite y rentrer en H; une autre portion de la corde du tympan va se rendre au ganglion sous-maxillaire G , tandis qu'une de ses divisions suit le nerf lingual; — F, (ilet buccal provenant du nerf lingual ; — G, ganglion sous-maxillaire recevant un filet de la corde du tympan , et envoyant des rameaux en arrière qui se distribuent à diverses parties delà membrane muqueuse buccale, probablement dans les glandules qu'elle renferme; j'ai pu suivre un de ces rameaux très long, jusqu'à une masse glandulaire du voile du palais et du pharynx; — N, filet allant à la glande sublinguale M ; — I, nerf lingual ; — K, artère méningée moyenne entourée par des rameaux sympathiques communiquant avec la corde du tympan ; — L, filet faisant communiquer le nerf maxillaire inférieur avec la corde du tympan ; — M , glande sublinguale;— N, rameau nerveux venant du ganglion sous-maxîllaire et allant à la glande siiblinguable; — 0, glande sons-maxillaire; — P, conduit de la glande sous-maxillaire ; — M, glande sublinguale.

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