NERF DE LA TROISIÈME PAIRE
d'hui faute d'un instrument convenable. En attendant que cette expérience soit exécutée ici, je vous rappellerai deux expériences qui vous montreront les modifications consécutives à l'extirpation de la tro isième paire (ner
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moteur oculaire commun). 11 y a simplement paralysie du mouvement des muscles auxquels ce nerf se distribue, sans aucune altération de nutrition.
Vous pouvez, d'après cette simple indication, prévoir quels symptômes nous présentera l'animal auquel nous
(1) Fig. 1. Xerf pathétique chez l'homme. — M , muscle grand oblique dans lequel se distribue le nerf pathétique P, P'; — N, nerf moteur occulaire externe ; — 0, nerf optique ; — C, nerf moteur occulaire commun présentant là, dans le sinus caverneux, un aspect grisâtre comme ganglionnaire; — T, tronc de la cinquième paire; — I, nerf maxillaire inférieur ; — S, nerf maxillaire supérieur ; — X, nerf fionta
SON ARRACHEMENT. 20îi
aurons enlevé la troisième paire. Tous les muscles étaul paralysés, excepté le grand oblique et le droit externe, ce dernier agira pour produire le strabisme externe. En même temps, le relâchement des autres muscles droits et du petit oblique de l'œil amènera une saillie du globe oculaire ; la paralysie du releveur de la paupière supérieure produira la chute de celle-ci el une occlusion partielle du globe oculaire.
Tout ne se borne pas à ces symptômes bien apparents: on a aussi à noter des modifications relatives à la pupille. En eifet, un des caractères admis de la paralysie delà troisième paire est une dilatation permanente de la pupille. Voici deux expériences que nous avons faites autrefois, vousy trouverez les symptômes que nous vous avons indiqués :
Eœp. — Sur un gros lapin, ayant été choisi avec une coloration bleu clair de l'iris, afin que l'observation des phénomènes du côté de la pupille fût plus facile, j'arrachai la troisième paire, nerf moteur oculaire commun, à gauche, à l'aide d'un petit crochet introduit par la paroi externe de l'orbite. On pénétra dans la fosse temporale moyenne; puis on saisit avec le crochet le nerf qui est libre sur l'extrémité antérieure du repli de la dure-mère qui vient s'insérer sur la selle turcique.
interne ; — PP, nerf pathétique ; — A , anastomose en arcade de ce pathétique avec le frontal interne ; — F, nerfs frontaux de la branche ophthalniique.
Fig. 2. Nerf pathétique chez le lapin. — Al, muscle dans lequel se ■ distribue le nerf P, P'; — A, A', anastomose du pathéthique avec la branche frontale G; — 0, branche frontale de la cinquif'me paire; — F, F' extrémité antérieure du nerf facial.
20/t NERF DE T:A TROISIÈME TATRE ;
Au moment où Ton pratiqua l'opération, on toucha la branche ophthahiiique de la cinquième paire, car l'animal cria et sa pupille se contracta violemment, eïi même temps que l'oeil devint saillant. Aucune modification n'était survenue dans l'œil opposé. Bientôt ce trouble cessa; et voici ce qu'on observa sur l'œil gauche chez lequel la troisième paire avait été arrachée :
1° Strabisme externe de l'œil;
2° Immobilité complèle du ajlobe oculaire, excepté en dehors;
■ o" Chute de la paupière intérieure qui pouvait se fermer davantage mais non se relever;
h" Enfin, la sensibilité était parfaitement conservée dans la face et dans toutes les parties de l'œil ;
5° Enfin, il y avait une saillie du globe de l'œil plus considérable que du côté opposé.
On observa qu'au moment de l'opération, il y avait eu une injection subite et passagère des vaisseaux iriens et des vaisseaux de la conjonctive.
Pour démontrer que les mouvements de l'œil n'existaient plus que pour porter l'œil en dehors, voici comment on s'y prit :
En exposant l'œil de l'animal à la lumière, et en tournant la tète en dedans, on voyait que le globe oculaire tendait à se porter en dehors par de petits mouvements; mais quand on tournait la tète en dehors, le globe oculaire restait complètement immobile.
Du côté sain, au contraire, le globe oculaire se portait en dedans quand on tournait la tête en dehors, et en dehors quand on tournait la tète en dedans.
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■ . Api-fs I Hi>iiitioir de la k'olsièiïif paire . Ih pupillh' n'avait pas été déformée; seulement elle s'était montrée uu peu plus contractée que celle du côté opposé : probablement parce qu'on avait touché la cinquième paire.
Le lendemain, le lapin était toujours bien portant. Les deux yeux étaient sensibles également et n'étaient le siège d'aucune altération de nutrition. L'injection qui avait paru dans l'iris et dans la conjonctive, au moment de l'opération, avait complètement disparu. Les phénomènes qui avaient persisté étaient : le strabisme externe, la saillie du globe de l'œil, la chute de la paupière supérieure, rimmobilité du globe oculaire, excepté dans les mouvements en dehors.
La pupille qui, au moment de l'ablation de la troisième paire, s'était montrée plus contractée que du côté opposé, était aujourd'hui dans un état inverse; c'est-àdire qu'elle était plus dilatée que celle du côté opposé ; mais la pupille n'offrait aucune déformation, et elle paraissait peu mobile sous l'influence de la lumière artificielle qui déterminait un clignement dans les deux yeux.
On appliqua de la belladone dans les deux yeux ; les deux pupilles se dilatèrent, et pendant toute la journée restèrent également dilatées dans les deux yeux.
Le soir, vingt-six heures après l'ablation de la troisième paire, on coupa du même côté, à gauche, la cinquième paire. Aussitôt l'animal cria : la pupille resta d'abord immobile, mais bientôt elle se resserra fortement, comme elle le fait habituellement'dans la section de la cinquième paire. La pupille opposée resta dilatée