‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveux (volume 5)Chapitre 8 sur 116 · DES NERFS SENSORIELS · texte numérisé non relu

DES NERFS SENSORIELS

termédiaires parleurs propriétés aux nerfs sensoriels dont nous venons de parler et aux nerfs sensitifs rachidiens. Tels sont le glosso-pharyngien et le lingual. Ils sont très évidemment sensibles aux irritations mécaniques ; cependant ils paraissent l'être moins que les racines rachidiennes proprement dites. Nous examinerons plus loin si ces nerfs, qui semblent partager les propriétés des nerfs de sensibilité spéciale et celles des nerfs de sensibilité générale, doivent être considérés comme étant constitués par des fibres nerveuses d'une nature spéciale ou bien par un mélange de fibres nerveuses sensitives tactiles, et de fibres sensitives sensorielles.

Outre les nerfs que nous avons examinés jusqu'à présent, nous trouvons encore parmi les nerfs crâniens l'élément du grand sympathique, qui, là, se divise en une multitude de ganglions qui tous ont des connexions plus ou moins intimes avec les rameaux des nerfs encéphaliques. Nous avons vu qu'il était prouvé que le grand sympathique prend dans certains points son origine de la moelle épinière. L'origine de ce nerf dans la région cilio-spinale est une des mieux établies. Nous verrons qu'à l'origine des nerfs crâniens, on prouve des branches qui doivent être considérées comme branches d'origine du grand sympathique.

En résumé, nous aurons à tenir compte, dans l'étude des nerfs de la tête, de quatre éléments au lieu de trois que nous avons seulement eu à considérer dans les nerfs rachidiens. Ce seront : 1° les nerfs de sensations spéciales ; 2° les nerfs de sensations générales ; 3" les nerfs de mouvement; îi" le grand sympathique.

iO DE LA YARIÉTÉ

Toutefois, dans les oerfs racbidiens,OD aurait pu avec raison considérer également uo éléeieot sensoriel qui transniet les sensations spéciales relatives aux impressions tactiles. Cela serait d'autant plus rationnel qu'on sait aujourd'hui qu'il y a des corpuscules spéciaux affectés aux sensations tactiles ; on sait de plus que, dans les cas pathologiques, la sensibihté tactile peut être isolée de la sensibilité générale. Il y a des cas, en effet, dans lesquels une diminution de la sensibilité générale coïncide avec la conservation de la sensibilité tactile. Les individus qui présentent cette lésion n'éprouvent plus de douleur par le pincement ou par l'irritation directe de la peau, quoiqu'ils perçoivent le contact des corps les plus légers, le frottement de la barbe d'une plume, par exemple.

On observe des cas dans lesquels, au contraire, la sensibilité générale est exagérée douloureusement avec diminution de la sensation tactile. On donne le nom d' hyperesthésie à cette augmentation de la sensibilité générale, et le nom A'anesthésie à la perte complète de sensibilité générale et tactile, et enfin celui d'analgésie à la perte de^la sensibilité générale seule, avec conservation de la sensibilité tactile.

Il existe encore un autre cas dans lequel la sensibilité générale est conservée à peu près à l'état normal, tandis que la sensibilité tactile se trouve émoussée. Dans plusieurs de ces cas, la lésion m'a paru se rattacher à une lésion du grand sympathique en connexion avec le nerf de sensation spéciale. Nous verrons que la corde du tympan, par exemple, exerce une influence de cette nature sur les sensations de la langue.

DES FORMES DE SENSIBILITÉ. il

Enfin, nous rappelieroiiS que la sensibilité peut revêtir les formes les plus variées; que celle de la cornée transparente offre, sous ce rapport, les particularités les plus curieuses.

Les nerfs de la tête ne diffèrent donc pas dans leur nature des nerfs des autres parties du corps. Toutefois l'intensité des propriétés nerveuses est plus considérable dans la face qu'ailleurs. Aussi la cinquième paire est sans contredit le nerf qui possède la sensibilité la plus exquise; et lorsque cette propriété disparaît de l'organisme, c'est en général dans les branches de ce nerf qu'elle disparaît en dernier lieu. Le facial tient sous sa dépendance les mouvements les plus variés. D'ailleurs cette suractivité des fonctions nerveuses dans la face peut être considérée comme liée à la suractivité circulatoire qui existe dans cette partie du corps. En eiîet, il y a un rapport constant entre l'intensité des propriétés nerveuses et celle de la circulation. Nous savons que chez les animaux à sang froid, lorsque la circulation se ralentit avec l'abaissement de la température, l'activité des phénomènes nerveux diminue ; lorsque au contraire la température s'élève, l'activité des mouvements et des sensations s© relève avec la température, qui amène une activité plus grande de la 'circulation. îl y a alors chez ces animaux un phénomène remarquable, sur lequel il est important d'insister. C'est que les propriétés nerveuses et celles des autres tissus disparaissent après la mort d'autant plus rapidement qu'elles étaient plus intenses pendant la vie ; tandis Tu'aii contraire, elles se conservent d'autant plus longtemps que l'animal se trouvait, au moment de la mort,

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