‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 120 sur 136 · DIABÈTE CUEZ LES GRENOUILLES · texte numérisé non relu

DIABÈTE CUEZ LES GRENOUILLES

les grenouilles, qui sont bien moins affectées par cette lésion que les animaux à sang chaud, on peut analyser plus exaêtement les différentes parties de l'observation du phénomène.

On a par exemple piqué douze grenouilles. Chez six d'entre elles, les vaisseaux du foie avaient été liés. Chez les six autres dont les vaisseaux n'avaient pas été liés on trouva au bout de deux ou trois heures du sucre dans les urines ; on n'en rencontrait pas chez les autres. On défit alors les ligatures, et , au bout de deux ou trois heures, on trouva que ces grenouilles étaient aussi devenues diabétiques, ce qui prouve évidemment que l'on avait empêché la production du diabète en arrêtant la circulation dans le foie et que, en rétablissant ensuite le passage du sang, les symptômes du diabète s'étaient montrés.

Ces observations m'amènent à vous parler de la ma* nière dont on doit comprendre l'action des nerfs, lorsqu'elle intervient dans les phénomènes chimiques de la vie, et par exemple, dans la production du diabète.

On ne saurait admettre que les nerfs exercent sur les phénomènes chimiques de l'organisme une action directe ; ils ne les modifient qu'indirectement, en vertu de leur influence sur les agents mécaniques de l'organe sécréteur, ou des organes circulatoires qui s'y distribuent.

Et ici j'insiste sur ce point, parce que le mécanisme des sécrétions est généralement mal compris, et qu'à cet égard, il règne dans la science les opinions les plus contraires à la saine intelligence de ces phénomènes importants.

THÉOEIt:S DES SÉCaÉTIOff^. &65

Les chimistes voient géiiéralemeut dans la sécrétion un dédoublement direct du sang, une séparation des éléments immédiats de ce liquide, tel qu'on pourrait se le représenter par une équation entre le sang qui pénètre dans la glande d'une part, et le sang qui en sort, ajouté au produit de sécrétion, d'autre part. Toutes les théories qui ont été proposées pour expliquer la formation du sucre dans l'organisme animal sont toutes conçues dans le même esprit : Schmidt voit dans la production du sucre un dédoublement de la matière grasse du sang, un acide gras et un radical sucré analogue à la glycérine. Frerichs admet que le sang de la veine porte se dédouble, que l'un des produits de ce dédoublement est le sucre ; quant à l'autre, il pense que c'est l'urée, afin d'utiliser l'azote. Lehmann, qui a constaté dans le foie une diminution de la fibrine et de l'albu* mine, admet que le sucre nait du dédoublement de ces substances, dont l'azote serait employé dans la formation de la bile. Toutes ces théories, ainsi que vous le voyez, font servir directement le sang à la composition du produit de sécrétion.

BerzéliuSy qui comprenait la différence qui peut exister entre les phénomènes chimiques et les phénomènes physiologiques, disait que les considérations hypo* thétiques n'appartenaient qu'à une physiologie de probabilités , ce qui veut dire que, de ce qu'une chose pourrait se passer d'une certaine manière, il ne s'ensuit pas qu'elle se passe réellement ainsi, et que quelque probable que soit une hypothèse, il faut toujours en chercher la vérification expérimentale.

B., Stit. WKiT. — I. 30

ABÔ PftteXISTËHCE d'une HtÀtlÊkE

Les idées théoriques sur les sécrétions rappelées plus Haut, sont celles avec lesquelles j'entreprià mè» jpre^ mières recherches sur la sécrétion sucrèe du ftiie. Mafa bientôt je dus recdnnâttre qu'elles h'étaient pohit en rapport avec les faits.

J'ai trouvé, en effet, que si on enlève le foie chéi nH animal, et si onl'exatnine, il contient du sucre. Si vingts quatre heures après on l'analyse de nouveau, il etl cohtient bieil davantage. Nous savons aussi qu'en coupant la moelle a uii ldt)iti à une certaine hauteur, te sucre disparaît de soli foie, mais qu'il y reste une fiiatièré qui peut se changer en sucre.

Ces faits moritreut jusqu'à l'évideucé qUe le sUfcré ^ Se produit dans le foie ft'y est pas abandonné immédiatement par le sang i^ùi traverse l'oigne. D'antres etpériénces, enfin, qui ttht été apportées ici, tu'offhtietat des f^sultats incomprëheusibles par un dédoublement du sAtig. La théorie ftUciénne devait donc ètft^'ftban* donnée.

Je vous ferai grâce de tous les tfttDttflenients par les-^ quels il m'a fallu passer pour arriver à la MlUtioU de Is question. Des essais bombreutet titîétl the <9ottdUisirent à penser que la foMnaf ion du sucre (UtiM le foie (et toutes le^ autres sécrétions sont dans ce cas) n'était pte uti phé^ nomène direct. La production du sUfcrt n'était tjue lé Irésultat d'une séVie de tlMnsiUUtations organiques, et la sécrétion devait Uéees^iremeUt dontter autre chose que du sucre, c'est-è-dire une matière qui se changeait eu sncte. Je fus ainsi amené à voir dans toute sécrétion des phénomènes de deux ordres , les uns vitaux^ les autres

GLYCOGèflB DANd LE SUCRE. A67

chimiques : un phénomène vital cessant avec la vie^ un phénomène chimique pouvant continuer après la mort. La vie pi^uit dans le foie la matière qu'une transfert mation change ensuite en sucre ; cette transformation peut se continuer après la mort de Tanimal dans un foie lavé de son sang, mais non débarrassé de la matière glyoogène.

Cette matière qui se change en sucre, la voici isolée. Cest une substance blanche offrant les caractères d'une matière amylacée.

Sur un animal qui mange de la viande, pas plus que oheE les végétaux, il ne se fait donc de sécrétion directe de sucre : chez les animaux comme chez les végétaux le sucre est le produit de l'action d'un ferment sur l'amidon. Voici dans ce flacon la matière glycogène ou amidon animal : nous allons vous indiquer les moyens de l'ob-* tenir.

On pourrsût sans aucun doute imaginer, pour tetraire la matière glycogène du foie, une foule de moyens qui offriraient des avantages variés. Je me bor^ mrai à indiquer le procédé auquel je me suis arrêté.

On prend le foie encore chaud et saignant chez Panimal bien nourri et bien portant, aussitôt après qu'il à été sacrifié. On peut employer le foie d'un animal quelconque, soumis aux alimentations les plus diverses. Mbis, pour simplifier la question sur ce point, je dirai qu'il ne s'agit ici que d'expériences faites avec des foie^ de Chiens nourris exclusivement avec de la viande. On divise le tissu du foie en lanières très minces qu'on jette aussitôt dans de Peau maintenue constamment hotiH^

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