‹ Leçons sur la physiologie et la pathologie du système nerveuxChapitre 43 sur 136 · SUE LES NERFS A DIVERSES PÉRIODES · texte numérisé non relu

SUE LES NERFS A DIVERSES PÉRIODES

Dans le ueiT mixte, la propriété de donner des con* tractions sous T influence de l'excitation (4ectrique très faible appartient exclusivement à Télément moteur; sans quoi la galvanisation du nerf, en nu^me temps qu^elle excite des convulsions dans le membre auquel se rend ce nerf, donnerait dans le membre opposé des mouvements réflexes, (x^tte propriété appartient donc au nerf moteur et rien qu'à lui.

ici nous avons galvanisé les nerfs lombaires d'une grenouille, et nous obtenions une contraction seulement à l'entrée des courants. Sur c^'tte même grenouille nous coupons alors les racines postérieures, en laissant les racines antérieures intactes; nous trouvons toujours une contraction à rentrée du coumnt. Aujourd'hui, viogt-quatre heures après, la patte dont les lucines neryeuses avaient été coup4^es était a)mplétement insenâble : nous lui appliquons de nouveau Texcitant galvanique, et, c^mme la veille, nous avons constamment obtenu une seule contraction à rentrée du courant.

Sur une autre grenouille fatiguée, chez laquelle nous avions hier coupé les racines rachidienues antérieures , nous trouvions la double convulsion à l'entrée et à la sortie; nous étions déjà un peu éloigné du phénomène normal.

Voici, sur une grenouille, un nerf crural préparé qui donne une convulsion à rentrée seulement, quel que soit le sens du courant; nous décapitons maintenant l'animal, puis,avec un stylet iutroduitdaus le canal vertébral, nous détruisons la moelle: la galvanisation du nerf crural donne inuuédiatemeut, après cette opération, une contraction à rentrée et une autre contraction à la sortie du couiuut.

192 ACTION DE l'électricité

Pour voir si les nerfs perdaient leurs aptitudes lorsqu'on prive ranimai de son sang, au moins en partie, nous avons fait mourir d'hémorrhagie ces deux grenouilles en leur excisant le cœur.

Chez celle-ci, qui n'a pas subi d'autre opération que l'excision du cœur, nous avons une seule contractioti à l'entrée du courant quand nous galvanisons le nerjf sciatique. Chez cette autre, nous avons, quand elle était mourante, détruit la moelle avec un stylet. En galvanisant le nerf crural de cette dernière, nous avons obtenu d'abord deux contractions, l'une à l'entrée, l'autre à la sortie ; mais comme cette opération est faite depuis quelques instants, vous pouvez voir que déjà on n'en obtient plus qu'une à l'entrée ou à la sortie, suivant la direction du courant. Nous verrons que cette réaction tient, non à la lésion de la moelle, mais à l'épuisement qu'a causé l'opération.

La propriété de donner une contraction à l'entrée du courant tient donc, non à ce que la grenouille est vî-, vante, mais à ce qu'elle est vivace, c'est-à-dire qu'elle n'est pas épuisée , et à ce que le nerf n'a été ni tiraillé, ni contus, ni altéré en aucune manière.

Si l'on coupe toutes les racines postérieures qui correspondent au nerf mixte sur lequel on opère, les choses se passent comme avant la section : on n'a qu'une contraction à l'entrée.

Si , après avoir coupé les racines postérieures , on coupe aussi les racines antérieures, et qu'on galvanise le nerf mixte, on a encore des contractions à l'entrée du courant et rien à sa sortie ; ce qui prouve que ce n'est

naTABiUTÉ DBS ifsin. IM

pas à la présence de la moelle qu'il faut attribuer les modificaUoDS que le nerf présente dans ce cas.

On voit encore, dans une autre expérience, que lonn qu'on fait périr un animal de manière que chez lui la vie s'éteigne graduellement, par affaiblissement progressif de toutes ses propriétés, le nerf s'affaiblit aussi graduellement saâs que ses caractères pbysiolc^iques soient altérés: il donne toujours une contraction à Ten» trée. Lorsqu'on excite le muscle, les réactions sont celles do nerf non altéré ; mais ce fait ne prouve rien contre la conclusion précédente.

On a avancé que, dans cette disparition lente de toutes les propriétés organiques, les nerfs moteurs perdaient la leur du centre à la périphérie. Ayant galvanisé le nerf sciatique coupé, on a vu qu'alors que la galvanisation de son tronc n'éveillait plus de contractions, on en obtenait encore en portant l'excitant sur ses divisions. On suivait ainsi jusque dans les muscles le retrait de l'aptitude excitatrice ; et c'est ce qui a fait soutenir pendant longtemps que les nerfs donnaient aux muscles leur contractilité. Lorsqu'en effet, portant l'excitation sur le muscle, on y déterminait des contractions, les partisans de cette opinion admettaient comme très vraisemblable que, grâce à leur ténuité extrême, des filets nerveux avaient dû se trouver en rapport avec les pôles de l'excitateur. La contraction du muscle ainsi directement sol* licite semblait donc insuffisante pour démontrer Tindé^ pendance des deux propriétés, nerveuse et musculaire.

Vous savez que nous avons démontré cette indépen-^ dance des deux propriétés nerveuse et motrice au

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19i BXGITABH4TÉ 9B8 MUSCLIS

ttioyen du eurare. Je vous ai dit, en outre, qu'il Fallait une quaiilité beaiKioup plus {ixt^nde d électricité pour ajj^eiler le muscle à ia coutniction en agissant sur son tissu qu^en agissant sur le nerf moteur qui s^y rend. $i Ton agissait sur le muscle a^ec un courant faible, lors mèmQ que les nerfs qui s y dis-ribuent seraient intacts, il e^t probable que le courant électrique n'agirait pas sur eux, parce que le tissu musculaire est meilleur cou* ducteur que le système nerveux. Nous reviendroi.s, da reste, sur ce sujet à propos du muscle et de ses propriétés de tissus.

Uais cette mort du nerf procédant du centre à la périphérie doit être regardée comme un phénomène aoor* R)al qui ne s observe que quand le nerf a été coupé. Tant que le nerf tient à la moelle, il m'a semblé qu'il perd ses propriétés dans un ordre invei se, c'est-à-dire eu procé-* dant de la périphérie au centre. Sur cette grenouille dé* capitée, nous avons mis à d(kx)U¥ert le nerf crural à la cuisse et au moUet : nous n'avions déjà plus de contrat* tioQSy w galvanisant le nerf au niveau du mollet , que nous en obtenions encore en le galvanisant à la cuisse. Maiutenant la galvanisation du nerf crural n'éveiUe pk» la contractilité musculaire; cependant, en suivant le nerf en remontant et le prenant dans la région lombaire^ si on le galvanise, on a des convulsions.

Cette perte de la propriété excitatrice dr. nerf moteur de la p4 ri[/hcrie au centre s'observe quand ranimai périt par hémonbagie ou est empoisonné par le curare, ^aiis les eus, eiGn, où la mort des tissus survient pend^ que le ne^'f tieut ei^cora à la moelle.

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