‹ Leçons sur la syphilis [electronic resource]Chapitre 28 sur 149 · ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CHANCRE MOU SI · texte numérisé non relu

ANATOMIE PATHOLOGIQUE DU CHANCRE MOU SI

rations chancreuses. Si l'on examine au microscope une section du chancre induré, on voit que sa surface exulcérée ou ulcérée est limitée le plus souvent par une ligne régulière passant sans ressaut, sans interruption, sans solution de continuité, de son centre à ses bords; si l'épithélium muqueux manque par places, il est remplacé par la fausse membrane que je vous ai décrite longuement. Enfin, les parois des vaisseaux, artères et veines, sont sclérosées, épaissies et enflammées et leur lumière est quelquefois obstruée en même temps que le tissu conjonctif est infiltré de cellules lymphatiques qui s'atrophient plus ou moins. Les faisceaux de fibres de tissu conjonctif ne sont généralement pas dissociés ni détruits, et ils servent à former la charpente fibreuse qui, avec les vaisseaux sclérosés, donne au chancre infectant son caractère spécial, l'induration.

Anatomie pathologique du chancre mou. — Maintenant nous pouvons aborder l'anatomie pathologique du chancre mou (chancre simple, non infectant.)

Dans le chancre mou, soit inoculé à l'aide de la lancette sur le sujet qui en est porteur, soit contracté par les relations sexuelles, on observe dès le premier jour du contact ou de l'inoculation des phénomènes pathologiques.

Dès le premier jour on voit un petit point rouge qui devient une papule rouge acuminée le second jour, et une petite pustule à la fin du second ou au troisième jour surtout si la peau est fine comme par exemple la face interne de la cuisse chez une de nos malades. La pustule crève très-rapidement, et, au dessous des couches épidermiques disparues, on aperçoit une ulcération profonde donnant du pus, qui s'étend en largeur et en profondeur* Dès le premier septénaire, l'ulcération chancreuse est à sa

gj DESCRIPTION DU CHANCRE

période d'état et se montre avec tous ses caractères : c'est une ulcération profonde, cratériforme, dont les bords sont taillés à pic, renversés, décollés, dont le fond est bourgeonnant, anfractueux, formé de bourgeons charnus mollasses et infiltrés de pus qui leur donne une couleur grisâtre sanieuse. Il en sort une quantité notable de pus opaque, tandis que la sérosité qui suinte à la surface du chancre induré est transparente et peu abondante.

Si l'on fait une section à travers l'un de ces chancres

c,,,,,.. j„ Mnncre mou. A, couche épidermique cornée; P, corps mu- F,2ueui êi l$ml qui s"t brusquement au niveau de l'ulcération N ; T, hm.te profonde de l'inflammation.

préalablement durci après son ablation et qu'on l'examine à un faible grossissement de 20 diamètres, on obtient une figure analogue à la figure 1 de la planche II. L'épiderme corné a et le corps muqueux de Malpighi &, qui recouvrent la peau au voisinage et au bord du chancre s'arrêtent brusquement là où commence l'ulcération. L'anfractuosité du chancre paraît sur la section comme une échancrure, comme un cratère au sommet d'un volcan. L'anfractuosité du chancre m est limitée par des bourgeons charnus n dont le tissu se continue directement avec le tissu des papilles hypertrophiées qui se trouvent au bord du chancre.

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