PRÉFACE VII
toujours nouvelle ou révisable. C'est un champ où il y aura longtemps encore à glaner. Mon examen a presque toujours porté sur des parties qu'on venait d'enlever sur le vivant, ce qui me permettait d'examiner de suite les éléments isolés et de placer la pièce anatomique dans des liquides conservateurs ou durcissants avant qu'elle eut subi la moindre modification cadavérique. C'est le seul moyen d'obtenir de bonnes préparations. J'ai dessiné à la chambre claire les principaux types de lésions. Assurément les dessins reproduits par la lithographie avec une seule teinte ne donnent qu'une idée bien incomplète de ce qu'on voit au microscope. Mais je puis tout au moins cefTtifier leur exactitude. Dans les huit premières planches lithographiques placées hors texte, MM. Leuba et Nicolet ont interprété mes dessins aussi fidèlement que possible.
C'est là, à vrai dire, dans la description histologique, et dans la reproduction graphique qui est le langage propre de l'histologie, que consiste l'originalité de mes recherches. J'aurais pu, par conséquent, limiter ce travail au cadre plus étroit d'un mémoire; J'aurais sans doute intéressé ainsi un petit nombre de savants ; mais qu'ils sont rares ceux qui étudient l'évolution des lésions par pure curiosité scientifique! C'est un public à créer. De plus, j'aurais manqué mon but qui est d'être utile aux étudiants, en mettant
Mil pnÉFACE
en regard d*une anatomie précise et de tails d*évolulion conslatés au microscope^ H symptômes et la marche des diverses manifestations pathologiques. Il faut donner à Thislologie pathologique Tallrait qui lui fait défaut, en démontrant son utilité, son application immédiate à Télude des symptômes.
Prenons un exemple et des plus simples, un bouton syphilitique, une papule ou une pustule. Nous étudierons d'abord son anatomie complète. Nous connaîtrons en détail toutes les altérations que subissent Tépiderme, le corps muqueux, les papilles, le derme, les vaisseaux; nous saurons jusqu'où elles s'étendent et en quoi elles consistent.
Après une pareille description aidée de démonstrations au microscope, si cela est possible, ou tout au moins de dessins exacts, on est admirablement préparé à rétude des symptômes. On les connaît déjà. On lit à travers l'épiderme ce qui se trouve en réalité dans toutes les couches de la peau. L'éruption n'est plus une élevure limitée par une surface colorée d'une certaine façon : on sait ce qu'il y a sousco vernis opaque, on sait par le menu en quoi elle consiste. Ajoutez à cette description la connaissance de l'évolution des phénomènes hislologiques depuis le début jusqu'à la guérison, et il sera facile de prévoir l'enchaînement des symptômes
Voilà ce que je me suis efforcé de faire d'un bout à l'autre de ces leçons : elles constituent par consé-
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