‹ Leçons sur la syphilis vaccinaleChapitre 6 sur 45 · PREUVES EXPÉRIMENTALES · texte numérisé non relu

PREUVES EXPÉRIMENTALES

spécifiques (sypliilides sur un bras, ulcérations des narines, etc.).

Toul d'abord, rien, comme résultat initial.

Mais, le vingt et unième; jour (26 juillet), apparaissaient sur le bras du Cory deux petites papules sèches, qui peu à peu s'accrurent, puis devinrent humides et se couvrirent enfin de croûtes. Au-dessous de chacune de ces croûtes existait une petite ulcération. — Bientôt après survint de l'adénopathie axillaire.

Puis, à quelque temps de là, invasion d'un malaise général. Et enfin, le 31 août, apparition sur le corps d'une roséole absolument caractéristique.

Et tout cela, Messieurs, se passant en public, coram pojmlo; et tous les divers résultats de ces expériences vus, suivis, constatés par les sommités médicales de Londres (Hulchinson, Ilumphry, Bristowe, etc.) (1). En sorte que rien ne manque à la démonstration.

(1) 071 iD'" Conj's experiments m vaccinaling hirnself ff'om syphililic chUdren (Sur les expériences du D"" Cory, qui s'est inoculé le vaccin d'entants syphilitiques). — Médical report of i/ie Local Government Board, 1882-1883 ; London, 1883, p. 4G.

Revue d'hygiène et de police sanitaire, septième année, 1885, Paris, Masson, p. 170; traduction et résumé du mémoire original par le Dr Vallin, membre de l'Académie de médecine, médecin principal de première classe, etc.

« M. le D-- Cory, l'un des deux directeurs de l'Institut de vaccination animale de Londres, n'avait jamais observé, soit dans sa pratique, soit dans celle de ses confrères, un seul cas de syphilis vaccinale. 11 se demandait si ce résultat était dti à l'exécution rigoureuse des instructions ofûcielles, recommandant de ne jamais employer le vaccin d'un enfant suspect do syphilis, ou s'il fallait en tirer cette conclusion que le vaccin d'un syphilitique est incapable de transmettre la svphilis. Il entreprit de faire des expériences sur lui-même. Voici le résumé de son observation :

«Il est âgé de trente-huit ans; n'a jamais eu la syphilis; vacciné dans son enfance, revacciné à vingt ans, puis à trente ans en Allemagne. Depuis ce temps, il s'est inoculé quatre fois le vaccin d'enfants syphiliUques.

«La première fois, en 1878, il prit le vaccin, parfaiteaient pur de

SYPHILIS VACCINALE.

Voilà donc, en toute évidence, un cas de syphilis vaccinale aussi authentique, aussi indéniable, aussi irréfu-

toule trace de sang, sur un eufant de hait mois, très émacié, incontestableineut syphilitique, « mais n'ayant au moment de la vaccination aucune éruption ni aucun symptôme évident de syphilis active ». Le vaccin inoculé se développa régulièrement chez M. Cory ; aucun accident syphilitique.

«. Le 5 novembre 1879, nouvelle vaccination avec du vaccin pur, pris sur un enfant de quatre-vingt-cinq jours, ayant des taches syphilitiques, un coryza spécifique, et suivant depuis quatre jours seidement un traitement mercuriel. — Ni vaccination, ni accidents syphilitiques.

« Troisième tentative le 11 mai 1881. L'enfant, âgé de quatre mois et demi, avait une roséole, dos plaques muqueuses de la bouche et du nez, l'aspect cachectique. — Ni vaccination ni syphilisation. — Nous ferons toujours remarquer que l'enfant suivait depuis six semaines nu traitement mercuriel, et que, le 7 juin, il n'avait plus aucune lésion syphilitique appréciable.

«Enfin, une quatrième expérience, faite le G juillet 1881, eut un tout autre résultat, et transmit la syphilis à ftl. Cory. L'enlaut, âgé de quatre-vingt-quatre jours, avait une forte éruption sur le bras et des ulcérations des narines au moment de la vaccination. II n'y avait pas de taches au voisinage des pustules de vaccine, sur lesquelles on recueillit, non sans peine, une sérosité parfaitement limpide, exempte de toute trace appréciable de sang. Ce vaccin fut inséré à la lancette et par trois piqûres sur l'avant-bras gauche de M. Cory. — Le lendemain, les piqûres sont entourées d'une petite aréole inflammatoire qui décroît dès le jour suivant; elles avortent et sont tout à fait guéries le septième jour. — Mais, le vingt et unième jour après l'inoculation (26 juillet)^ le D"" Cory remarqua au niveau de deux piqûres de la rougeur et une petite papule légèrement douloureuse; ces papules grossirent jusqu'au treizième jour (4 août); elles devinrent humides, puis se recouvrirent d'une petite croûte.

« Le 11 août, on trouva sous la croûte une petite ulcération.

« M. Cory fit voir sou bras à l'Association médicale britannique réunie àRyde, et MM. Humphry et Hutchinson n'hésitèrent pas à considéi-er ces lésions comme syphilitiques. On excisa alors le pli de peau portant ces petites tumeurs, à la fois pour prévenir l'infection syphilitique générale et pour faire l'examen histologique ; la pluie fut suturée avec des aiguilles, et l'on fit un pansement antiseptique. Au bout de huit jours, les plaies étaient sèches, mais les cicatrices devinrent dures, douloureuses; gonflement douloureux des glandes de l'aisselle; malaise général; douleur au milieu du sternum. — On commence le traitement mercuriel (pilules bleues) le 25 août. — Le 30 août, gonflement des glandes du cou et mal de gorge;— le 31, roséole syphilitique très caractéristique sur le front, les tempes, le cou, la paroi abdo-

"^'(^MM. Bristowe, Humphry, J. Hutchinson ,E. Ballard tirent de l'observation du Df Cory les conclusions suivantes :

« Le vaccin recueilli sur un syphilitique, même quand il ne contient aucune trace de sang, est susceptible de transmettre la syphilis. — Celte

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