‹ Leçons sur la théorie analytique de la chaleurChapitre 173 sur 242 · THÉORIE PHYSIQUE · texte numérisé non relu

THÉORIE PHYSIQUE

Si Ton rapproche les di\ei*ses parties du Cours actuel, de la définition du liquide cristallin, qui résulte des deux faits principaux, et que Ton adopte le principe précédent, étajé par les deux lemnies, on construit facilement une explication physique de la formation des cristaux, quelle quV'n soit la complication .

Soit pris pour exemple le cas d'un sel dont la forme primitive est un parallélipipèdc obliquangle. Le liquide salin s'est partagé, dès Fabord, en concamérations , ou en éléments parallélipipédiques , sous Tinflueiice primordiale des vibrations. Dans chacun de ces éléments , maintenant limités, les molécules salines vont en se rapprochant de plus en plus vers la solidité. Ces éléments sont séparés par des couches de liquide pur, ayant la température de la dissolution , que Ton peut regarder comme fixe , à cause de la lenteur nécessaire du refroidissement général. Ces couches liquides, d'abord infiniment minces, peuvent augmenter progressivement d épaisseur. Enfin, ceux des éléments qui sont dans le voisinage de la masse déjà cristallisée , obéissant à son attraction, locale et plus puissante, lui donnent une . nouvelle couche, en abandonnant plus complètement leur réseau liquide.

Cliaque volume élémentaire, d'abord suréchaufië par les premiers progrès de la solidification, se refroidit ensuite comme s'il était isolé , et suivant les mêmes lois que s'il faisait partie du milieu cristallisé, sa surface étant entrete*

THÉORIE DE LJL FOllMATIOM DES CRISTAUX. ag5

nue à la tempera lure à très-peu près constante du réseau liquide qui l'entoure. Le dépôt cristallin ne s'opère que quand le refroidissement des volumes élémentaires est parvenu à un certain degré.

Remarquons que, dans cette manière très-simple de con« cevoir le phénomène de la cristallisation, le liquide pur, ou qui ne contient que d'autres sels, peut se mouvoir librement dans le3 cloisons du réseau de séparation; que même les volumes élémentaires, à demi solidifiés, peuvent se mouvoir de toutes pièces, monter ou descendre, sans que les lois de leur refroidissement en soient notablement changées : car, c'est comme si, lors du refroidissement d'un solide dans la glace fondante, on le faisait voyager dans le bain qui l'entoure.

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