ÉLASTIQUE
Rupture.
Il importe de remarquer que les allongements permanents notésjci-dessus ont été observés aussitôt après suppression de la traction ; si on avait attendu quelques heures, ils se seraient réduits de beaucoup. M. Persoz a t: ouvé que ce retrait peut être obtenu immédiatement en mouillant le fil avec de l’eau : un fil de 50 centim., allongé de 50 millim. par une traction de 40 gram. n’a plus qu’un allongement de 25 millim. dès qu’on ôte le poids, et de 20 millim. au bout d’une demi-heure ; si à ce moment on mouille le fil, l’allongement se réduit à 3 millimètres. Ainsi, l’humidité augmente l’élasticité ; elle fait contracter le fil qui a été distendu au delà d’une certaine limite, et au contraire elle augmente l’extensibilité du fil quand il est à peu près à l’état naturel. En effet, que l’on tende, comme la fait M. Robinet, un fil grège de 1 mètre par un poids de 2 gram. seulement : dès qu’on mouillera le fil, on le verra s’allonger d’environ 3 millim.
Ces faits montrent assez combien il est nécessaire de tenir compte de l’état plus ou moins humide de la soie dans toutes les études relatives à son élasticité. Dans la pratique, on néglige d’observer les diverses phases de l’allongement du fil et on pousse tout de suite la tension jusqu’au point de le rompre ; à ce moment, on note la tension et l’ allongement par mètre ; ces deux quantités sont prises pour mesures de la ténacité et de Y élasticité du fil.
Sérimètre. — Pour faciliter ces sortes de déterminations, le même savant a imaginé un appareil spécial qu’il a appelé sérimètre. C’est une règle divisée sur laquelle est fixé un petit dynamomètre à ressort; on attache
SÉRIMÈTRE.
à ce ressort, au moyen d’une pince, le fil qu’on veut étudier; une deuxième pince, située à 50 centim. ou 1 mètre de la première, sert à fixer l’autre bout du fil et on peut exercer sur elle une traction progressivement croissante, au moyen d’une chaîne sans fin, sollicitée par un poids assez fort. Quand le fil se rompt, l’aiguille du dynamomètre indique la traction en grammes ; c’est ce qui mesure la ténacité. La quantité dont s’est accrue la distance des deux pinces se lit sur la règle divisée, et on a par ce moyen l’allongement pour un mètre, qui mesure ce que les praticiens appelent l 'élasticité. Quand il n’y a pas d’indication d’hygrométrie, il est entendu que l’air est à l’état de siccité moyen: une précision plus grande serait inutile lorsqu'il s’agit seulement de faire, sur une seule soie grège, une vingtaine d’observations, pour voir si le fil est plus ou moins régulier. Ainsi, voici des chiffres obtenus par M. Robinet sur 20 fils d’une grège de 6 cocons, titrant 768 milligrammes par 500 mètres.
Ténacité (en gram.): 54, 54, 52, 59, 57, 60, 63, 51, 52, 55, 53, 52, 50, 52, 50, 60, 63, 48, 52, 53. Moyenne, 54,5.
Élasticité (allongement en millim.): 125, 90, 128,91, 147, 130, 140, 138, 88, 83, 109, 134, 137, 179, 135, 173, 161, 150, 124, 133. Moyenne 129.
Variations de la ténacité. — M. Robinet a mesuré le titre et la ténacité d’un très grand nombre de soies en se plaçant dans des conditions aussi comparables que possible, sans toutefois déterminer absolument ces conditions. Il a trouvé que, pour les soies faites avec un même nombre de cocons, la ténacité croît moins rapi-
demeQt que le titre : c’est ce que monlrele tableau ci* dessous :