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TROISIÈME LEÇON

(28 mars 1885)

PRÉLIMi;\AIRES A L'ÉTUDE EXPÉRIMENTALE DE LA TOXICITÉ DES PRODUITS D'ÉMOXCTIO]\.

Nécessité de démontrer expérimentalement que la rétention des matières excrémentitielles peut causer l'intoxication. — Inconvénients que présentent pour cette démonstration les émonctoires pulmonaire, intestinal, cutané. — Choix de la sécrétion urinaire pour la recherche de la toxicité des produits d'émonction.

Comparaison des divers procédés dont dispose l'expérimentateur pour introduire dans l'organisme les matières dont il veut étudier la toxicité. — Inconvénients de l'introduction par le tube digestif et de l'injection dans le tissu cellulaire sous-cutané. — Avantages de l'injection intra-veineuse. Son innocuité. Sa facilité. Rigueur des résultats obtenus.

Étude de l'action propre aux liquides employés pour servir d'excipients aux matières toxiques injectées : eau^ alcool, glycérine.

Il existe, avons-nous dit, dans l'organisme une tendance incessante à une toxémie par accumulation à laquelle il échappe par divers moyens : grâce au rôle du foie qui forme une barrière active pour les poisons venus du tube digestif, mais insuffisante pour ceux qui sont formés dans les tissus; grâce surtout à la sauvegarde qui est constituée parles appareils d'émonction.

Pour que l'intoxication soit évitée, il faut que les cinq appareils d'émonction soient en état d'intégrité anatomique et fonctionnelle, que le sang, l'appareil circulatoire, le système nerveux fonctionnent normalement. Toute entrave au jeu de ces parties peut réaliser l'intoxication.

Il semble du moins que cela doive être; mais le vraisemblable peut ne pas être réel; présomption n'est pas démonstration.

Si je dis que la mort résulte presque toujours d'une intoxica-

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tien, parce que, dans presque toutes les maladies, c'est Tasphyxie qui met un terme à tous les actes vitaux et que l'asphyxie est une intoxication, j'ai l'air de formuler un syllogisme inattaquable. Ce n'est là pourtant qu'un sophisme : car l'asphyxie est chose complexe, et, si l'intoxication par l'excès d'acide carbonique est un de ses facteurs, le défaut d'oxygène en est un autre.

Il n'e«t uuuc idée si vraisemblable qu'elle n'exige une démonstration.

Nous devons par conséquent prouver que la rétention des matières destinées à être éliminées par les émonctoires est capable de produire l'intoxication, aux doses où ces matières sont fabriquées dans l'organisme normal.

Le problème à résoudre est de chercher la mesure de l'activité des substances toxiques qui s'éhminent en vingt-quatre heures par tous les émonctoires réunis, — ce qui revient à déterminer quelle est, dans un temps donné, la quantité de poison capable d'intoxiquer un poids déterminé de matière vivante.

Nous ne pouvons nous adresser pour résoudre le problème à n'importe quel émonctoire. Ainsi, parmi les émonctoires dont le défaut de fonctionnement peut contribuer à intoxiquer l'organisme, le poumon est hors de toute discussion; sans compter les autres substances toxiques qu'il élimine aussi, l'acide carbonique qu'il exhale en vingt-quatre heures empoisonnerait jl'homme un grand nombre de fois.

L'intestin n'offre pas un terrain d'expériences commode ; car nous sommes impuissants à faire la distinction entre les produits toxiques qui y sont apportés par les sécrétions et ceux qui s'y fabriquent.

Pour la peau les recherches sont embarrassantes à cause de la petite quantité des produits sécrétés et de la difficulté qu'on éprouve à les recueillir.

C'est donc la voie urinaire à qui nous demanderons la démonstration de la toxicité des produits d'émonction, à elle qui se réserve la spécialité d'éhminer les substances toxiques non volatiles, défalcation faite de ce qui se détruit dans le foie ou dans la totalité de l'organisme.

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