‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladiesChapitre 147 sur 227 · ALIMENTATION DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE · texte numérisé non relu

ALIMENTATION DANS LA FIÈVRE TYPHOÏDE

assez étendues. En tout cas, ce sont là des accidents de minime importance.

Je suspends l'usage des bains en cas d'hémorrliagie intestinale, ou d'hépatisation pulmonaire. Quand les règles surviennent chez la femme pendant l'évolution de la fièvre typhoïde, je ne trouve pas en général qu'il y ait lieu d'interrompre les bains.

J'aborde maintenant un point important de la thérapeutique des maladies pyrétiqnes graves, la question de l'alimentation. Dans ces m.aladies, dans la fièvre typhoïde surtout, les sécrétions du tube digestif se tarissent ou se pervertissent. Il semble donc a priori impossible d'alimenter les malades et naturel de condamner les tentatives d'alimentation.

Le lait, si facile à digérer, qui par sa graisse et son sucre semble si bien fait pour soutenir les forces des fébricitants et subvenir aux frais des combustions, n'est pas sans inconvénient. Il augmente la température, et la sécrétion urinaire diminue. Les partisans du régime lacté veulent qu'on en donne une grande quantité dans la fièvre typhoïde pour augmenter la sécrétion urinaire. Or, quand je donne du lait en quantité notable, je remarque qu'il se fait, par indigestion, une aggravation de l'état général. Je maintiens donc la suppression rigoureuse de tout aliment.

Mais je donne l'eau à profusion, l'eau chargée de substances faiblement nutritives et introduisant surtout dans l'organisme certains éléments minéraux sous forme de décoction de viande, de bouillon et de décoction de céréales. Celle-ci est considérée depuis 2000 ans comme utile dans les fièvres. La ptisane d'Hippocrate était une décoction d'orge ; on prescrivait la ptisane passée au début des fièvres, puis la ptisane non passée à la fin. Je donne moi aussi à mes malades un décocté de viande et d'orge qui contient surtout des aliments minéraux pour réparer les pertes résultant de la désassimilation des matières minérales dans les cellules. Je cherche à épargner la déperdition des matières minérales, parce qu'elles jouent le rôle de médiatrices dans les échanges organiques. Le chlorure de sodium est indispensable pour les phénomènes de l'osmose; les

DIÉTÉTIQUE DES FÉBRICITANTS 235

phosphates sont les médiateurs entre les bases et les acides.

J'ajoute à ce régime les acides végétaux, sous forme de suc de citron, qui introduit de la potasse, et qui est un combustible.

Enfin j'administre des substances à la fois plastiques et combustibles, les peptones. J'en donne 50 grammes par jour, comptés comme peptone sèche. Les peptones chimiquement pures et honnêtement préparées, bien différentes de certains produits vendus sous ce nom dans le commerce, sont, quoi qu'on ait dit, des substances plastiques et combustibles capables d'épargner l'usure de la substance azotée du corps.

Dans le régime de nos typhoïdiques figure encore, comme substance combustible, la graisse sous un état absorbable, c'est-àdire la glycérine toute faite en dehors de l'organisme; nous savons que la glycérine est un des produits du dédoublement des matières grasses dans le duodénum. Le malade absorbe par jour 200 grammes de glycérine et ne s'en trouve paspurgé.

Je n'admets le vin qu'en très faible proportion.

Voilà toute ma diététique.

Grâce à elle, on n'enregistre qu'une déperdition de poids insignifiante pendant la période d'état de la fièvre typhoïde. La perte de poids est quelquefois nulle; elle oscille en général entre 100 et 300 grammes par jour jusqu'à la fin de la période d'état, jusqu'au^ quinzième jour; plus tard, au moment de la crise, quand la convalescence s'étabUt, la perte peut atteindre 1 kilogramme par jour pendant trois à cinq jours; mais, dès le troisième jour après la reprise de l'alimentation, le poids du malade s'élève de nouveau.

Plusieurs principes de cette diététique sont applicables à la fièvre intense de certaines maladies chroniques. Dans des pyrexies aiguës d'aussi courte durée que la pneumonie, la nécessité de l'alimentation n'est pas si urgente.

Je veux résumer maintenant en quelques phrases et d'une façon didactique les règles du traitement de la fièvre typhoïde, telles que je viens de les énumérer.

Page 1