ÉLABORATION ANOMALE DE LA MATIÈRE
tité qui dépassait sensiblement la proportion des alcaloïdes ordinairement contenus dans les matières fécales. Par l'un des caractères chimiques, cette substance alcaloïdique différait des autres alcaloïdes intestinaux. Si, comme eux, elle précipitait par le réactif iodo-ioduré, par l'iodure de mercure et de potassium, par le phospho-molybdate de soude, par le tungstate de soude, elle ne présentait pas la réaction avec le tannin. J^ai retrouvé dans l'épidémie^le novembre 1884 cet alcaloïde avec le même caractère. Je l'ai vu aussi cristalliser en longues aiguilles extrêmement fines, mais je n'ai pu expérimenter ses caractères physiologiques, faute d'en avoir pu obtenir une suffisante quantité. C'est pourquoi j'avais cru devoir laisser dormir le procès-verbal de ces constatations parmi mes notes de laboratoire.
Une autre question doit être soulevée' à propos de cet alcaloïde. A supposer que ce soit une substance spéciale aux cholériques, n'avait-elle pas été fabriquée en dehors de l'action des organismes parasitaires? Je sais que ch«z les cholériques la matière s'élabore autrement que chez d'autres hommes sains ou malades. Je dis cela à propos d'une particularité relative à la naphtaline. Tous mes malades y ont été soumis. Quelques-uns lui ont fait subir des métamorphoses normales. D'autres lui ont fait subir des métamorphoses inusitées, que j'ai vues aussi dans l'atrophie jaune aiguë du foie et dans deux cas de fièvre typhoïde. Chez ces derniers malades, les urines, au heu de garder la teinte brun noirâtre un peu sale qu'elles ont chez les gens qui sont soumis à la naphtaline, ont pris spontanément, au moment de l'émission, une coloration violette intense comme celle d'une solution de permanganate de potasse. Ce n'est pas cette teinte rose qu'on obtient ordinairement par l'acide acétique dans les urines des malades qui ingèrent de la naphtaline. La matière violette des urines cholériques est soluble dans l'éther, tandis que celle qui apparaît après addition d'acide acétique dans Turine des autres malades soumis à la naphtahne ne se dissout pas dans l'éther. Ce fait anomal découle vraisemblablement de certaines altérations du foie.