DOUBLE AUTO-INTOXICATION DANS LE CHOLÉRA
lestin est soumis à l'antisepsie, il n'y a pas de putréfaction intestinale ; il n'existe chez eux que l'intoxication par désassimilation.
On a dit aussi que cette phase du choléra était une période urémique. On n'avait pas attendu cette démonstration de la contraction pupillaire pour soupçonner l'urémie, on avait l'ait l'analyse du sang et des tissus, on y avait trouvé les matières extractives et l'urée accumulées en quantité considérable (1=',20, ls'',30 d'urée par kilogramme de tissu musculaire). Cette période, on peut la prévoir quand l'anurie s'établit; après la contraction pupillaire on peut l'affirmer. Chez tous les cholériques atteints d'anurie, le myosis existe, je l'ai toujours constaté, c'est là un fait clinique qui me paraît avoir son importance.
Si l'on ne voit pas figurer dans l'urémie consécutive au choléra tous les symptômes que nous sommes habitués à constater dans l'intoxication urémique ordinaire, c'est que plusieurs des sources des poisons urémiques se trouvent supprimées.
La désassimilation peut donner le poison narcotique comme le poison convulsif. Lorsque la potasse est livrée en excès au sang, elle provoque l'urémie convulsive; mais, si Turémie convulsive ne s'observe pas en général dans la phase urémique du choléra, on peut comprendre pourquoi. La déshydratation rapide et précoce a entraîné avec l'eau toute la potasse des plasmas et une partie de celle des éléments anatomiques ; aussi, quand arrive la période de destruction si excessive de la matière, ce sont moins la potasse et les matières minérales qui sont surabondantes dans le sang que les matières organiques et extractives. Chez un cholérique dont j'ai parlé précédemment il y avait si peu de potasse que l'extrait de liOO grammes de son urine n'a pas provoqué la convulsion chez un animal.
En résumé, le choléra nous fournit l'exemple d'une double auto-intoxication : par un produit anomal, c'est l'intoxication cholérique proprement dite; par des produits normaux, c'est une variété d'intoxication urémique.
L'étude du choléra corrobore en outre cette notion qu'il peut exister dans quelques maladies des matières anomales, et que les poisons morbides ne sont pas un rêve.