DOUZIÈME LEÇON
Pathogénie de l'urémie (suite). Discussion des théories exclusives.
La période urémique des néphrites est caractérisée par l'apparition d'accidents nerveux chroniques ou paroxystiques (céphalée, dyspnée du type Cheyne-Stokes, convulsions, coma), associés ou non à des troubles de la
calorincation et aux autres symptômes de la période préurémique, comme les œdèmes.
La clinique a consacré plusieurs modes de groupement des symptômes de la phase urémique en cherchant à les rapporter à certaines formes anatomopathologiques.
Chaque inventeur de théorie pathogènique a demandé à la clinique de justifier son opinion.
Traube incrimine, comme cause des accidents urémiques, l'œdème cérébral qui résulterait de la pléthore hydrémique. — Son opinion manque de preuves anatomo-pathologiques et s'appuie d'ailleurs sur des raisons physiologiques inadmissibles.
Wilson invoquait l'excès d'urée dans le sang. — L'urée ne peut expliquer les accidents, aux doses où elle existe dans le sang des urémiques. — Injection d'urée dans l'estomac, dans le tissu cellulaire, dans les veines après néphrectomie 114
TREIZIÈME LEÇOxN.
Pathogênie de l'urémie (suite). Discussion des théories exclusives.
Théorie de V ammoniémie (Frerichs). — Le carbonate d'ammoniaque résultant du dédoublement de l'urée dans le sang est-il la cause de l'urémie? — L'urée se transforme-telle en carbonate d'ammoniaque dans le tube digestif (Bernard etGrandeau, Treitz, Jaksch) ? — Objection à la théorie de l'ammoniémie comme explication exclusive des accidents urémiques.
Théorie qui incrimine les matières extractives, de Schottin, Scherer, Oppler, Chalvet, créatinémie de Jaccoud. — Examen de l'action possible de chacune des matières extractives : acide urique. — Acide hippurique. — Créatine. — Créatinine. — Leucine. — Tyrosine. — Taurine. — Xanthine. — Hypoxanthine. — Guanine.
Théorie qui invoque les matières colorantes, l'urochrome (Thudicum). —Part de vérité qu'elle contient 121