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ANTAGONISME DES URINES DE LA VEILLE ET DU SOMMEIL

La période de veille est également divisée en deux phases égales de huit heures : l'une, de 6 heures du matin à 2 heures du soir, représente la veille matinale; l'autre, de 2 heures à 10 heures du soir, représente la veille vespérale.

La ligne horizontale mesure la durée des périodes d'éhmination; l'aire des trapèzes qui reposent sur cette ligne représente la quantité de poison éliminé dans chaque période; les lignes verticales indiquent par leur longueur l'intensité ou la rapidité de l'élimination toxique à chaque instant de la journée.

On voit que le minimum de cette élimination est au moment où l'homme s'endort; qu'elle est alors neuf fois moins intense que huit heures auparavant, au milieu de la période de veille, et cinq fois moins que huit heures plus tard, à la fin de la période de sommeil. On voit aussi que depuis le minimum jusqu'au maximum, pendant les seize heures qui représentent le sommeil et la veille matinale, l'intensité de l'élimination toxique se fait avec une rapidité deux fois plus grande.

Les urines de la veille ne diffèrent pas seulement des urines du sommeil par une toxicité deux fois plus grande ; la toxicité de ces deux urines présente des différences qualitatives. Les urines du sommeil sont toujours franchement convulsivantes; celles de la veille sont très peu ou ne sont pas convulsivantes, mais elles produisent la narcose. C'est à tel point qu'on se demande s'il n^y aurait pas lieu de reprendre la vieille théorie toxique du sommeil, celle d'après laquelle l'activité du tissu nerveux s'accompagnerait de la production d'une matière de désassimilation dont l'action sur la cellule nerveuse serait soporifique. Si cette théorie devait revivre, il faudrait, je crois, l'élargir et attribuer à l'ensemble de l'économie la production de la matière narcotique. Ce qui est certain, c'est que, pendant la veille, le corps fabrique une substance qui accumulée produirait le sommeil, et que pendant le sommeil il élabore, au lieu de cette substance narcotique, une substance convulsivante qui accumulée pourrait produire la secousse musculaire et provoquer le réveil.

Les poisons de la veille et les poisons du sommeil ne sont

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pas seulement différents comme intensité et comme qualité, ils sont antagonistes: l'un est le contrepoison de l'autre (1). Si l'on mélange les urines de la veille et les urines de la nuit proportionnellement à leurs masses respectives, la toxicité du mélange n'est pas une moyenne, elle n'est pas nécessairement intermé-

(1) Toxicité des urines du jour et de la nuit mélangées.

6 août 1885. — On recueille les urines de 24 heures d'un jeune homme bien portant de 28 ans pesant 69 kilogr. On recueille isolément les urines de 9 heures de sommeil, de 10 heures du soir à 7 heures matin, et les urines de 15 heures de veille de 7 heures matin à 10 heures soir.

Urine du sommeil. Quantité, 450'^c Densité, 1024. Ces urines, neutralisées et filtrées, sont injectées dans une veine de l'oreille d'un lapin pesant 177o«'^ La mort survient après convulsions très légères à 910C. L'animal a ainsi reçu par kil. 51^0^26 d'urine.

Urine de la veille. Quantité, 720^0. Densité, 1014. Cette urine, neutralisée et filtrée, est injectée clans une veine de l'oreille d'un lapin pesant 172oS'". La mort survient sans convulsions à 45<=c. L'animal a ainsi reçu par kilogr. 26'='^, 08 d'urine.

Urine des 24 heures.

On mélange un tiers des urines du sommeil (150'=°) et un tiers des urines de la veille (240'=^). Ce mélange représente bien exactement le mélange des urines de 24 heures.

Ces urines neutralisées et filtrées sont injectées dans une veine de l'oreille d'un lapin pesant 1535-'. La mort survient sans convulsions à 73'^c^ L'animal a ainsi reçu par kilogr. 46^^,94. Les urines du sommeil représentent -—^ "= 8,778 urotoxies. Les urines de la veille représentent ■—— = 27,607 urotoxies. Les urines des 24 heures représentent donc 8,778 -\- 27,607 =^ 36,383 urotoxies; mais si l'on voulait estimer cette toxicité des urines de 24 heures par l'expérience qui montre la toxicité du mélange, on trouve que cette toxicité serait seulement de '' ^^^.^.^ " = 24,923 urotoxies.

Ainsi, par le fait de leur mélange, les urines de la veille et du sommeil perdent environ 1/3 de leur toxicité. D'oii l'on doit forcément conclure que l'homme élimine pendant le sommeil des urines qui sont pour une part l'antidote des urines de la veille ou inversement. Il y aurait donc ainsi, dans les différentes conditions du fonctionnement nerveux, des élaborations différentes de la matière capables de donner naissance à des poisons antagonistes.

De cette expérience on peut également déduire que cet homme éliminait par kil. et par heure de quoi tuer pendant le sommeil 14s'",133 de matière vivante, et pendant la veille 26^'", 673; que

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