‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies: professées à la Faculté de médecine deChapitre 14 sur 239 · PROCÉDÉS EXPÉRIMENTAUX D'INTRODUCTION DBS POISONS · texte numérisé non relu

PROCÉDÉS EXPÉRIMENTAUX D'INTRODUCTION DBS POISONS

Quels sont les procédés qui s'offrent à nous pour introduire dans Torganisme les matières toxiques?

L'ingestion par le tube digestif est un mode illusoire. Nous sommes obligés de diluer les substances toxiques pour les faire accepter, nous les introduisons dans un organe qui élimine incessamment par les garde-robes une partie de son contenu; comment savoir quelle quantité de ce que nous avons introduit a été absorbée? D'ailleurs l'absorption par le tube digestif est très lente et l'organisme a tout le temps de se défendre en éliminant le poison. — M. Morel- La vallée a communiqué à la Société clinique le fait suivant : chez un malade qui avait ingéré à 2 heures du matin 60 grammes de laudanum , à 8 heures du matin le lavage de Testomac retirait encore A5 grammes du poison; en six heures, le quart seulement de la substance toxique avait été absorbé. Lorsqu'on procède à l'introduction des substances toxiques par la voie digestive, on ne peut donc jamais savoir si ce qu'on a introduit a été absorbé, et l'on risque d'être conduit à croire inoffensives des matières réellement toxiques.

L'injection par le tissu cellulaire sous-cutané est passible en grande partie des mêmes critiques; l'élimination ne se fera, il est vrai, que par le sang, mais Tabsorption est lente, tandis que l'émonction est rapide, il est donc difficile d'apprécier exactement la quantité de la substance injectée qui est contenue dans le sang au moment précis où se manifeste tel phénomène. D'ailleurs l'injection produit par elle-même certains troubles qui peuvent masquer l'action propre à la substance injectée. Elle est douloureuse et provoque des réactions nerveuses. Elle cause notamment l'albuminurie : Tinjection de 4 centimètres cubes d'eau par la voie sous-cutanée chez le lapin fait apparaître ce phénomène.

Reste la voie intra-veineuse. Les dangers qu'on lui a attribués d'abord sont erronés. Elle est presque aussi facile et expéditive au point de vue opératoire que l'injection dans le tissu cellulaire; elle est en outre plus rigoureuse, plus inoffensive et moins douloureuse. Grâce à elle, nous pouvons, en un temps

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