‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies: professées à la Faculté de médecine deChapitre 154 sur 239 · MA MÉTHODE DE BALNÉATION · texte numérisé non relu

MA MÉTHODE DE BALNÉATION

malades peuvent ainsi passer la moitié de la journée dans Teau. L'abaissement est plus durable qu'avec le bain froid ; les ressauts de température sont beaucoup moins considérables.

En plongeant le malade dans un bain qui n'est que de deux degrés inférieur à sa température, je ne provoque pas le spasme vasculaire réflexe qui empêche le sang de venir se refroidir dans la peau. L'abaissement de la température de Teau s'opère insensiblement et ne transforme jamais le bain en bain froid.

Quels effets résultent des bains administrés suivant la méthode que je préconise? Un abaissement presque constant de la température centrale, une réfrigération qui varie suivant la date de la maladie et l'heure de la journée. La réfrigération est, en moyenne, de 5 dixièmes de degré; elle peut être quelquefois de trois degrés. C'est au nom d'une expérience appuyée sur le chiffre de 6000 bains que je puis parier. Quelques exceptions doivent être notées. Chez certains malades, par hasard, la température ne s'abaisse pas ; on peut constater même une élévation thermique de 1 à 5 dixièmes de degré. Cette anomalie se montre chez certaines femmes très nerveuses et chez quelques hommes vers la fin du traitement, quand la répétition des bains a fini par développer chez eux une répugnance insurmontable et une vive irritation.

L'élévation thermique qui se fait après le bain ne s'opère qu'avec lenteur, ce n'est jamais une ascension brusque.

Il est à remarquer qu'on réussit d'autant mieux à refroidir le malade que sa température est plus élevée, tout en demeurant comprise entre ZT et 40°; au contraire, chez les malades à température excessive, au delà de 40" et 41", le refroidissement est d'autant moindre que la température est plus élevée. L'abaissement est moindre entre 41° et 42° qu'entre 40° et 41°. Au-dessous de 38°, la réfrigération est également difficile ; un homme sain se refroidit à peine dans le bain tiède.

Les différences d'abaissement thermique dans les bains varient également suivant les périodes de la maladie. Dans celle où domine Thyperthermie et au début, il est plus difficile de refroidir les malades; la moyenne d'abaissement est de

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5 dixièmes, plus tard elle est de 6 dixièmes, enfin de 7 dixièmes dans la quatrième semaine.

Suivant les heures, il y a aussi des variations. La température d'un typhique monte de sept heures du matin h trois heures de raprès-midi, alors se produit une décroissance, puis vient une ascension nouvelle dont le maximum est réalisé vers minuit. De minuit à sept heures, la détente s^opère, et le malade perd tout Texcès de température qu'il avait mis la journée à acquérir. C'est entre minuit et six heures qu'on a les abaissements thermiques les plus considérables après le bain ; les abaissements de 3 degrés se voient vers le matin.

Les bains procurent-ils aux malades d'autres avantages qu'une soustraction physique de chaleur? Sans nul doute. D'abord l'abaissement thermique qui suit le bain s'accompagne d'euphorie, comme celui que produit la quinine, tandis que h diminution de chaleur déterminée par Tantipyrine laisse persister ou accroît le malaise.

D'autres bénéfices sont encore obtenus. Le délire, quand il existait à l'entrée, tombe après trois jours de traitement au plus. Il n'y a plus de véritable stupeur typhique. Les malades traités par les bains ne cessent pas de comprendre ce qu'on leur dit et de répondre aux questions.

Suivant la remarque de M. Skinner, un de mes élèves, qui a consacré une fort bonne thèse à l'étude de ma méthode de balnéation, on voit les malades s'intéresser sans cesse à la marche de leur température et discuter entre eux pendant le bain sur le nombre de dixièmes de degré qu'ils ont avant ou après.

La langue demeure constamment humide, et, si elle était sèche au début du traitement, cette sécheresse disparait au bout de quelques bains. Les dents ne sont point fuligineuses.

Le teint n'est pas de cette pâleur terreuse qui atteste l'iotoxication profonde de l'économie. 11 est blanc, et souvent même rose, chez les sujets à peau fine.

Enfin le besoin de sommeil se manifeste après chaque bain, et les malades goûtent le sommeil de la nuit, qui manque en

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