‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies: professées à la Faculté de médecine deChapitre 17 sur 239 · CI. fiernard, Frerichs ont posé la question · texte numérisé non relu

CI. fiernard, Frerichs ont posé la question

Étude isolée de quelques éléments toxiques de certaines urines : Gabriel Pouchet.

Étude de la toxicité de l'urine prise dans son ensemble. Conclusion négative : Muron. — Conclusion positive : Feitz et Ritter, Bocci, Schiffer. — Etude sur certaines urines pathologiques : Lépine, Dupard, Guérin.

Expériences personnelles sur la toxicité de Turine normale injectée en masse par voie intra-veineuse. — Réponse à certaines objections faites contre cette méthode. — Choix du lapin comme animal réactif.

Phénomènes physiologiques consécutifs à Tinjection intra-veineuse d'urine normale : myosis, accélération de la respiration, torpeur, polyurie, hypothermie par diminution de la caloriûcation ; survie ou mort suivant la dose injectée. Discussion sur les causes possibles de la mort.

Déterminaftion de Tunité de toxicité. Urotoxie, coefficient urotoxique.

Toxicité différente des urines sécrétées pendant la veille et pendant le sommeil.

Nous avons dit que, si l'organisme fabrique des poisons et pourtant ne s'empoisonne pas, c'est parce que le foie en arrête une partie et que le reste est éliminé. La sauvegarde de l'économie réside dans un organe d'arrêt et dans des émonctoires. Nous avons admis cette idée à titre d'hypothèse, mais nous avons reconnu la nécessité de vérifier expérimentalement cette vue de l'esprit, si vraisemblable qu'elle nous parût.

Parmi les démonstrations possibles, nous avons choisi celle qui consiste à prouver que les émonctoires déversent vraiment à Textérieur des substances toxiques, que les produits excré* mentitiels sont toxiques. A cause de diverses raisons qu'il est

32 TOXICITÉ DES URINES

inutile de rappeler, nous nous sommes adressé, pour vérifier la toxicité deâ produits excrémentitiels , à ceux qu'élimine le rein, et nous avons adopté Tinjection intra-veineuse comme méthode expérimentale.

Les urines sont-elles toxiques? — A cette question on a répondu de tout temps affirmativement, si bien qu'on s'est habitué à ne plus même la poser. Sur cette idée indiscutée a été bâtie la théorie de Turémie. L'urine est toxique; donc, lorsqu'elle cesse d'être sécrétée, l'organisme s'empoisonne. C'est là une notion qui est, on peut le dire, dans la conscience médicale ; mais, vraisemblable à coup sûr, elle réclame une démonstration.

Cl. Bernard a fait surgir la question, puis Frerichs s'en est emparé. Médecins et physiologistes ont après eux cherché à l'envi quelles sont les matières auxquelles l'urine doit sa toxicité, ammoniaque, urée, etc. Dans toutes ces recherches ce n'est pas de l'urine elle-même qu'il est question, mais de certaines matières qu'on y trouve ou qui s'y développent par suite de modifications catalytiques, le carbonate d'ammoniaque par exemple. C'est l'étude de quelques substances toxiques de Turine qu'on a abordée ainsi d'abord, et non celle de la toxicité de Turine en nature.

On a incriminé les matières colorantes, odorantes^ et volatiles, les matières minérales, la potasse en particulier. Elles sont toxiques sans doute, mais elles ne constituent qu'une part de la toxicité des urines. «

M. Gabriel Pouchet a trouvé dans les urines normales des alcaloïdes, chimiquement semblables aux alcaloïdes toxiques.

En 1882, j'ai extrait de certaines urines, provenant de malades atteints de maladies infectieuses, des alcaloïdes avec lesquels j'ai pu produire expérimentalement la dilatation pupillaire, Taccélération des battements du cœur, efl'ets physiologiques qui les rapprochent de l'atropine. Mais il s'agissait là d'alcaloïdes anormaux ou du moins extraits des urines de gens malades.

C'est par des cheminements incessants, quoique dans des

Page 1