VINGT-NEUVIÈME LEÇON
(27 juin 1885)
CHOLÉRA (suite).
Objections à la valeur pathogéni(]ue du bacille-virgule. — Introduction du microbe par la voie hypodermique : les inoculations de M. Ferran. — Recherches expérimentales relatives à la valeur pathogénique du bacille-virgule. — L'antisepsie intestinale n'empêche pas les accidents cholériques. — Recherche d'un poison dans les déjections dee cholériques, dans leurs tissus et leurs sécrétions. — Les injections intra-veineuses d'urines de cholériques aux animaux reproduisent la plupart des symptômes du choléra.
Dans Tétude critique que j'ai faite de la pathogénie du choléra, j'ai examiné les prétentions du bacille de Koch. J'ai soulevé diverses objections capables de diminuer la confiance qu'on aurait pu avoir en sa valeur.
Le seul argument sérieux en faveur de l'opinion de Koch est la présence dans la deuxième portion de l'intestin des cholériques d'organismes spéciaux, qu'on ne trouve ni dans rintestin des gens bien portants, ni dans celui des hommes atteints d'autres maladies, la présence de ces organismes dès le début des accidents cholériques en quantité souvent considérable et à l'exclusion quelquefois de tout autre microbe dans le tube digestif. En dehors de cette constatation empirique, qui ne constitue qu'une présomption, tous les autres arguments qu'on a invoqués sont illusoires.
La démonstration désirable était d'obtenir l'organisme suspect à rétat de pureté, et, par son introduction chez un être sain, de reproduire la maladie cholérique. On n'avait cru possible de tenter cette expérience que sur des animaux. Or, les animaux ne contractent pas cette maladie. Us ont toujours été