‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies: professées à la Faculté de médecine deChapitre 194 sur 239 · INJECTION D*URINES CHOLÉRIQUES · texte numérisé non relu

INJECTION D*URINES CHOLÉRIQUES

perfectiODDés de coloration (comme dans le tubercule ou la lèpre]. Ainsi il y a des microbes qui demeurent invisibles pour nous; l'agent du choléra est peut-être de ceux qui requièrent, pour être découverts, un procédé technique spécial.

On aurait pu essayer de faire des cultures avec les urines des cholériques; je ne Tai pas tenté, car je n'avais en ma possession que des urines de femmes, et qu'on est toujours exposé à rencontrer dans leurs urines quelques-uns de ces agenfs infectieux qui pullulent facilement sur les parties génitales externes de la femme dans des conditions si favorables de température et d'humidité.

Mais nous n'avons pas besoin de ces moyens pour trancher la question. Si la maladie que nous avons communiquée aui animaux par injections intra-veineuses d'urines tcholériqaes reconnaissait un processus infectieux, nous aurions dû constater une phase d'incubation qui a fait totalement défaut. Nous avons vu tous les accidents apparaître aussitôt après l'introduction d'urine et se dérouler sans interruption. C'est un argument décisif que cette absence totale d'incubation.

En outra, si la maladie que nous avons déterminée était d'ordre infectieux, peu importerait la quantité d*urine injectée: les agents infectieux, par leur multiplication, détermineraient toujours les mêmes accidents, quelle que fût la dose d'urine cholérique introduite dans l'organisme. Or, il n'en a pas été ainsi: nous avons toujours observé une proportionnalité exacte entre la quantité d'urine injectée et la gravité de la maladie.

Deux animaux ont survécu, n'ayant reçu que 12 centimètres cubes.

Ceux qui sont morts ont toujours reçu plus de 17 centimètres cubes, et jusqu'à 90 centimètres cubes.

Pour les deux raisons précédentes, je conclus à la nature toxique de la maladie expérimentale consécutive aux injections d'urine de cholériques.

J'ai fait évaporer à siccité des urines cholériques et obtenu, par les mêmes procédés que j'emploie pour les urines normales.

EXTRAITS d'urines CHOLÉRIQUES 287

deux extraits, l*un contenant les substances solubles dans Talcool, l'autre les substances insolubles dans Talcool.

J*ai intoxiqué des animaux avec ces deux extraits, mais les accidents observés n'ont pas été les mêmes dans les deux cas.

Après l'injection de l'extrait alcoolique d'urine normale, on constate la salivation, le coma et la mort, si la dose est suffisante; sinon, lanimal revient à la santé en moins d'une demiheure.

Avec l'extrait alcoolique d*urine de cholériques, on obtient rarement la salivation, quelquefois la somnolence, mais les animaux restent malades ; ils ont de l'albuminurie, de la diarrhée et meurent dans un délai de deux jours. Ces derniers accidents, albuminurie, diarrhée incolore, et mort en l'espace de deux jours, sont les mêmes qu'avec l'injection de Turine cholérique en 'totalité. Mais je n'ai pas obtenu la cyanose et les crampes avec l'extrait alcoolique seul.

Avec l.'extrait aqueux des urines cholériques contenant les matières insolubles dans l'alcool, j'ai vu, comme avec les urines normales, le myosis et, à dose suffisante, des convulsions, mais nullement semblables aux spasmes que déterminent les urines totales des cholériques. Enfin, la mort ne s'est montrée avec l'extrait aqueux d'urine cholérique qu'à des doses plus considérables qu'avec l'urine cholérique en totalité. Quand la mort s'est produite, elle a toujours été immédiate, jamais tardive. Jamais je n'ai constaté ni albuminurie, ni diarrhée, et tous les animaux qui ont survécu sont revenus à la santé après cette courte maladie toxique d'une demi-heure.

Il existe donc dans l'urine des cholériques quelque chose que Talcool emporte, qui est dilTérent des substances vulgaires de l'urine, quelque chose qui peut être séparé des autres parties; en un mot, un poison morbide spécial.

Parmi les accidents toxiques causés par l'extrait alcoolique d'urine cholérique, nous voyons manquer les crampes. Les attribuons-nous indûment au poison cholérique?

A côté des choses spéciales propres à l'empoisonnement

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