EFFETS PHYSIOLOGIQUES DE L'INJECTION D'URINE
Les phénomènes que je vais décrire ont été observés exclusivement chez le lapin. Le lapin mérite d'être choisi quand il s'agit de pratiquer l'injection intra-veineuse. La veine marginale postérieure de la face dorsale du pavillon de Toreille se laisse facilement pénétrer, sans dénudation préalable, par la canule de Pravaz. On peut même chez le lapin pénétrer directement dans Tartère médiane de l'oreille. Le choix de cet animal diminue singulièrement les difficultés et surtout les lenteurs des injections intra-veineuses. Le cochon, qui offre le même avantage, ne se prête guère aux expériences du laboratoire ; car il y a des nécessités budgétaires devant lesquelles il faut s'incliner.
Le premier phénomène qui suit l'injection intra-veineuse d'urine normale est la contraction pupillaire : après l'injection de 10, 12, 15 centimètres cubes d'urine apparaît un myosis qui s'accentue de plus en plus jusqu'à ce que l'ouverture pupillaire soit devenue punctiforme.
Peu après le début de l'injection, on note l'accélération des mouvements respiratoires avec diminution de leur amplitude. Puis l'animal s'affaiblit, ses mouvements deviennent indécis et pénibles; la somnolence arrive.
On remarque aussi l'augmentation de la sécrétion urinaire et la fréquence des émissions d'urine. L'urine augmente plus qu'aucun autre corps la sécrétion urinaire; la diurèse provoquée par l'injection d'eau distillée n'est pas comparable à celle que produit l'injection d'urine normale.
En même temps la température baisse. Cet abaissement est constant, il est vrai, après toute injection intra-veineuse de liquide, mais il est beaucoup plus considérable après l'injection d'urine. La quantité de calories perdue par l'animal est supérieure à celle qui est nécessaire pour élever à la température du sang la quantité du liquide injecté. C'est un abaissement thermique qui tient à une diminution de la calorification; la température du lapin tombe de 39*" à 37*", à 32^ ; l'hypothermie à elle seule pourrait, dans quelques cas, expliquer la mort.
On constate encore la diminution des réflexes palpébraux et