POISONS ENGENDRÉS PAR LA PUTRÉFACTION
Les acides acétique, butyrique, valérique, suifhydrique, rammoniaque et les ammoniaques composées; la leucine, la leucéine, la tyrosine, Tindol, le scatol, le crésol, le phénol, les hydrogènes carbonés sont tous toxiques. Tous peuvent et doivent contribuer pour leur part à la toxicité des matières putrides prises en bloc.
Tout ce qui vient d'être dit de la putréfaction in vitro est applicable à la putréfaction dans les voies digestives, car le tube digestif est un véritable appareil à putréfaction. L'humidité, la chaleur, les germes venus de l'atmosphère concourent à produire la putréfaction dès que Tacide chlorhydrique ou la bile ont disparu ou changé de nature, et les résidus ali* mentaires non digérés, la peptone non encore absorbée, sont livrés sans défense aux agents infectieux.
Théoriquement, dans la deuxième et surtout la troisième partie de l'intestin doivent se passer les mêmes phénomènes et se développer les mêmes corps que la chimie a révélés dans la putréfaction expérimentale.
En fait, on trouve dans les matières fécales les alcaloïdes de la putréfaction (je l'ai montré en 1882); ils peuvent s'y développer même par l'influAice d'un ferment non figuré, la trypsine. — Dès 1881, Tanret avait vu que l'éther et la soude enlèvent aux peptones des substances ayant les caractères des alcaloïdes et qui, malgré certaines analogies de réaction chimique, diffèrent déjà des peptones par leur solubilité dans l'éther. — En 1883, Brieger a démontré que des alcaloïdes se développent pendant les actes de la peptonisation.
Les matières fécales contiennent encore Texcrétine, dont Marcet a indiqué la présence et la toxicité.
Si forte que fût la présomption «en faveur de la toxicité des matières fécales, il fallait la démontrer péremptoirement.
En 1853, Stich a montré que la matière fécale est toxique, mais non pour l'individu qui la produit, parce qu'il introduisait dans l'intestin d'un animal les matières fécales d'un autre. En