‹ Leçons sur les auto-intoxications dans les maladies: professées à la Faculté de médecine deChapitre 70 sur 239 · VARIÉTÉ DES FORMES CLINIQUES DE L'URÉMIE · texte numérisé non relu

VARIÉTÉ DES FORMES CLINIQUES DE L'URÉMIE

OU paroxystiques caractérisés par la céphalée, la dyspnée du type Cheyne-Stokes, les vomissements, la diarrhée, les convulsions, le coma, en même temps que persistent un certain nombre des accidents de la phase préparatoire. On trouve encore les œdèmes, qui augmentent ou diminuent, des modifications de la calorification , quelquefois l'hypothermie, qui peut manquer et faire place même à Thyperthermie.

Les troubles nerveux peuvent être isolés ou associés, et déjà, à ce point de vue comme à celui de la coexistence de symptômes étrangers, de la présence ou de Tabsence d'hypothermie, les cas d'urémie observés en clinique se montrent si différents les uns des autres, que nous devons penser à l'existence de conditions pathogéniques diverses et mixtes.

Nous allons donc avoir affaire probablement, non pas à une intoxication unique, mais à des causes multiples qui peuvent être isolées ou associées, en sorte que, si une expUcation est valable pour un cas, elle ne Test pas nécessairement pour d'autres, et qu'une théorie fausse dans un cas peut ne pas l'être dans les autres. Si l'on veut embrasser Tétude pathogénique de l'urémie, il faut se persuader qu'on ne doit pas se proposer une explication unique de tous les accidents nerveux qui peuvent apparaître au cours d'une maladie du rein.

La clinique s'est d'ailleurs efforcée de grouper suivant leurs ressemblances symptomatiques un certain nombre de cas particuliers, en appelant à son aide l'anatomie pathologique.

Il existe une forme symptomatique caractérisée par l'hydropisie antérieure, survenue longtemps ou peu auparavant. On a vu les œdèmes s'accroître, les urines devenir moins abondantes, leur densité augmenter (une quantité plus grande de matières solides se trouvant dans l'unité de poids), ou demeurer la même. Le malade n'a' ni diarrhée, ni vomissements, ni autre flux capable d'emporter de l'eau, et il y a de l'oligurie; il y a donc rétention d'eau dans l'organisme. Les autres sécrétions normales persistent, la langue est humide. On cherche vainement l'ammoniaque dans l'air expiré. Dans ce cas se trouvent

réunies toutes les conditions de rhydrémie ou de la pléthore hydrémique. Les urines continuant à emporter la quantité totale des matières solides qui doivent s'éliminer par la voie rénale, il n'est pas possible d'expliquer par Fintoxication les accidents qui vont survenir. Il y a, au contraire, une accumulation d'eau indubitable dans l'organisme. Alors cette idée a surgi que c'est à Taccumulation de Feau que sont dus les accidents dits urémiques.

Traube, en effet, a pensé que la conséquence de l'hydrémie était une tendance aux œdèmes, et notamment à l'œdème cérébral. Coindet et Odier ont vu là des conditions suffisantes pour expliquer le développement d'une hydropisie vcptriculaire. D'après cette manière de voir, Fœdème interstitiel ou Fhydropisie ventriculaire, comprimant de dedans en dehors la masse encéphalique, diminuent Fespace laissé libre au sang; de là une anémie cérébrale entraînant la production d'accidents comateux, si Fanémie est surtout accentuée au niveau des circonvolutions, ou des convulsions, si elle prédomine dans le mésocéphale.

Si l'on voulait fournir, comme Traube, une explication générale des faits réputés urémiques, sa théorie serait fausse, et elle l'est effectivement, telle qu'il Fa formulée. En effet, dans Fimmense majorité des cas suivis d'autopsie, Fœdème cérébral, Fhydropisie ventriculaire, Fanémie cérébrale font défaut. Non seulement Févaporation n'a pas démontré Fexistence d'une plus forte proportion d'eau dans les tissus encéphaliques qu'à Fétat normal; mais, au lieu d'anémie, il est facile de constater la congestion poussée jusqu'à la sugillation sanguine et aux ecchymoses. Ce sont là des cas qui repoussent sa théorie. Mais, en outre, celle-ci a toutes ses preuves à faire pour les cas où sa fausseté n'est pas démontrée; sinon, elle demeure une pure hypothèse qui ne repose sur aucun fondement d'observation directe. Elle est fausse même comme théorie, car ub certain nombre de raisons physiologiques invoquées par Traube sont inadmissibles.

Dans un grand nombre de cas, on voit des accidents urémi-

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