SES EFFETS SUR LES MUSCLES
insensible dans les trois membres' intacts, c’est-à-dire que, lorsqu’on pince ses pattes; elle ne remue pas; mais il en résulte des mouvements dans la patte liée.
A deux heures et demie, on a les mêmes phénomènes ; à deux heures quarante minutes, quand on pince la patte postérieure intacte, aucun mouvement ne se manifeste. Mais quand on pince les pattes antérieures, on a des mouvements dans la patte postérieure liée.
Au bout d’un certain temps de repos, lorsqu’on pince la patte postérieure intacte, on observe des mouvements dans la patte postérieure liée ; — quand on remue la plaque de liège sur laquelle la grenouille est fixée, il survient des mouvements dans la patte liée. On observe alors uné différence de teinte singulière dans la peau de la grenouille : la peau delà patte liée est d’une couleur plus claire que celle du reste du corps. ’
On laisse alors reposer la grenouille pendant un quart d’heure, et après ce temps, quand on vient à pincer successivement les trois pattes empoisonnées, on a toujours des mouvements dans la patte liée, non empoisonnée.
CODRS DE MÉD. — T. I. 21
Fig. 22.
Digitiicd by Gou>^le
CURARE
Le 7 décembre, à onze heures du matin, il n’y a plus de mouvements dans la patte liée quand on pince les autres. On découvre les muscles du mollet sur les membres postérieurs droit et gauche ; on excite par la pince électrique, et on constate une contraction trèsévidente et à peu près égale dans les deux membres.
On conserve la grenouille dans une assiette, sous une cloche, dans l’amphithéâtre; la température est de 8 à tO degrés.
Le 8 décembre, les muscles des mollets sont contractiles ; mais les muscles du côté de la patte liée le sont plus faiblement que ceux du côté où le curare a agi.
Le 9 décembre, le muscle du mollet de la patte liée n’est plus excitable au courant électrique ; l’autre réagit très-énergiquement encore sous un courant de même intensité.
Le 10, les mômes phénomènes continuent.
Le 11, également; — le 12, la contractilité du membre empoisonné existe encore, mais faible.
Le 15, toute trace de contractilité a disparu.
Nous voyons, dans cette expérience, le môme résultat qui s’est produit sur une grenouille un peu moins vivace : la contractilité a duré pendant six jours dans le membre empoisonné, tandis qu’au bout de trois jours elle avait disparu dans le membre non empoisonné.
Quelle pourrait être la cause de cette durée plus considérable de la contractilité musculaire dans les muscles empoisonnés par le curare? Est-ce l’effet du poison lui-même, ou bien la possibilité qu’ont ces