‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteuses (volume 2)Chapitre 67 sur 120 · SON DOSAGE · texte numérisé non relu

SON DOSAGE

4/8 ou de 1/2 centimètre cube qu’il perdit le mouvement, c’est-à-dire après avoir reçu dans le sang environ 2 milligrammes de curare.

Ce lapin pesant sensiblement 1 kilogramme, peuton en conclure que, pour obtenir chez un autre animal l’effet produit chez lui, il faille lui injecter dans le sang une quantité de curare égale à 0 gr., 002 par kilogramme de son poids ?

Nous avons pris un animal de 66 kilogramnies : c’était un chien. Enlui injectant 33 centimètres cubes de notre solution titrée, nous avons obtenu immédiatement des effets beaucoup plus violents, et ce chien a fini par succomber.

Ce n’est donc pas au poids de l’animal qu’on doit mesurer la dose de poison ou de médicament destiné à produire un effet donné. Un petit animal supporterait des doses relativemeut plus considérables que celles ^qui tueraient un animal de forte taille. Si j’insiste sur ce point, c’est qu’il y a aujourd’hui une tendance très-marquée à simplifier les phénomènes de la chimie physiologique, en les rapportant à un poids constant de l’organisme.

Le poison agit uniquement dans le sang, par sa quantité absolue à un moment donné, et plus un animal a de sang, plus l’action du poison se trouve affaiblie. Pour que le calcul sur lequel était basée l’expérience que je viens de rapporter fût exact, il eût fallu que la quantité de sang eût été dans un rapport direct avec le poids de l’animal. Gela a été admis par quelques physiologistes qui ont calculé, d’après des évalua-

CDRARE.

lions analogues ; ce qui est tout à fait inexact.

Lorsque nous avons traité la question delà dépense d’oxygène dans la respiration, nous vous avons rapporté des expériences nombreuses, dans lesquelles cette dépense avait été ramenée à la consommation par kilogramme d’animal et par heure. Or nous trouvons, dans les expériences mêmes de MM. Régnault et Reiset, la preuve évidente qtie cette manière d’opérer ne conduit pas à des résultats rigoureusement comparables, et qu’on aurait tort de conclure d’un individu à l’autre, même quand il serait de la même espèce.

Le kilogramme d’un gros lapin respirera moins que le kilogramme de petit lapin.

Exemple;

La dépense d’oxygène, par kilogramme et par heure, est pour

Un lapin du poids de 4,048 grammes 0*',897

Trois lapins pesant ensemble 6,048 grammes. t«',093

Le kilogramme de petits lapins exigerait certainement aussi plus de poison pour mourir, comme il veut plus d’oxygène pour vivre.

Lorsque les animaux sont de taille très-différente, l’exemple est encore plus frappant. v .

Ainsi la consommation, d’oxygène, par kilogramme et par heure, a été trouvée telle : i

Une poule de 1,623 grammes consommerait par kilogr. . . . 1(',109 Un verdier de 23 grammes — — .... 13«',000

— de 17 grammes — — .... 14*'', 057

C’est là ce qui a fait dire que la vie était plus active

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