UR LES CHYLIFÈRES
tion blanche des chylifères ; si l'on détruit le pancréas, on ne la retrouve plus.
Les particularités de cette expérience par lesquelles nous avons été conduit à nous demander si l'éther ne dissolvait pas un principe gras de la bile, qu'émulsionnerait eusuite le suc pancréatique, donnent encore une excellente démonstration du fait signalé par nous et sur lequel nous avons longuement insisté dans le cours de l'été dernier, celui de l'émulsion des matières grasses par le suc pancréatique. Ce n'est en effet qu'à partir et au-dessous du point où le conduit pancréatique s'ouvre dans le duodénum que les vaisseaux chylifères nous ont présenté cette lactescence qui en rendait le réseau si apparent.
Ainsi les traces excessivement faibles de matière grasse peuvent donner naissance à du chyle blanc qui ne paraît pas susceptible de se produire sans la présence de ces matières grasses.
Depuis que nous avons publié nos expériences sur le rôle remarquable du suc pancréatique dans la formation du chyle, on a écrit que le chyle blanc pouvait se former sans l'intervention du suc pancréatique, et on a cru fournir, à l'appui de cette proposition, des expériences faites sur la vache dans lesquelles on aurait obtenu le chyle blanc par une fistule faite au canal thoracique, après avoir préalablement détourné le suc pancréatique de l'intestin, soit au moyen d'une fistule permanente, soit en liant le canal pancréatique qui s'ouvre dans le duodénum.
Les résultats de cette expérience sont incomplets
et les conclusions qu'on en a tirées sont par conséquent fausses; car, lorsqu'on a lié le conduit pancréatique du bœuf ou de la vache qui s'insère dans le duodénum, on n'a pas pour cela enlevé tout le suc pancréatique de l'intestin.
II existe d'autres conduits plus petits que l'auteur de ces observations ne connaissait sans doute pas, et qui viennent s'ouvrir dans le canal cholédoque. J'en ai
CP
FiG. 92-
Pancréas de vache dont le conduit principal s'ouvre en CP dans le duodénum T, mais l'extrémité supérieure p du pancréas entoure le conduit cholédoque CB, et des canaux secondaires s'ouvrent en ce point dans h; conduit biliaire. Souvent ces canaux pancréatiques secondaires communiquent avec je grand conduit pancréatique CP, et quand on injecte de l'eau par ce dernier, on la voit revenir par le canal biliaire; — C, extrémité de la caillette ; — a, a, vaisseaux sanguins coupés ; — P, corps du pancréas.