RESPIRATION, COMBUSTION
l'animal périt comme la chandelle s'éteint. Mais ce qui n'a pas lieu de surprendre pour la chandelle se comprend moins lorsqu'il s'agit d'un être vivant, prenant l'oxygène dans d'autres conditions.
Celte mort, instantanée pour les oiseaux, est plus lente pour les mammifères, plus encore pour les reptiles, très-difficile à produire chez les insectes, au point qu'on peut garder vivants certains insectes, tels que les blattes, sous la machine pneumatique ou dans un gaz délétère pendant des semaines, après quoi les animaux reviennent lorsqu'on les remet à l'air. Quant à l'homme, il succombe presque instantanément aussi dans un milieu irrespirable. Et cependant son sang contient encore beaucoup d'oxygène. Magnus a trouvé que le sang artériel pouvait abandonner 40 volumes pour 400 de gaz, et que sur ces 40 volumes il y avait un quart d'oxygène. Le sang veineux lui-même en contient aussi.
En réalité, Messieurs, l'animal ne meurt pas, dans ce cas, comme une flamme, par arrêt de la combustion, par défaut absolu d'oxygène.
Bichat, qui, dans ses Recherches physiologiques, a toujours matérialisé la mort en réduisant les phénomènes vitaux à des propriétés de tissu, a donné des théories de la mort par le cœur, par le poumon, par le cerveau; mais toujours le point de départ est, pour lui, dans une lésion anatomique persistante des solides ou des liquides; l'influence délétère qu'il acccorde au sang veineux sur le fonctionnement des organes n'est pas autre chose. On peut cependant injecter du sano-