‹ Leçons sur les effets des substances toxiques et médicamenteusesChapitre 8 sur 146 · DEUXIÈME LEÇON · texte numérisé non relu

DEUXIÈME LEÇON

5 mars 1856.

SOMMAIRE : Objet du cours. — Ce qu'on entend généralement par substances toxiques et subtances médicamenteuses. — Impossibilité de les définir. — Inutilité de cette définition. — Composition chimique élémentaire de l'organisme animal. — Quelle est l'influence propre des éléments dans les propriétés des principes immédiats des êtres vivants.

— Constitution de ces principes immédiats. — Localisation des actions toxiques. — Innocuité des toxiques localisés en dehors de leur champ d'action. — Des poisons dans les trois règnes, — Mode d'action des poisons : sur les grands systèmes, sur les appareils de la vie de nutrition.

— De la neutralisation des poisons en général.

Messieurs,

Nous devons nous occuper dans ce cours des substances toxiques et médicamenteuses. On a beaucoup écrit sur ce sujet, et. les traités de matière médicale et de toxicologie renferment, outre des notions thérapeutiques et physiologiques pleines d'intérêt, des généralités sur lesquelles nous ne croyons pas devoir insister maintenant. Nous examinerons quelquesunes de ces substances dans leurs effets ; et si cette étude nous conduit à quelques vues d'ensemble, à quelques lois générales, leur exposition trouvera na- : turellement sa place à la suite des faits qui leur auront donné une raison d'être.

Il n'est cependant pas sans intérêt de rappeler ici quelques-unes des opinions anciennement émises;

d0 ALIMENT, POISON, MÉDICAMENT

moins pour ce que peut apprendre leur examen rapide que pour donner une idée des différentes manières de voir d'après lesquelles on a envisagé la question qui nous occupe.

Dans les définitions données d'après la considération de l'action de certains groupes de substances sur l'organisme, on est tombé d'accord pour les diviser en aliments, poisons, médicaments.

L'aliment serait la substance nécessaire à l'entretien des phénomènes de l'organisme sain et à la réparation des pertes qu'il fait constamment. On a placé à côté des aliments des principes d'un autre ordre, n'intervenant plus comme agents directs de réparation ma-| térielle, mais à titre d'excitateurs ou de modificateurs, dont l'action est nécessaire comme condition géné- 1 raie de l'accomplissement des phénomènes de la vie. Tels sont l'oxygène, la lumière, l'électricité, etc. 11 est clair que ces agents peuvent aussi devenir médicaments.

Le médicament serait inutile à la nutrition et impropre à devenir partie constituante des organes ; mais il place l'organisme dans des conditions particulières qui en modifient heureusement les procédés physiques et chimiques lorsqu'ils ont été troublés.

Le poison, nuisible à l'organisme, y produirait des désordres graves ou la mort.

En un mot, l'aliment entretient la vie; le poison la \ détruit ou tend à la détruire; le médicament rétablit la santé ou tend à la rétablir.

On comprend tout de suite l'insuffisance de pareilles

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