‹ Leçons sur les hernies abdominalesChapitre 1 sur 28 · VI AVANT-PROPOS · texte numérisé non relu

VI AVANT-PROPOS

ciatioii des accidents herniaires, on ne prenait pas soin de bien distinguer ceux qui appartenaient à Tépiplocèle, de ceux qui étaient propres à Tentérocèle, on restait dans l'incertitude sur les caractères cliniques de T étranglement; on propageait, pour le traitement de cette grave complication, les préceptes les plus contradictoires.

A M. Malgaigne revient Thonneur d'avoir ramené l'attention et la discussion sur divers points essentiellement cliniques. Ses observations sur les variétés de bandages et sur l'insuffisance de ces appareils chez beaucoup de sujets, ses publications sur la péritonite herniaire, ses critiques sur certaines opérations intempestives, ont éveillé la sollicitude des praticiexis et ouveii; la voie à de nouvelles investigations.

Dès i 846, j 'ai suivi les errements de cet éminent chirurgien. J'ai cherché à combler, par l'observation clinique, les lacunes laissées par nos prédécesseurs. J'ai recueilli, pour les comparer à mesure qu'ils s'accumulaient, tous les cas d'étranglement herniaire pour lesquels j'étais appelé à donner des soins. J'ai trouvé dans l'emploi du chloroforme un nouveau moyen d'étude en même temps qu'un nouveau moyen thérapeutique.

J'ai bientôt reconnu que la doctrine du pseudoétranglement avait fait, parmi les chirurgiens, trop de partisans, et, parmi les malades, quelques

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victimes. Recouuaissant cependaut que M. Malgaigue avait eu raison de s'élever contre les opérations prématurées et intempestives Je suis arrivé à faire la part de la doctrine nouvelle en lui abandonnant les hernies épiploiques, mais en lui enlevant presque tous les cas d'entérocèle dont elle s'était emparée.

J'ai pu poser ainsi, pour le traitement de la hernie étranglée, et surtout pour le taxis, des règles plus précises que celles dont on s'était contenté jusqu'à présent.

Mes études cliniques, leur combinaison avec celles de nos prédécesseurs et de nos contemporains, quelques recherches anatomiques qui me sont propres sur les conséquences de la transformation du tissu conjonctif en tissu fibreux, ont donné à cette partie de mon cours de pathologie externe une physionomie spéciale.

Frappé de ces innovations, M. Labbé, un de mes auditeurs les plus zélés, m'avait depuis quelques années exprimé le désir de publier mes leçons. Par deux fois, en 1860 et 1862, il avait recueilli celles que je professais dans l'amphithéâtre delà Faculté de médecine de Paris. Il avait également tenu note des exposés cliniques qu'il m'avait entendu faire à l'hôpital Cochin , à Beaiijon et à la Pitié.

J'ai pu croire un moment que, passé à son tour

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au rang des maîtres, mon ancien élève allait renoncer à son projet. 11 a tenu, au contraire, à r exécuter, et je suis heureux de lui en témoigner publiquement ma reconnaissance. Sa plume est aujourd'hui celle d'une autorité, et mes convictions, par cela même qu'elles sont aussi les siennes, ne pourront que frapper davantage l'attention des chirurgiens.

J'ai encore à remercier M. Labbé d'avoir fondu dans une même rédaction, et les développements pathologiques plus particulièrement donnés dans l'amphithéâtre, et les détails thérapeutiques ou opératoires plus longuement exposés à l'hôpital.

D'ailleurs, l'empressement qu'a mis M. Labbé à me remettre son manuscrit et à accepter tous les changements que je lui ai proposés, le soin qu'il a bien voulu prendre de me laisser tout le temps la parole, m'autorisent à assurer le lecteur que je prends sous ma responsabilité toutes les opinions exposées dans cet ouvrage.

Paris, le V octobre 1864.

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