ORIGINE CÉRÉBRALE DU FAISCEAU PYRAMIDAL
rencontre l’iin de l’autre. L’un, le premier en date (ce dont on peut juger d’après l’étude du cerveau d’enfants moins âgés) repose sur les masses ganglidtinaires centrales, où il
F’iÿ. 56. — Coupe verticale antéro-postérieure, un peu en dehors de la face interne de l’hémisphère. On y reconnaît des parties diversement colorées, les unes blanches, les autres grises. — AR représente l'anse rolandique sous-jacente à la scissure de Rolande SR. — C, capsule interne émergeant de la masse grise centrale.
paraît avoir son centre de formation, et s’avance dans la direction du sillon de Rolande. L’autre forme une espèce d’anse blanche circonscrivant la dépression du sillon de Rolande au-dessous de l’écorce grise (M. Parrot l’appelle anse rolandique), et se porte au-devant du faisceau précédent.
Ces tractus blancs, vous le voyez bien, répondent tout à fait par leurs rapports anatomiques à la description que donne Fleclisig du trajet intra-liémispliérique des faisceaux pyramidaux; seulement, et c’est ici que l’opinion risquée par M. Flechsig se heurte aux résultats obtenus par M. Parrot, il existerait pour cette partie du faisceau pyramidal, deux centres de formation ; l’un siégerait dans un point quelconque des noyaux centraux, il serait le premier par
RliGIONS MOTRICES.
l'àge; l’autre aurait sou point de départ dans la substance grise des circonvolutions rolandiques, autrement dit des zones motrices. Somme toute, je vous le répète, il n'y a guère que ce seul objet de dissidence entre les deux observateurs, et l’on peut, dès à présent, conclure des recherches de M. Flechsig, que de toutes les régions du manteau de l’hémisphère, ce sont les régions dites motrices qui se développent les premières et qui, les premières, se mettent en rapport avec le système bulbo-spinal par l’intermédiaire des faisceaux pyramidaux.
Ici se terminent. Messieurs, les considérations que j’ai voulu vous présenter concernant l’anatomie du système des faisceaux pyramidaux, faite d’après les documents fournis par l’examen du développement des centres nerveux. Cet exposé préliminaire, un peu long peut-être, était indispensable pour entreprendre l’étude des lésions systématiques des faisceaux pyramidaux, connues sous le nom de dégénérations secondaires. Ces lésions ne sont pas intéressantes au seul point de vue de l’anatomie pathologique pure : il s’y rattache un ensemble de faits cliniques qui les rendent dignes de toute l’attention des médecins.
Charcot.
QUATRIÈME LEÇON
Dégénérations secondaires. — Dégénération dn faisceau pyramidal dans le pédoncule, la protubérance, le bulbe, la moelle épinière. — Dégénération exceptionnelle du faisceau interne du pédoncule. — Division de l’étage inférieur du pédoncule en trois régions.
Sommaire. — Introduction à l’étude des dégénérations secondaires. — Dégénérations de cause cérébrale ; elles sont descendantes. — Dégénérations de cause spinale ; elles sont tantôt descendantes, tantôt ascendantes. — Dégénérations de cause périphérique.
Conditions de la dégénération descendante de cause cérébrale. — Une question de localisations domine la situation. — La nature de la lésion importe peu, pourvu que cette lésion soit destructive. — Lésion consécutive du pédoncule ; elle divise l’étage inférieur en trois régions. — Dégénération dans la protubérance, dans le bulbe, dans la moelle épinière.
Localisation de la lésion dégénérative dans la région opto-striée. — Etudes de M. Flechsig. — Le faisceau pyramidal proprement dit n’est pas seul capable de dégénération descendante. — Dans la capsule interne il occupe au moins les deux tiers antérieurs du segment postérieur. — Le faisceau postérieur (fibres sensitives de Meynert) ne dégénère jamais.
Messieurs,
Après les préliminaires qui nous ont jusqu’à présent occupés, nous pouvons entrer aujourd’hui dans le domaine de l’anatomie pathologique. Je me propose de traiter devant vous des lésions systématiques de la moelle épinière.
Je commencerai l’étude des formes diverses qui composent cette classe, par les altérations connues généralement sous le nom de ûé générations secondaires.
DKGKNKRATIOXS .SECONDAIRES.
Le.s lésions dont il s'agit sont dites secondaires parce qn’elles se produisent consécutivement à une autre lésion, lésion en foyer le plus souvent, développée primitivement dans différentes parties du névraxe, cerveau proprement dit, bulbe, moelle épinière, ou même dans les nerfs périlibériques. Une fois nées, ces lésions consécutives peuvent acquérir une individualité, une autonomie réelle, et il s’y
rattache quelquefois toute une histoire clinique qui se sur-
ajoute à l’histoire de la maladie originelle et qui parfois même la domine.
A ce point de vue, les plus intéressantes des lésions secondaires sont celles qui affectent le système des faisceaux pyramidaux. Je relèverai par avance. Messieurs, que toutes les lésions sj'stématiques des faisceaux pyramidaux ne sont pas secondaires ; il est des lésions de ce genre (et c’est là un point sur lequel j'aurai à insister par la suite) qui se développent à titre d’affections primitives, protopathiques, c’est-à-dire en dehors de toute influence d’une lésion primordiale.
Je ne saurais trop insister, Messieurs, sur ce point que l’histoire des dégénérations spinales secondaires est tout à fait digne de fixer l’attention du médecin. Si en effet ces lé- ‘ sions ont pu pendant longtemps être considérées comme un ; objet de pure curiosité scientifique, comme propres seule-, i ment à intéresser le physiologiste ou l’anatomiste, on peut i affirmer qu’il n’en est plus de môme aujourd’hui. Les travaux récents ont suffisamment mis hors de doute que ces