‹ Lecons sur les localisations dans les maladies du cerveauChapitre 102 sur 200 · LÉSION CÉRÉBRALE · texte numérisé non relu

LÉSION CÉRÉBRALE

sions descendantes consécutives. Vous le voyez, Messieurs, une question de localisations domine en quelque sorte la situation.

2® Quant à la nature de la lésion originelle, rien n’est plus variable. Tumeurs intra ou extra-encéphaliques, foyers d’hémorrhagie ou de ramollissement, toutes les altérations possibles auront le même caractère, pourvu toutefois, —et c'est là une condition sine ([uânon^ — pourvu que la lésion üo\i désir uclicc, c’est-à-dire qu’elle produise, dans le lieu oii elle s’établit, une véritable ])erte de substance aux dé- ]iens des éléments nerveux. Aussi les anciens foyers d’hémorrhagie ou de ramollissement ligurent-ils beaucoup plus communément parmi les lésions qui causent les dégénérations secondaires que ne font la plupart des tumeurs, celles-ci pouvant déprimer ou refouler les éléments nerveux sans les-détruire.

3“ En dehors d’un cas particulier qui sera mentionné en temps et lieu, les dégénérations de ce groupe ont pour caractère général d’afi'ecter exclusivement le système des faisceaux pyramidaux et de se limiter, de se cantonner dans ce système.

Si la lésion primordiale n’occupe qu’un des deux hémisphères, la dégénération se propage dans le faisceau pyramidal croisé du côté opposé; si, au contraire, il existe un foyer dans chacun des deux hémisphères, les deux moitiés du système pyramidal peuvent être simultanément envahies.

Et je le répète à dessein. Messieurs, il s’agit là d’une lésion systématique par excellence. Les faisceaux voisins restent toujours indemnes, et (à moins de circonstances particulières que nous aurons à relever) la substance grise et les racines des nerfs périphériques demeurent également intactes.

DÉGÉNÉKATION PYRAMIDALE.

4° Pour ce qui est de la nature de la dégénératioa au point de vue anatomique, c’est là une question que je réserve. Est-elle le résultat d'un processus purement passif, comme le veulent quelques auteurs, ou, au contraire, irritatif, comme d’autres le prétendent? Ou bien les deux opinions doivent-elles être combinées, en ce sens que, passif

Fifl. 57. — A, dégénération dans le pédoncule cérébral (faisceau pyramidal'. — B, faisceau pédonculaire interne, dégénérant quelquefois, mais exceptionnellement. — C, faisceau externe (centripète ?), ne dégénérant jamais. — D, protubérance ; elle est asymétrique, déprimée du côté de la lésion. — E, pyramide dégénérée grisâtre, atrophiée, s’entrecroisant en F avec celle du côté opposé.

dans une première période, le processus deviendrait actif dans une deuxième? Voilà des questions intéressantes sans doute, mais, je vous le répète, nous ne les aborderons que par la suite. Pour le moment, je veux me borner à considérer la topographie des dégénérations secondaires, et vous allez voir, ainsi que je vous l’annonçais tout à l’heure, qu’il s’agit bien là de lésions systématisées dans le domaine des faisceaux pyramidaux.

DÉGÉNÉRATION l'ÉDONCULAIRE.

Prenons la lésion secondaire au moment où elle émerge, en quelque sorte, de la profondeur de l’encéphale. Elle apparaît d’abord dans le pédoncule; nous la suivons ensuite dans la protubérance, puis dans le bulbe, enfin dans les diverses régions de la moelle épinière.

Remarquez d’abord. Messieurs, que si la lésion est très prononcée et très ancienne, passez-moi l’expression, elle vous sautera aux yeux. Du même coté que la lésion hémisphérique, vous reconnaissez une atrophie réelle de l’étage inférieur du pédoncule, de la protubérance, de la pyramide correspondante, laquelle présente en même temps une teinte grise. {^Fig. 57.) Du côté opposé à la lésion, au-dessous de l'entrecroisement des pyramides, vous constaterez également une asymétrie de la moelle épinière résultant de l’atrophie du faisceau antéro-latéral. C’est sous cet aspect que la lésion a été connue des anciens auteurs. Mais notez bien ceci. Messieurs, que dans la grande majorité des cas, les choses ne vont pas aussi loin, et que l’intervention du microscope est indispensable.

1° Dayis le pédoncule, et c’est là un fait intéressant à relever, la partie dégénérée est grisâtre et se présente sous la forme d’un espace triangulaire, occupant la partie médiane de l’étage inférieur. La base de ce triangle est du coté de l’encéphale, tandis que le sommet est du coté de la protubérance. Ainsi, la surface du pied du pédoncule se trouve en quelque sorte divisée en trois régions : a) une région médiane représentée par le faisceau pjTamidal dégénéré ; ?>) une région externe, qui jamais, sous aucune condition (autant que j’en puis juger, du moins d’après les nom-

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