FACE MÉDIANE DU CEBVEAU
circonscrit qu’on appelle le lobule quadrilatère [avant-coin^ vorziüicJiel). Ce lobule (L Q) appartient à proprement parler au lobe pariétal; c’est, pour ainsi dire, la face interne ou médiane du lobule pariétal supérieur. En arrière, la scissure iemporo-oceipitale , très-accentuée à cet endroit parce qu’elle n’esl pas interrompue, comme sur la face externe, par des plis de passage, sépare nettement le lobe carré (ou quadrilatère) du lobe occipital ; 4“ Immédiatement en arrière du lobule carré, dans le domaine du lobe occipital, il y a à remarquer un lobule triangulaire dont la pointe est en bas et en avant, la base en arrière et en haut et qui est limité en arrière par une scissure profonde, la fissure calcarlnè, ce petit lobule (L C) s’appelle le coin (cuneus, Zioickel); 5“ au dessous du triangle vous reconnaissez la promiscuité déjà signalée à propos de la face externe entre le lobe occipital et le lobe sphénoïdal. Là, il convient de distinguer surtout deux circonvolutions dirigées dans le sens antéro-postérieur. Ce sont : a) le lobule occipito-sphénoïdal latéral ou lobule fusiforme',, b) le lobule occipito-sphénoïdal médian ou lobule lingual ; 6“ je me bornerai à mentionner seulement, plus en avant et en plein lobe sphénoïdal le lobule de l'hippocampe, le crochet qui fait partie du système de la corne d'Ammon.
Nous aurons assurément dans le cours de ces leçons, l’occasion d’utiliser les données topographiques que nous venons de recueillir, mais j’ai hâte d’en finir avec cette description qui, pour le moment, constitue en quelque sorte une digression.
C. J’en reviens. Messieurs, au lobule paracenlral et aux circonvolidions ascendantes. Celles-ci ont déjà une histoire en pathologie expérimentale, et, plus tard, il y aura lieu de Amus montrer qu’elles ont aussi une histoire dans la pathologie humaine. Je ne sache pas que, chez le singe, le lobule paracentral qui existe comme chez l’homme, au
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moins chez les singes supérieurs, ait jamais été l’objet d’investigations physiologiques.
a) Ici s’offre naturellement l’occasion que je dois saisir de signaler un fait, à la vérité encore unique dans son genre, mais qui, néanmoins, dès à présent, prête un certain intérêt à ce lobule, dans la pathologie humaine. Ce fait, que je vais résumer, a été recueilli par un observateur attentif, M. Sander (1).
Un enfant, qui mourut à l’âge de 15 ans, avait été frappé, dans le cours de sa troisième année, de paralysie spinale mfantile. Cette affection avait atteint et atrophié plus ou moins tous les membres et surtout ceux du coté gauche.
L’autopsie fit reconnaître dans la moelle toutes les lésions découvertes par les auteurs français. Un examen minutieux du cerveau fit voir que les deux circonvolutions ascendantes sur la face externe étaient beaucoup plus courtes que dans l’état normal. Elles laissaient un peu l’insula de Reil à découvert, et, de plus, elles étaient dépourvues de replis. Le lobule paracentral était tout à fait rudimentaire et contrastait, sous ce rapport, avec toutes les autres circonvolutions qui avaient acquis un développement parfait. Enfin, les lésions étaient plus prononcées dans l’hémisphère droit que dans le gauche, ce qui est en rapport avec cette circonstance que les lésions spinales étaient plus accusées à gauche qu’à droite.
L’auteur émet l’opinion que, dans ce cas, les membres ayant été de bonne heure complètement paralysés, par suite d’une lésion spinale profonde, les centres psychomoteurs, frappés d’inertie à une époque où ils étaient encore en voie d’évolution, ont été, en conséquence, frappés d’arrêt
(l) CentmlHatt , 1875.
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de développement. J’avoue que cette interprétation me paraît mériter d’être prise en considération. Il est à regretter, toutefois, que l’on n’ait pas songé à rechercher dans les centres psycho-moteurs l’état des cellules nerveuses.
Un cas, observé par M. Luys, se rapproche dans une certaine mesure du précédent. Dans uii cas d’amputation ancienne, mon collègue, à la Salpétrière, a noté une atrophie des circonvolutions cérébrales du côté opposé au membre amputé. Malheureusement, le siège de l’atrophie, à ma connaissance du moins, n’a pas été précisé.
d] Je me trouve ainsi conduit à vous entretenir d’un autre fait, concernant encore le département de l’encépiiale qui nous occupe. Ce fait est le suivant ; D’après les études de M. Betz, les cellules pyramidales géantes n’existeraient qu’en petit nombre chez les très-jeunes enfants ; c’est plus tard seulement que leur nombre s’accroîtrait, et cet accroissement s’effectuerait, selon toute vraisemblance, sous l’influence de l’exercice fonctionnel.
Ce fait mérite d’être rapproché d’une part de celui de M. Sander, et, d’autre part, aussi d’une observation de l’ordre expérimental , enregistrée tout récemment par M. Soltmann (1). Cet auteur, et je crois que M. le professeur Rouget (de Montpellier) a, de son côté, noté quelque chose de semblable, aurait remarqué que, chez les chiens nouveau-nés, l’excitation des régions répondant au siège des points psycho-moteurs ne produisait aucun mouvement musculaire dans les membres correspondants, tandis que quelque temps après la naissance, vers le neuvième ou le onzième jour, ces points deviennent excitables.
Ces observations, encore peu nombreuses mais dont il est juste de tenir compte, sembleraient indiquer que les
(l) Reizharlieit der G-rosshirnrinde. In Centralllatt, 1875, 14.