RÉGIONS POSTÉRIEURES DU CERVEAU
nent, je vous le répète, le lobe occipital tout entier, le lobe sphénoïdal et les parties postérieures et médianes de Thémispbôre jusqu'au bord postérieur du lobe quadrilatère.
Le caractère général de Técorce grise, dans ces régions, c'est que les cellules nerveuses pyramidales y sont, en règle, peu nombreuses et peu volumineuses, tandis que les granulations, au contraire, prédominent d'une manière notable. Ce n'est point qu'il n'existe là de grosses cellules nerveuses, mais elles sont comparativement très-rares, solitaires , pour employer l'expression de M. Meynert. M. Betz ajoute qu'elles n'ont pas de prolongement nerveux distinct et que les prolongements de protoplasma sont eux-mêmes à peine développés.
Les circonscriptions du cerveau où cette disposition s'observe, correspondent pour beaucoup d'auteurs au sensoriu m commune. Si cette interprétation était exacte, il s'en suivrait que les cellules, dont nous venons de parler, seraient des cellules sensitives. Cette hypothèse se fonde encore sur d'autres considérations anatomiques et sur des données pathologiques que j'aurai ultérieurement à relever avec plus de détails.
QUATRIÈME LEÇON
PamUèla entre les lésions spinales et les lésions
cérébrales.
Sommaire. — Conditions indispensables pour l'étude des localisations cérébrales dans les maladies chez Thomme. — Nécessité d'une bonue observation clinique et d'une autopsie régulière.
Histoire naturelle des lésions encéphaliques.
Parallèle entre les grands compartiments de Taxe cérébro-spinal. — Systé< matisation des lésions de la moelle épinière. — Localisations spinales. — Le cerveau est placé sous un autre régime pathologique que les autres parties du i^évraxe ; rareté des localisations. — Différence des lésions. — Fréquence des lésions vasculaires dans les maladies du cerveau. — Nécessité de l'étude de la distribution des vaisseaux. -— Aperçu extérieur des artères cérébrales.
Messieurs,
J'espère avoir été assez heureux pour vous faire bien saisir, dans lesleçons précédentes que,sans l'acquisition préalable de connaissances solides et précises en anatomie normale, il eût été téméraire de nous engager dans le domaine que nous nous proposons de parcourir ensemble. La subordination, par un côté, de l'anatomie pathologique à l'égard de l'anatomie normale est, en effet, surtout manifeste dans toutes les questions relatives à la pathologie cérébrale. Vous allez, dans un instant, le reconnaître une fois de plus.
HISTOIRE NATURELLE DES LÉSIONS ENCâPRA.LIQUBS. 43
Permettez-moi, en inaugurant la séance d'aujourd'hui de TOUS rappeler les conditions indispensables pour aborder les problèmes qui conoernent les Localisations cérébrales dans les maladies ohez l'homme . Ces conditions fondamentales sont les suivantes : 1® une bonne observation clinique recueillie, autant que possible, à la lumière des données de la physiologie expé rimentale ; i^ une autopsie régulière, c'est-à-dire parfaitement explicite, anatomiquement parlant.
Les études topographiques auxquelles nous nous sommes livrés déjà, nous ont fait faire un grand pas, car elles Hous mettent à même de déterminer , mieux peut-être qu'on ne l'a fait jusqu'ici, le siège, l'étendue et la configuration des lésions révélées à l'autopsie .
Mais, Messieurs, il faut bien l'avouer, pour le point de vue spécial que nous envisageons, les observations anato« miques les plus exactes et les plus minutieuses ne pourront pas être toujours utilisées. Il importe, ici comme ailleurs, d'apprendre à faire un choix parmi les observations, et, sous ce rapport,il se présentera plus d'une difficulté que nous aurons à surmonter.
Pour vous faire bien reconnaître la situation, le mieux est, je pense, de jeter tout d'abord un coup d'œil général sur ce que j'appellerais volontiers l'histoire naturelle des lésions encéphaliques.
1^ Quelles sont les altérations susceptibles d^atteindre l'encéphale (le cerveau en particulier) ? Il ne s'agit pour le moment, cela va de soi, que des formes les plus usuelles, les plus vulgaires et aussi des lésions partielles, des lésions en foyer, ainsi qu'on les dénomme encore, qui seules, en pareille matière, peuvent être mises à profit.
44 MOELLE ÉPINlèRE : SYSTÉMATISATION DES LÉSIONS.
2" Quelles sont, en second lieu, les conditions anatomiques générales qui président soit au développement, soit au mode de répartition de ces lésions? Car, Messieurs, dans cet ordre de choses rien ne se fait au hasard, môme dans l'encéphale.
Pour parvenir à ce but, je me propose de faire appel encore une fois à la méthode comparative, ce puissant levier dans les sciences naturelles. J'établirai, au point de vue deTanatomie pathologique, une sorte de parallèle entre les grands compartiments de l'axe cérébro-spinal ou autrement dit du névraxe, si vous voulez bien faire usage de ce mot pris dans la nomenclature de M. Piorry, — à savoir : 1» la moelle épinière ; 2** le bulbe rachidien ; 3® le cerveau proprement dit.
A. On peut dire qu'un grand fait domine la physiologie pathologique de la moelle épinière : c'est l'existence trèsrépandue, dans ce domaine, des lésions dites systémaiiqites. Nous entendons désigner par cette expression, que j'emprunte à M. Vulpian, les lésions qui, systématiquement, — la dénomination est parfaitement appropriée — se circonscrivent sans en dépasser les limites à certaines régions nettement déterminées de cet organe complexe. Je vous prie à ce propos de reporter vos yeux sur la figure 21, qui vous remettra en mémoire nos études antérieures.
Il est, vous ne l'avez pas oublié, des lésions qui se bornent aux cornes antérieures de substance grise. (Fig. 7, D, D). Ce sont, dans le mode aigu, la paralysie infantile ; dans le mode chronique,les diverses formes d'amyotrophie spinale à marche progressive. — Il en est d'autres qui se limitent aux faisceaux latéraux et qui se traduisent par uneparésie des membres avec tendance à la contracture. Vous n'ignorez pas que les faisceaux de GoU peuvent être lésés isolément et que la région des bandelettes externes, (Fig. T, B, B),dans l'aire des faisceaux latéraux est seule le subs-
LÉSIOKS SYSTÉMATIQUES DE LA MOBLLR éPINIÂRK. 45
iratum anatomique nécessaire des symptômes spinaux, tabétiques.
C'est ainsi que, guidée dans ses premiers pas par l'expérimentation chez les animaux et éclairée par la clinique, l'anatomie pathologique est parvenue chez l'homme à décomposer l'-organe complexe qu'on appelle la moelle épinière, en un certain nombre de compartiments, de départements, d'organes secondaires.
Aux lésions systématiques de ces diverses régions répondent autant d'ensembles symptomatiques ou syndromes qui leur ont fait prendre place dans la clinique, et ainsi ont été constituées, dans la pathologie de la moelle épinière, un certain nombre i'a/fecHons élémentaires. L'analyse, fondée sur la connaissance de ces affections élémentaires, est d'uQ grand secours pour débrouiller les hybrides, les formes complexes.
Nul doute, que l'étude de ces lésions systématiques,