RACINE INTERNE DES NERFS OPTIQUES
ques et enfin les corps genouillés externes ; au contraire, les tubercules quadrijumeaux postérieurs et les corps genouillés internes ne prennent aucune part à l'atrophie.
Moins importante que l'externe, la racine interne des nerfs optiques ne doit pas être cependant négligée, surtout lorsqu'il s'agit de l'homme. On sait qu'elle entre manifestement en connexion avec le corps genouillé interne. Ce dernier ne contient que des cellules nerveuses rudimentaires (Henle) et ne peut être, par conséquent, considéré comme un centre au môme titre que le corps genouillé externe. Soit après avoir traversé le corps genouillé, soit par un trajet direct, les faisceaux nerveux de la racine interne vont en définitive aboutir aux tubercules quadrijumeaux antérieurs.
Tout récemment M. Huguenîn {Arch. f^r psychiatrie^ 4815, V Bd., fasc. 2, p. 344) a soutenu que la racine interne des nerfs optiques chez l'homme tout au moins, est anatomiquement en rapport avec les tubercules quadrijumeaux postérieurs soit directement, soit par l'intermédiaire du corps genouillé interne. D'après cela, les tubercdes quadrijumeaux postérieurs ne seraient pas, chez l'homme, exclus de l'appareil des nerfs optiques, comme ils paraissent l'être chez les animaux. Cela n'est pas en contradiction avec ce qu'enseignent certains faits d'induration grise tabétique des nerfs optiques. Tout récemment encore, chez une femme ataxique, aveugle depuis une quinzaine d'années, l'induration grise des nerfs optiques pouvait être suivie au-delà du chiasma, sur les bandelettes optiques, jusqu'aux corps genouillés. Les tubercules quadrijumeaux, tant antérieurs (wate5) que postérieurs [testes), avaient à peu près conservé la coloration blanche de l'état normal, mais ils avaient subi, les uns et les autres, une réduction de volume des plus manifestes [cas de la nommée
138 FAISCaAUX RAYONNANTS GORTXGO-OPTIQUBS.
Magdaliat (1)]. J'ai observé ploaieors faits eii tout semlilablea à celui qui préoèâe.
Il nous faut rechercher actuellement comment ces divers amas de substance grise qui viennent d'être énumérés sont mis en relation avec Técorcé grise de l'encéphale. La connexité s'établit, ainsi que je l'ai fait pressentir, par un système de fibres qui constitué la partie la plus postérieure des radiations de la couche optique (faisceaux rayonnants cortico-ôptiques) et qpi'on désigne quelquefois sous le nom de radiations optiques de Gratiolet. Vous pourrez suivre les détails anatomiques assez complexes, relatifs à ce point, sur la figure suivante que j'emprunte au travail de M. Meynert et qui concerne le singe {Cercocehus cinomotgus.) {Fig. S5).
On voit sur cette planche comment des faisceaux de fibres ou radiations, partant des corps genouillés externes, Ge et internes Gi^ànpulvihàr Th^des tubercules quadrijumeaux antérieurs Qw, — ces derniers par l'intermédiaire des bras conjonctifs antérieurs, B5 — vont après un trajet récurrent s'associer au faisceau Om, qui n'est autre que l'ensemble des fibres ceniri^^ètespêdonculaires directes dont nous avons déjà donné la description (Leçons VIII et IX, Fig. S6), et qtd tiendraient sous leur dépendance la sensibilité commune de tout un côté opposé du corps.
A cet ensemble de faisceaux se trouvent mêlées sans doute des fibres provenant du tractus olfactif, par l'intermédiaire de la commisàure antérieure dont les extrémités, comme oh sait, suivant là description de Burdach et de Gratiolet, se dirigent en arrière, dans l'épaisseur des lobes
(l) Les bras conjonctifs antérieurs et postérieurs, eux aussi} étaient dans ce cas remarquablement atrophiés ; ils avaient une coloration d*un blanc mat} un peu teintée de jatiné.
PIBD DB LA GOUaONNB RAYONNANTE. 139
océipitâul et sphénoïdàul. Les faits ôlinlqaes ôondaisent à supposer qu'il s'y môle aussi des fibres nerveuses entrecroisées, en rapport âyec les nerfs auditifs et gustatifs. Si cette disposition^ â Thetife qu'il est tout hypothétique^ venait à être Vérifiée ânàtomictuement, on comprendrait comment robûuhilation croisée de l'odorat, du goût et de l'ouïe, font, âii même titre que Tâmblyopie, habituellement partie intégrante du syndrome hémianesthésie c^rébrale (1).
La région de Tencéphale que je signale à votre attention et qui répond à la partie la plus postérieure du pied de la couronne rayonnante, pourrait donc être considérée, d'après ce qui précède, comme un carrefour où, dans la profondeur de l'encéphale, se rencontrent danë un espace très-circonscrit toutes les voies seilsitives et sensorielles^ C'est un carrefour, ce n'est pas un ôentre< Le centre cérébi^al proprement dit, doit être cherché sur le prolongement des fibres médullaires, dans l'écorce grise dés lobes occipitaux et sphénoïdaux.
Nous aurons à revehit* sur ce point, â propos des localisations dans le système cortical.
Vous àveis pu feinarqùei*, dansf l'exposé ahatomique qui YOtts a été présenté, que les tubercules qùadrijumeâut
(l) D'après la théorie, les bémianesthésies cérébrales devront se distinguer de ceUes qui résulteraient d'une lésion de la protubérance on d'un pé~ donoule eérébraî par la noB-partioipation, dans ces derniers cas^ dé la vision et de Vederat^
140 LÉSIONS DES TUBBBCULBS QUADRIJDMBA.TJX.
sont le seul pomt oii les feisceaux des nerfs optiques, après
Fig. 33.— Cette Bgnrc egiempruméeïl'ouTrige de U.Uïynen [Slricker'ê Basditci. t. II. p.TJl. rie.S41]. Ella leprésenlc une cciips long itudln lie ctborlioauld i'^
F, eitrémll* Irooralt:— O, région occlpiul*.- FS, entrée de la iciimM de SjWm.-l.
inauli.— CI,ivaD(-itiur.— T.corpicallsui — S.ieptuiD.— Ca,coDimi>iur«>dlirltdi9. A, corne d'Ammon.— V,con;a antérieure du ïenlriculaHl*ril.—Vp, corne poilérienft.
— Vm, Vm, ventricule moTso, - Cm, eooimishgre .Moyenne. —Aj, aqueduc. Ll, Lu, Liii, lee segoieot* du noyau lenticulaire. —Sa. lé:eel Ne, queue donojio
Tb, ptiilB ds la couche optique aituée en »ant deecorpi eeaoallléi.~T1', CoKbc
optique ; Pultiuar.
Qh, tulKrculei quadtijunieanx. — Gi. coq» genoniUé ialeirae. — Ce, corf» (•■
nouille eiietoe. P, pied du pédoncule cétéli rai. Om, laÎBceaui midullaireB qui, du lobeeccipitsl, Tonl au pulTinar aux B3,bnidtitt-
berculea quadrijumeim antérieurs, aux SI, brai dsi tubercules quadrijnmeani fw-
tineiuE, aux deux corpi genouillâi, au pied du pédoncule cérébral.