‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine deChapitre 36 sur 75 · BRANCHES PRINCIPALES DE L'ARTÈRE SYL VIENNE · texte numérisé non relu

BRANCHES PRINCIPALES DE L'ARTÈRE SYL VIENNE

l'artère de la troisième circonvolution frontale (circonvolution de Broca). Plusieurs fois j'ai vu, pour mon compte, l'oblitération de ce seul tronc artériel produire un ramollissement limité au seul territoire de la troisième circonvolution et, plus explicitement, à sa partie postérieure. Voici, à l'appui, un fait concluant. Il concerne une femme, nommée Farn..., observée à la Salpé trière dans mon service. Elle avait été frappée d'aphasie. Il n'avait existé aucune trace de paralysie soit du mouvement, soit de la sensibilité. L'aphasie, dans ce cas, était le symptôme unique et l'atrophie de la troisième .circonvolution a été aussi la seule lésion correspondante, révélée par l'autopsie. (Fîg. 43 et 44). C'est là, Messieurs, incontestablement un bel exemple de localisation cérébrale (1).

La deuxième branche de la sylvienne est Y artère pariétale antérieure de Duret; j'aimerais mieux l'appeler artère de la circonvolution frontale ascendante. [Fig. 9, 2 et Fig. 42, II).

La troisième estVartère pariétale postérieure qxxi serait mieux nommée, suivant nous, artère de la circonvolution pariétale ascendante. [Fig. 9, 3 et Fig. 42, III).

La quatrième branche se rend au pli courbe et à la première circonvolution sphénoïdale. [Fig. 9, 4, 5 et Fig. 42, JV).

Les deux circonvolutions auxquelles se rendent la seconde et la troisième branche de la sylvienne seraient, d'après les expériences deFerrier sur le singe, le siège des centres moteurs des membres.Vous voyez, d'après la distribution artérielle, que ces deux circonvolutions pourront être lésées isolément.

J'ignore si la destruction complète de ces deux circonvolutions centrales a été jamais réalisée ; mais voici un fait

(l) Nous avoDS publié l'observation complète de cette malade dans les n~ 20 et 21 du Progrès médical (tS74). B.

BRA.NCBE8 PRIHaPALKS DB L'ABTiBB STLVIENNE.

teaile^lU destruction «porté sarla totalité de la cimonr Tèlatitm lariétale ascendaate, qui.ctieE le singe, est la siège, HlonFMTisr, dn centre des raouTements da membre sapérienp ât, poar ane partie, du membre inférienr. Dans ce cas, la circonvolution en question est remplacée par xmn plaque jaune déprimée. La circonvolution frontale ascendante est respectée en partie, mais manirestement atrophiée- Or, bien que la couche optique et le corps strié fussent dans ce cas tout à fait indemnes — cette intégrité est mentionnée d'une façon très-explicite dans l'observation ~il existait une hémiplégie complète, permanente, dans les fiiesibres supérieur et inférieur du côté opposé. {Ftg. 1S.)

fif. 1i, — Fa, CireonToluUAa rroaUl« lictndiiilï, — ViiU rojCr i» tiaeUltM- KfHoerUealirulditiiilt l> clnomBlutioa padiule uceadanM, uoa baoni pattia 4» It dnaniolotioa fraïUih (icaDdanit, tt la plua innda pulia da oircomoliUlH de IIubU. Ui maiHt sastnlai lUiant Indcmnai.

C'est là, Messieurs, un résultat qui contraste singulièrement avec ce qui aété consigné dans deux autres observaliona relatives à des lésions étendues occupant d'autres parties de l'écorce grise du cerveau. C'est ainsi que, dans DD cas de destruction limitée au lobe carré (plaque jaune), il n'existait aucun indice de paralysie correspondante. — Dans an antre fait, il s'agit encore d'une plaque jaune la-

73 ARTÂBE C^RÉBIULE ANTÉRIEtlSE.

quelle intéressait une large étendue de la face inférieure du lobe sptiénoïdal qui, tous le savez, est artérialisé par la cérébrale postérieure. Eh bien, pendant la Tie, il n'avait pas existé non plus dans ce cas la moindre trace d'hémiplégie.

Fig. ie. — TerrilBiraBoscubireadela faeeialer^ coupéiuivant le pUn loèaiào. — O [, gym» (on K *ulciu hippoumpi. — U.Gyrui uDcinDRlng, - F ,, prsmltreclrcsnvolutlan frontale n

rieu».— Pi, AïBi

Moipnralit-lalei'elii (!ob

guTDinUoii ceairile i

re. — D, Gyruidescenderii. — Tj, jïrua occipitenii). — T i. gjirui occIpilD-ieiaporalti-DiidUlii

KnteiitlechimpdediEtnbullon d« l'arlirecltébrale iniérienre, — I. AnèreâVronUIn iBlEme el aotérieura — 11. Artim rponuks loierno el moyenne, — III, ActèRi

porals poiiérleuK. —111 (inlérieurj, Antre occipitale.

Ces exemples, que je pourrais aisément multipher, suFflront, je pense, pour vous convaincre qu'il sera possible un jour chez l'homme, et très-vraiserablahlement dans un avenir peu éloigné, déjuger en dernier ressort, et sur des documents indiscutables, la doctrine des localisations en ce qui concerne du moins les parties superficielles du cerveau.

ARTÈRE CiBÉBRALE ANTÉRIEURE. 73

Après les développements dans lesquels je sois entré an sujet de l'artère sjlvienne, je crois devoir être bref dans

la cir«brl1e

■rtèla Umponli pOBtéridirc. — 111, ■

l'exposé de la subdivision en départements secondaires des grands territoires vasculaires corticaux de la cérébrale antérieure et de la cérébrale postérienre.

74 ARTÈRE GÉRÉBRALB POSTÉRIBURS.

La cérébrale antérieure est beaucoup moins fréquemment le siège d'altérations graves que ne l'est la sylvienne. Cette particularité tient en partie, sans cloute, à sa direction par rapport à la carotide interne. (Fig. /2, 46 et 47.)

Cette artère fournit trois branches principales : la première nourrit les deux circonvolutions frontales inférieures; la deuxième, d'une importance plus grande, se distribue moins souvent que la sylvienne, mais beaucoup plus communément que la cérébrale antérieure, à la circonvolution du corps calleux {Fig. 16), slu corps calleux C C, à la première circonvolution frontale F ^ (faces interne et externe), au lobule paracentral et, sur la face convexe du lobe frontal, à la première et à la deuxième circonvolution frontale [Fig. ^7), enfin à l'extrémité supérieure de la circonvolution frontale ascendante. La troisième branche de la cérébrale antérieure est destinée au lobe carré qui peut être lésé pour son propre compte, ainsi que j'en ai fourni tout à l'heure un exemple.

La cérébrale postérieure {Fig. 12, 16, 17) est le siège fréquent d'altérations par embolie ou par thrombose.

Aussi les ramollissements ischémiques des lobes postérieurs sont-ils bien plus communs que ceux des h)bes antérieurs.

Le territoire de cette artère se partage en trois départements secondaires répondant à trois artères de seecnd ordre : La première de ces artères se rend à la circoavolution du crochet ; la deuxième à la partie inférieure du lobe sphénoïdal, comprenant la circonvolution sphénoïdale inférieure et le lobule fusiforme ; la troisième va au lobule lingual, au coin et au lobule occipital proprement ait

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