‹ Leçons sur les localisations dans les maladies du cerveau: faites a la faculté de Médecine deChapitre 39 sur 75 · ARTÂRBS DES MASSES CENTRALES · texte numérisé non relu

ARTÂRBS DES MASSES CENTRALES

sont la préface obligatoire de l'histoire non moins intéressante de rhémorrhagie intra-encéphalique.

Vous n'avez pas oublié, Messieurs, comment les artérioles qui constituent le système central naissent de chacun des trois gros troncs artériels du cerveau, au voisinage immédiat de leur origine dans le cercle de Willis. Les artères qui forment ce système sont, en général, des vaisseaux d'une certaine importance, quant au calibre. Ce sont, en effet, des artérioles d'un millimètre et demi à un demi millimètre de diamètre, pour les artères du corps strié, d'après M. Duret.

Leur mode d'origine rappelle celui de ces jeunes rejetons qu'on voit dans les forêts pousser à la base des arbres. Cette comparaison, que j'emprunte à M. Heubner, en outre de son caractère pittoresque, est assez juste; mais il ne faut pas la pousser trop loin, car les artères du système central, dès leur point de départ, se dirigent perpendiculairement à la direction du tronc principal.

Cette direction perpendiculaire nous remet en mémoire ce que nous avons vu à propos des artères nourricières de l'écorce de l'encéphale. Toutefois, il convient de ne pas oublier qu'il existe une diflërence entre les artères nourricières corticales et les artères des noyaux gris centraux : les premières, en effet, sont, à proprement parler, des capillaires — suivant, du moins, la définition de M. Robin— et les secondes, au contraire, des vaisseaux d'un certain calibre.

Un autre caractère des artères des noyaux centraux c'est que, selon l'acception donnée à ce mot par M. Cohnheim, ce sont des artères terminales par excellence. Si une discussion a pu s'élever, ainsi que nous l'avons vu, au sujet de l'autonomie des territoires vasculaires de l'écorce, il n'en est

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plu» de même pour ce qm regarde les artères centrales. Celles-ci sont toat-à-fait indépendantes les unes des airtres; c'est là un point sur lequel nos auteurs sont parfaitement

d'accord.

Ainsi, dit M. Heubner, on peut, à l'aide d'une seringue de Pravaz dont la pointe du trocart est émoussée, injecter une à une chacune des petites artères qui se rendent aux diverses parties du corps strié ou de la couche optique. Malgré toutes les précautions possibles, on ne parviendra jamais à injecter la couche optique ou le corps strié tout entier. Vous n'injecterez que de petits départements de chacun de ces corps ; si l'injection est poussée trop fortement, on produit des ruptures, mais le territoire vasculaire b» s'étend pas pour cela au*delà des limites qui lui sont assignées.

Les expériences multipliées de M. Duret plaident dans le même sens. Il convient d'ajouter que, dans aucune oireaostance, par cette voie des artères centrales, on ne faitpénétrer Vinjection dans le domaine des artères cortieales. La réciproque, je le rappelle, est également vraie, c'est-àdire qu'aucune injection, poussée dans l' une quelconque des artères du système cortical, ne se répand dans le domaine des artères centrales.

Il n'est peut-être pas sans intérêt de faire ressortir les analogies qui existent sous le rapport du mode d'origine des artères nourricières entre les parties basilaires de l'encéphale et la protubérance, voire même le bulbe.

Dans ISL protubérance^ la ressemblance est frappante, les artères médianes naissent à angle droit de l'artère basilaire qui est un tronc volumineux, et elles pénètrent jusqu'aux parties postérieures, parallèlement les unes aux autres, sans s'anastomoser, reproduisant delà sorte le type des artères terminales .

Dans le bulbe, la même disposition existe, mais elle est, en quelque sorte, atténuée par une mpdiâcation spéciale.

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isB tftôres médianes du bulbe ne naissent pas directement des gros troncs de Tartëre vertébrale ; elles prennent leur origine dans les artères spinales.

D est possible déjà, si je ne me trompe, de trouver dans ee mode d'origine et de distribution des artères de la protubérance et des ganglions centraux, une des raisons d'ordrt mécanique, capables d'expliquer la prédominance dans ces parties des ruptures artérielles.

Rappeles-^vous que, à la superficie du cerveau où» ainsi fue je vous l'ai annoncé, les hémorrhagies sont comparativement rares, les artères ne s^introduisent dans la pulpe qu'après avoir fourni un long trajet dans la pie-mère et s^tre transformées en des vaisseaux très-ténus, qui sont k proprement parler des capillaires ; rappelez-vous,dis-je, Ois particularités, et vous comprendrez bien plus facilement les différences que j'ai à vous signaler en ce qui eoneeme les artères œntrales.

1® Le chemin du cœur aux gros ganglions de la base est très-^eOurt. Les artères qui se rendent à ces ganglions émanent en quelque sorte directement des artères du cercle de Willis, e'est-ànlire d'artères de troisième ordre, en partant dueoBfur. C'est là une circonstance évidemment farorable aux raptureÉ artérielles . Elle est, à la vérité, compensée dans une certaine proportion par le mode d'origine des vaisseaux qui s'opère à angle droit et aussi par la différence considérable de calibre.

2® Mises en regard des artères corticales, les artères centrales sont volumineuses^ je fais allusion surtout aux artères du corps strié puisqu'elles ont un diamètre d'un deKii ^tre à un millimètre et demi.

9^ J'^outerai que l'absence d'anastomoses est encore une conditioB fâcheuse, car, en cas d'une pression exagérée

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