SYSTÈME CENTRAL
maire, ce qu'il y a de plus général dans leur conflfçuration. Maintenant cet aperçu rapide devient insuffisant. Il nous faut entrer dans les développements nécessaires pour acquérir une connaissance anatomique plus profonde.
n s'agit, et je n'ai pas besoin d'insister à cet égard, de parties très-intéressantes, au point de vue de la théorie des localisations cérébrales, à savoir la couche optique, le noyau caïuié, le noyau lenticulaire et enfin la capsule in-» terne : tels sont les divers compartiments dont la réunion forme ce qu'on pourrait appeler le système central, par opposition au système cortical.
Rappelez-vous comment le pédoncule cérébral , arrondi au moment où il aborde la couche optique^ s'aplatit après qu'il l'a dépassée de dedans en dehors, en môme temps qu'il s'élargit d'avant en arrière à l'instar d'un éventail. Sur cet éventail, laissez-moi continuer la comparaison, les noyaux de substance grise sont disposés ainsi qu'il suit : en dedans et en arrière, la couche optique; en dedans encore, mais en avant et au-dessus, le noyau caudé; en dehors de l'éventail et au-dessous de la couche optique et du noyau caudé est situé le noyau lenticulaire qui s'étend en avant à peu près aussi loin que la tête du corps strié et en arrière, aussi loin, ou peu s'en faut, que l'extrémité postérieure de la couche optique.
Je ne veux faire qu'indiquer en passant, la forme et les principaux rapports des nojaux gris que je viens d'énumérer:
1® iudi couche optique a l'aspect d'un ovoïde aplati. De ses deux faces, la supérieure regarde le ventricule latéral et l'inférieure, qui est aussi interne, le ventricule moyen. Elle se sépare difficilement par la dissection en liaison de ses connexions très-multipliées et très-étroites avec les parties contiguës.
Chabcot. ^
82 CORPS OPTO-STRIÉS.
%^ Le noyau caudé a la forme d'une virgule — qu encore d'une pyramide, "^ dont la grosse extrémité est dirigée en avant et en dedans et la queue en haut et en dehprs. La face supérieure fait sailUe dans Je ventrieulp ; la face interne, fictive, est, en grande partie, appliquée sur l'extrémité supérieure de la capsule interne, Ce noyais est trèsfacile à détacher par la disseçtiou; toutefois^ U fgut rompre, pour Tisoler, les nombreux;; faisceaux qu'il reçoit par la capsule interne.
3* Le noyau lenticulaire, bien que recouvert dans toute sa périphérie, peut ôtre aisément isolé des parties avoisinàntes, sans trop d'artifice, comme noua le verrons. Î5a configuration générale est celle d^un ovoïde avec une extrémité antérieure, l'autre postérieure. On distingue, dans sa composition, deux parties : aj Le tiers antérieur, plus obtus et constitué par une masse uniforme de substance grise, se confond à son extrémité la plus antérieure avec le noyau întra-ventriculaire du corps strié ; — &)La seconde portion, qui répond aux deux tiers postérieurs du noyau lentlcu^ laire, est aplatie de haut en bas, de manière à ofl&'ir un angle tourné en dedans vers la capsule interne. La face interne et supérieure est intimement unie à la capsule interne, et la face inférieure est parallèle à la base du cerveau. La face externe est en rapport avec la capsule externe et par son intermédiaire avec Tavant-mur et l'insula. L'insula la recouvre médiatement dans toute son étendue. Une préparation qu'il est intéressant de faire, consiste à enlever avec soin successivement la substance grise des circonvolutions de l'insula, l'avant-mur et la capsule
externe ; on tombe enfin sur la face externe du noyau lenticulaire.
Sur des pièces durcies, la séparation entre la capsule
externe et la face externe du noyau lenticulaire s'opèrp
pour ainsi dire sans artifice, avec la plus grande facilité.
Cest que, en effet, il n'y a pas de faisceaux médullaires, — et vous verrea qu'il n*y a pas non plus de vaisseaux — qui relient la capsule externe au troisième segment du noyau lenticulaire,
. On peut dire, d'après les relations qui viennent d'être indiquées, gue les trois noyaux ou masses grises centrales, couche optique, noyau caudé, noyau lenticulairei sont en quelque sorte, comme l'a dit M. Foville, appendus à Ja capsule interne, prolongement des pédoncules çérébraûxi ^ à la manière de cotylédons,
. Pu côté des ventricules, la GoacUe optique et les noyaux caudés sont isolés, le noyau lenticulaire est isolé, lui aussi, virtuellement du moins, du côté d^ riasula. Ce3 noyaux de substance grise forment donc comme un système distinct des autres parties du cerveaui tant par leurs . qonnexipns que par leur mode de vascularisation^
Des coupe» verticales vous feront, sans peine, comprendre lei rapports des parties centrales. Je n'insisterai pas, pour 1q moment, sur les détails de structura relatifs aux diffi^rçnts noyauxi j'y reviendrai quand l'occasion se présentera. Mais je crpis indispensable maintenant d'entrer dan3 ^uelqujss développements à prppo^ de la constitution de la capsule interne.
I^a capsule interne est, pour une portion au moins, la prolongation, non pas de tout le pédoncule cérébral, mai^ seulement du 'pieâ ou crusta^ étage inférieur. Le tegmenturnQVL étage supérieur, qui est séparé du pied par le locui. niger, entre en connexité surtout avec les tubercules quadri-^, jumeaux et la couche optique : il ne prend point une part directe à la formation de la capsule interne,
Une opinion, déjà ancienne, considérait la capsule interne comme une émanation complète et immédiate du pied de la couronne rayonnante. C'est là une erreur qui a
été relevée par MM. Luys et Kôlliker. Ces auteurs ont, en effet, démontré que des fibres provenant du pied s'arrôtent en chemin pour pénétrer dans les divers noyaux. Cependant, j'estime qu'ils sont allés beaucoup trop loin, en avançant que la capsule interne est formée toute entière : 1® de fibres de la couronne rayonnante qui se terminent dans les ganglions; 2**^ de fibres qui, partant des ganglions, se répandent dans la couronne rayonnante.
S^ fondant sur des observations anatomiques, à la vérité fort délicates, MM. Meynert, Henle et Broadbent, ont émis l'opinion qu'il existe un troisième ordre de fibres, lesquelles se continuent directement, d'un côté, avec la couronne rayonnante et partant avec l'écorce grise, de l'autre côté, avec le pied du pédoncule.
La réalité de l'existence de ces derniers faisceaux repose, ainsi que nous le verrons, sur un certain nombre de preuves pathologiques. J'invoquerai, entre autres, certains cas de dégénération descendante observés par M. Vulpian et par moi. Dans les cas auxquels je fais allusion, il s'agissait de plaques jaunes ayant détruit dans une grande étendue des circonvolutfons médianes, sans altération concomitante du corps strié et ayant donné lieu à une dégénération descendante qui pouvait être suivie à travers l'isthme, jusque dans les régions les plus inférieures de la moelle épinière. On doit à M. Gudden, une série d'expériences que j'aurai encore à citer plus tard et dont les résultats plaident dans le môme sens.
Henle (4) va peut-être trop loin quand il écrit dans sa description du système nerveux que la capsule interne est composée surtout de fibres contenant celles du pied. — Toujours est-il — et nous aurons l'occasion de revenir sur ce sujet — que les faits du domaine pathologique et ceux
(l) Henle. — Nertenîehre, p. 261.
CAPSULE INTBRNK. Sa
da âornaine ezpérimeatal qu'il est possible d'invoquer en CïTeor de ces Ûbres sont nombreux et importants. Ils
Fig. 18. — NC, aoï"
na. — P P, piad <lu pidoncule. — C A F L, ISbMi dn pédoacaie dealinée. su aoyia lenticuUite
— FE, Bbrei du noyiii caudé'qLil 'ont à li périphérie. — FT.'fibfM'de'ucQuphs optiquaqol Yom à la périphérie. — F D, flttei direcu». {SchénK^ d'apréi 3f, ftagvfnin).
— SI, UbuU de Ri ' FC, fibreipédon liculïire qui.ojetli
86 CAPSULE INTÈRKE.
ont îhêltié pei*mis d'àvaricet^, tioùs m tefporis fa d^lnons^ tt^tioti plus loin, que parmi ces fibres directes, les unes (ce sont les antérieures) sont centrifuges et en rapport avec les mouvements des meiîibres, tandis que lés autres (les postérieures] sont en rapport avec la tranë!nission des impressions gènsitives (^Fig. i8).
En réi^uraé, la capsule interne, d'après les recherches modernes (1), serait constituée ainsi ^ti'll suit !
1° Par des faisceaux pédonCUtctif*ëë dif'ects qui traversent la capsule sans s'arrêter oui gâfigllottsj '
2« Par des faisômuœ pédôHcUtùifêë indifedM. Parmi cetix-ci : les uns se retidëiit aux COfps «trlëô ^tt'llgJ abordent par la face inférieure ; les outres Vdttt itil JBoyôtiX lenticulaires qu'ils pénètrent par le premier segfiiettt* Très^nombreusês dans ce segment^ ellii le soUt dd iiioitid m inoins dans le sèCond et le troîstèffli et ô^ëst A ôitti inégale répartition qu'est dUe la dlfféf§ne§ de edUlêUr des trois segmenté qui composent le nOjrau liflttculaire.
Il n'est pas question de ilbriS pédonculâires provenant du pied de la couronne rayoniiàfite pour la ôouohe optique , celle-«ci tie recevant pas du pédoncule cérébral d'autres faisceaux que ceux du tegnientum.
A ces faisceaux qui, àvipied du pédoncule, se rendent aux noyaux gris centraux, succèdent dans la partie supérieure de la capsule interne des faisceaux qui, prenant origine dans les noyaux gris, vont concourir à la formation de la couronne rayonnante et se dirigent vers Id couche grise corticale. Ces faisceaux portent le nom de /'ai^c^awri? rayon-nanis (Stahhranzbwidel). Il y a lieu de distinguer: 1° les faisceaux rayonnants des corps striés j 2° les faisceaux rayonnants de la couche optique; 3^ les faisceaux rayon-
(l) Huguenin. — • AU^i Patholog. der Krankk. des Ntrvén êpstems; Zurich, 1873, p. 94, fig. 70; p. 85, fig. 63; p. 119, fig. 82; p. 127.
CArSKI.ll INTERNE. 87
nants Isaos du noyau lenticulaire, lesquels se détachent principalemânt dû bord supérieur du second et du trolsi^md 8egm6ilt. C^É^i *9\
— COL et COK, pditK Inlcrps «teiurnsda lu couche optique.— NC, novsu Hudê. — Fi, fibrei eminéi du lapilum. —F,, âbrea écnsnéei de> àtai Begiiieois iDicniai du Do^iu lenticulaire. — S T. I., S ch ] 't Z, les qnttrs couches de li »lm«ncfl innomlnée. (Figure dopr^s M. Mei/neyl],
Il suit de cet esposé que quatre ordres de faisceaux entrent dans la composition de la couronne rayonnante et rattachent la capsule interne à Técorce des circonvolutions.
Ce sont : 1*» les faisceaux rayonnants de la couche optique ; 2*» ceux du corps strié ; 3<* ceux du noyau lenticulaire — ces divers faisceaux rattachent à Técorce grise les noyaux gris centraux; — 4*» les faisceaux directs qui, du pied du pédoncule, se rendent à Técorce grise sans s'arrêter dans les noyaux gris centraux.
On peut, dans la capsule interne elle-même et encore dans le pied de la couronne rayonnante, reconnaître ces divers modes de provenance sur des coupes minces convenablement durcies et examinées à un faible grossissement ; à la vérité, cette recherche n'est pas exempte de difficultés ; mais un peu au-dessus de ce point tous les faisceaux s'entrecroisent dans les directions les plus variées, soit entre eux, soit avec les fibres commissurales, de manière adonner nai sance à un lacis inextricable qu on appelle la substance blanche centrale. Nous nous rendrons prochainement un compte exact de l'intérêt qui s'attache aux dispositions que nous venons d'étudier.