Lecons sur les maladies du sang
Depuis lo jour où j'ai publié mon livre du Scmg, j'ai m la satisfaction de voir mes prévisions se réaliser. L'hématologie a si bien captivé l'attention du monde savant, qu'elle est aujourd'hui une des principales études mises à l'ordre du jour. Toutes les faces de la question ont été examinées avec soin et des découvertes importantes ont surgi.
Il n'en est pas, dont la portée pratique soit plus considérable que celle de la valeur thérapeutique dessérums. De nombreuses expériences, parmi lesquelles prennent rang celles que j'ai faites sur les transfusions intravasculaires, avaient appelé l'attention sur les qualités spécifiques du sang. En multipliant les recherches expérimentales, on parvint à obtenir des sérums doués de remarquables propriétés thérapeutiques. Le fait est considérable; il démontre qu'on peut inciter l'organisme à fabriquer, en quelque sorte, des agents thérapeutiques.
Ces résultats ont mis en évidence le rôle important qu'il faut attribuer aux qualités chimiques du
Vni AVANT-PROPOS.
sang. Ce rôlo n'est pas moins grand en pathologie qu'en thérapeutique.
J'ai pris un \if intérêt à suivre ces travaux, mais, comme professeur de clinique, je devais limiter mon champ de recherches personnelles. Il m'était impossible d'envisager par moi-même l'hématologie dans toute sa complexité. Tout en poursuivant mes études de technique clinique et d'anatomie pathologique, je devais surtout chercher à préciser et à étendre les notions concernant les maladies dites du sang. Que se dégage-t-il de l'ensemble de ces études?
Un fait capital, à savoir que la plupart de ces maladies sont des toxémies. C'est encore la chimie qui triomphe. Mais, en apercevant clairement la part qui lui reviendra dans l'explication des faits d'hématologie pathologique, nous ne faisons que signaler une vaste lacune à combler.
Le clinicien ne constate guère que des effets ; il peut en soupçonner la cause, mais il ne la tient pas.
Comparons, par exemple, deux états essentiellement différents quant à l'origine, l'anémie cancéreuse et l'anémie dite pernicieuse progressive. Que la tumeur cancéreuse reste inaccessible et le diagnostic différentiel de ces deux affections, quelque distinctes qu'elles soient au fond, pourra être, cependant, d'une grande difficulté. Dans l'un et l'autre cas, en effet, le symptôme prédominant consiste en une anémie pouvant devenir extrême