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COMPRESSION DE L'OVAIRE : HISTORIQUE

môme, et pour peu que vous insistiez sur la compression, pendant deux, trois ou quatre minutes, vous êtes à peu près assurés que tous les phénomènes de l'accès vont se dissiper comme par enchantement. Vous pourriez, d'ailleurs, varier l'expérience, et, à votre gré, en suspendant un moment la compression pour la reprendre, arrêter l'accès ou le laisser se reproduire, en quelque sorte, autant de fois que vous le voudriez.

Une fois que l'on a définitivement triomphé de la résistance, très sérieuse du reste, qu'offrent toujours, à l'origine, les parois abdominales, il n'est pas nécessaire d'user de toutes ses lorces et l'application des deux premiers doigts de la main sur le siège présumé de l'ovaire suffit pour obtenir l'effet désiré. Toutefois, la manœuvre, surtout si elle doit être prolongée durant quelques minutes, est toujours assez fatigante pour 1 l'opérateur. J'ai songé à la modifier. Peut-être pourrait-on savoir recours au sac rempli de grains de plomb que M. Lanne- 1 longue a mis en usage dans un tout autre but, ou encore à l'apiplication d'un bandage approprié ^ : c'est une question à étu- (dier. Quant à présent, les personnes du service, au courant du I procédé, le mettent journellement en pratique chez les malades ; auxquelles il est réellement utile.

Il est assez singulier, Messieurs, qu'un procédé dont l'exécuttion est aussi simple, et qui, incontestablement, peut rendre des >services réels, soit tombé, comme il l'est de nos jours, en dé- ^suétude complète. Ainsi que je vous l'ai laissé pressentir, l'in- ^vention de ce procédé, tant s'en faut, ne m'appartient pas ; peut-

1 Sur les indications de M. Charcot et sur les nôtres, M. Poirier a imaginé un Ibon compresseur de l'ovaire {Progrès mdd., 1878, p. 993). [Note de lai" éi, (B.)]

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être romonte-t-elle aux temps les plus antiques ; toujours est-il qu'elle est certainement antérieure au xvi« siècle. Voici d'ailleurs ce que quelques recherches, faites un peu à la hâte, parmi les livres les plus poudreux, et par conséquent les moins fréquenté de ma bibliothèque, m'ont appris à ce sujet.

Willis, dès le xvii'' siècle, dans son Traité des maladies convulsives', s'exprimait ainsi qu'il suit : « Il est certain, dit-il, que le spasme convulsif qui vient du ventre est arrêté et qu'on l'empêche de monter au cou et à la tête, par une compression de l'aMomen, faite à l'aide des bras enlacés autour du corps, ou à l'aide de draps bien serrés. » Il raconte ailleurs être parvenu lui-môme à arrêter un accès, par une pression énergique exécutée avec les deux mains réunies sur le bas-ventre. Mais déjà Mercado (1513) avait depuis longtemps conseillé les f7Hciio/is sur le ventre, dans le but de réduire la matrice, qu'il supposait se déplacer, suivant la doctrine ancienne -. Un de ses compatriotes, Monardès, procédait, paraît-il, plus résolument ^ : il plaçait, pendant l'accès, sur le ventre des malades, une grosse pierre.

Il ne paraît pas, toutefois, que cette pratique se soit beaucoup répandue; je ne la vois, en effet, mentionnée ni dans Laz. Rivière, ni dans F. Hoffmann. Boerhaave, seul, au commencement du xviii^ siècle, insiste de nouveau sur la compression de l'abdomen dans l'attaque hystérique; elle doit être produite, suivant lui, à l'aide d'un coussin, fortement serré par des draps placés entre les fausses côtes et la crête iliaque. On soulage ainsi, dit-il, presque à coup sûr les malades, pourvu que ia sensation du globe n'ait pas encore dépassé le diaphragme '* .

' Willis. — De morbis convulsivis, t. IL p. 34.

* D.-L. Mercalus. — Opéra, tit. III. — De virgiiiiim et viduarum afecdontbiis, p. o46. Fraucof, 1G20.

^ Négrier. — Recueil défaits pour servir à l'histoire des ovaires et des a fuctichu hystériques de la femme. Angers, 1858, p. 1G8, 1G9.

* Van Swieten. — Comm., t. III, p. 417.

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Dans les temps moderiiGS, Récamier, remettant en honneur >-ette méthode, comme vous le voyez déjà fort ancienne, plaçait sur le ventre des malades un coussin sur lequel un aide venait s'asseoir. Son exemple n'a guère été suivi, que je sache, que par Négrier, directeur de TEcole de médecine d'Angers, dont le Recueil de faits pour servir à V histoire des ovaires et des affections hystériç[ites chez la femme, publié en 1858, ne paraît pas avoir eu d'ailleurs un bien grand retentissement. Le procédé de Négrier est plus méthodique que celui mis en œuvre par ses prédécesseurs ; c'est l'ovaire qui , dans la compression, devient pour lui le point de mire. « Une forte et large pression , exercée par l'intermédiaire de la main sur la région ovarienne, suffit, dit Négrier, dans plusieurs cas pour enrayer et supprimer complètement l'attaque convulsive. »

Mais laissons pour un instarit de côté la pratique régulière, et recherchons quels ont été les procédés à l'aide desquels, dans certaines épidémies hystériques célèbres, les assistants portaient secours aux convulsionnaires. Parmi ces moyens de secours mis en œuvre, nous trouvons signalée une pratique fort curieuse à étudier, et dont l'idée première, selon toute vraisemblance, aura dû être suggérée par quelque convulsionnaire. Je veux parler de la compression du ventre. Il est, en effet, des hystériques qui, en proie aux premiers tourments de l'aura, mettent instinctivement d'elles-mêmes en action la compression ovarienne. Tel est le cas, par exemple, d'une de nos malades, la nommée Gen .. ., dont je vous ai entretenu déjà. Cette femme a pris depuis longtemps l'habitude d'arrêter le développement de ses accès par la compression de l'ovaire gauche ; elle y réussit le plus souvent lorsque l'invasion du mal n'a pas été par trop rapide. Dans le cas contraire , elle fait

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appel aux assistants et les prie de l'aider dans cette manœuvre.

Examinons d'un peu plus près ces faits empruntés à l'histoire des épidémies convulsives : il y a là matière à une étude rétrospective qui n'est pas sans intérêt.

Le savant Hecker, parlant des individus atteints de la danse de Saint-Jean S dit qu'ils se plaignaient fréquemment d'une grande anxiété épigastrique et demandaient qu'on leur comprimât le ventre avec des draps.

Mais, c'est surtout l'épidémie, dite de Saint-Médard, qui nous fournit sur ce sujet les documents les plus intéressants. Vous n'ignorez pas comment elle survint, alors que l'exaltation religieuse des jansénistes, persécutés à propos de la bulle Unigenitus, était portée à son comble. L'épidémie, qui prit naissance sur le tombeau du diacre Paris, mort en 1727, a présenté deux périodes bien distinctes ^.

La première a été remarquable surtout — du moins à notre point de vue — par la guérison d'un certain nombre de malades, parmi lesquels figurent plusieurs cas bien avérés de contracture permanente des hystériques ; dans la seconde, ont prédominé des convulsions plus ou moins singulières, mais qui, en somme, ne diffèrent en rien d'essentiel de celles qui appartiennent à l'hystérie lorsqu'elle revêt la forme épidémique. Or, c'est à ce moment-là qu'apparaît, dans l'épidémie de Saint-Médard, la pratique des secours.

En quoi ces secours consistaient-ils ? Pour la plupart des cas, il s'agissait là de manœuvres ayant pour but de déterminer une

' Hecker. — Danse de Saint-Jean, à Aix-la-Chapelle, 1874. — Epidémie de Saini-Witt, à Strasbourg, 1438.

* Carré de Montgeron, loc. cit.

' Bourneville et Voulet. — De la contracture hystérique permanente, p. 7-17. Paris, 1872.

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forte compression de l'abdomen ou de le frapper violemment à l'aide d'un instrument ou d'un objet quelconque. Ainsi, il y avait : 1° le secours administré à l'aide d'un pesant chenet dont on frappait le ventre à coups redoublés ; 2° le secours dit du pilon, qui ne s'éloigne guère du précédent; 3° dans un autre cas, un homme joignait les deux poings et les appuyait de toutes ses forces sur le ventre de la convulsionnaire, et, pour mieux faire encore, il appelait d'autres hommes à son aide ; 4° trois, quatre ou même cinq personnes montaient sur le corps de la malade; — une convulsionnaire, appelée par ses coreligionnaires sœur Margot, affectionnait plus particulièrement ce mode de secours ; 5° il est un cas, enfin, où l'on disposait de longues bandes que l'on tirait fortement à droite et à gauche, afin de comprimer l'abdomen. — Ces secours, quel que fût d'ailleurs leur mode d'administration, étaient toujours, paraît-il,' suivis d'un grand soulagement.

Hecquet, médecin de l'époque, ne voulait voir dans ces convulsions, rapportés par d'autres à une influence divine, qu'un phénomène naturel, — et en cela il avait parfaitement raison. Mais je ne puis plus être de son avis, lorsque, dans son livre intitulé « Du Naturalisme des convulsions, » il prétend que les secours n'étaient autres que des pratiques dictées par la « lubricité ». Je ne vois pas trop, pour mon compte, ce que la lubricité pouvait avoir à faire avec ces coups de chenet et de pilon, administrés avec une extrême violence, bien que je n'ignore pas ce qu'est capable d'enfanter, dans ce genre, un goût dépravé. Je crois qu'il est beaucoup plus simple et beaucoup plus légitime d'admettre que les secours, — à part les amplifications suggérées par l'amour de la notoriété, — répondaient à une pratique tout empirique, et dont le résultat était de produire un amendement réel dans les tourments de l'attaque hystérique.

Charcot, t. I, /i" édit.

ÉPIDÉfflES HYSTÉRIQUES : SECOURS

Vous avez certainement saisi, Messieurs, les analogies qui existent entre cet arrêt des convulsions hystériques ou hystéroépileptiques, déterminé par la compression de l'abdomen et l'arrêt qu'on obtient quelquefois des convulsions par la compression ou la ligature des membres d'où partent, en pareil cas, les phénomènes de l'aura ; et c'est ici peut-être le lieu de vous rappeler qu'une brusque flexion du pied fait cesser tout à coup, ainsi que l'a montré Brown-Séquard, la trépidation convulsive de Vépilepsie spinale, observée dans certains cas de myélite.

Vous n'ignorez pas qu'en pathologie expérimentale ces faits cliniques trouvent jusqu'à un certain point leur interprétation. Je ne puis entrer dans les détails, pour le moment ; qu'il me suffise de vous remettre en mémoire que, chez les animaux, de nombreuses expériences mettent en évidence la suspension de l'excitabilité réflexe de la moelle épinière par le fait de l'irritation des nerfs périphériques.

Ainsi, l'expérience de Herzen nous montre que chez une grenouille décapitée, c'est-à-dire placée dans une condition excellente pour exalter à son maximum l'excitabilité réflexe de la moelle , si cette partie des centres nerveux est irritée dans sa partie inférieure, il sera impossible, tant que l'excitation subsistera, de mettre en jeu l'excitabilité des membres supérieurs. Et, inversement, si chez une grenouille préparée de la même façon, vous entourez d'un lien fortement serré les membres supérieurs, tant que la ligature persistera, l'excitation des membres inférieurs ne sera pas suivie de mouvements réflexes. C'est du moins ce que démontre une expérience de Lewisson.

Toujours est-il que si ces faits expérimentaux sont d'une analyse plus facile, ils ne sont pas encore, clans l'état actuel de la science, plus aisément explicables que les phénomènes correspondants observés chez l'homme.

Je ne puis insister plus longuement, car le temps me presse. J'aurais voulu cependant vous montrer l'intérêt qu'il y a, au point de vue pratique, à supprimer les accès d'hystérie grave ou à en modérer, tout au moins, l'intensité. Mais ce côté de la question sera plus convenablement mis en lumière quand j'aurai fait ressortir, dans une des prochaines séances, les conséquences qu'entraîne la répétition des accès, ou autrement dit Yétat de mal hijstêro-épilepiique. Je me bornerai, quant à présent, à formuler ainsi qu'il suit une des conclusions qui ressortent de la présente étude :

La compression énergique de V ovaire douloureux n'a pas dHnfluence directe sur la plupart des symptômes permanents de llnjstérie, tels que contracture, paralysie, hémianestliésie, etc. ; mais elle a une action souvent décisive sur .Vatlaque convidsive dont elle peut diminuer Vinte^isité et, parfois même, déterminer V arrêt.

Je dois en terminant, Messieurs, faire passer devant vos yeux les malades quej'ai eues surtout en vue dans la description qui précède, et faire, ressortir les particularités les plus saillantes qu'elles offrent à l'observation.

CasI. — Marc. . ., 23ans, atteinte d'hystéro-épilepsie depuis l'âge de 16 ans. On ne sait trop à quelle cause il faut, chez elle, rattacher l'aifection. Quoi qu'il en soit, au point de vue de l'hystérie locale, elle nous offre : une hémianesthésie, de Vovarie, de la parésie, tout cela du côté gauche. Elle est, de plus, sujette à des vomissements fréquents et a présenté de Vachro maiopsie de l'œil gauche.

Les attaques sont précédées par une aura caractéristique ; les phénomènes prodromiques partent de l'ovaire gauche et les symptômes céphaliques sont très accusés. Quant aux attaques elles-mêmes, elles se composent de trois périodes : a) convulsions tétaniformes, épileptiformes, écume ; — &) grands mouvements du tronc et des membres inférieurs (période des contorsions) ; dans ce temps la malade prononce des paroles bizarres, et paraît être en proie à un délire sombre ; — c) pleurs, rires, annonçant la fin de l'accès. Chez elle, on détermine un arrêt prompt et absolu de tous les phénomènes par la compression de l'ovaire gauche

Cas II. — Cot. . ., 21 ans, a vu l'hystérie débuter à 15 ans. Les mauvais traitements qu'elle subissait de la part de son père, adonné aux excès de boisson, et plus tard la prostitution, ont sans doute exercé une certaine action étiologique. L'hystérie locale, ici, est encore plus marquée que dans le premier cas. Nous avons à observer à droite une hémianesthésie, une douleur ovarienne, une contracture permanente avec trépidation du membre inférieur.

L'attaque s'annonce par une aura bien nette, partant de l'ovaire droit et se terminant par des sj^mptômes céphaliques très évidents. Les convulsions, surtout toniques, se compliquent

* Voir l'observation complète de Marc. . . dans : Bourneville et Regnard. — Iconogr. photogr. de la Salpêtrière, t. I, p. 108-1 4E). [Note de la 4' édit.)

d'accidents épileptilbrmes ; C. ... se mord la langue, écume, etc. La période des contorsions yient ensuite et est très accentuée. Souvent, l'attaque se termine par des mou-vements de bassin, avec constriction laryngée, pleurs, urines abondantes. Chez elle, aussi, la pression ovarienne modère l'intensité des phénomènes de l'accès sans toutefois l'arrêter. Dans les premiers mois de l'année, cette malade a été atteinte d'un état de mal hystéroépileptique sur lequel nous reviendrons dans ime prochaine leçon ' .

Cas III. — Legr. . . Geneviève est née à Loudun ; singulière coïncidence ! C'est, vous le savez, le pays où s'est passé le triste drame dont Urbain Grandier a été la victime.

Geneviève est âgée de 28 ans ; l'hystérie date de l'époque de la puberté. Parmi les symptômes permanents de l'hystérie locale, nous observons chez elle une Uémianestliésie gauche, bien accusée, une douleur ovarienne gauche avec une tumeur facile à constater ; enfin un état mental bizarre.

'L'aura est très caractérisée, et, ce qui prédomine, ce senties palpitations cardiaques et les symptômes céphaliques. En ce qui concerne les attaques elles-mêmes, , elles se divisent en trois périodes : 1° convulsions épileptiformes, écume et stertor; — 2° puis, grands mouvements des membres et de tout le corps ; — 3° enfin, période de délire, pendant laquelle elle raconte tous les événements de sa vie, à la fin des grands accès.

Parfois la malade, dans cette dernière phase, a des hallucinations : elle voit des corbeaux, des serpents ; de plus, elle s'abandonne à une sorte de danse, et alors elle nous offre, à l'état embryonnaire pour ainsi dire et sous la forme sporadique, un spécimen de ces danses du moyen-âge décrites sous le nom ^'épi-

' Voir Tobservalion complète de cette malade dans : Bourneville et Voulet. — De la contracture hystérique 2Jerma7iente. Obs. viii, p. 41.

démies sallaioires. A ce propos, je vous ferai remarquer (fue certains cas d'hystérie, constituant en quelque sorte des variétés dans l'espèce, présentent à l'état rudimentaire les diverses . formes convulsives qui se montrent à un degré beaucoup plus accentué dans les- épidémies. C'est du reste là un point qu'a parfaitement développé Valentiner dans son intéressant travail sur l'hystérie * .

Chez Geneviève, la compression de l'ovaire détermine un arrêt, pour ainsi dire soudain, de l'attaque. Elle se rend nettement compte de cette influence, car elle-même essaie de comprimer la région qui donne naissance à l'aura ou, lorsqu'elle n'y peut parvenir, elle réclame, ainsi que nous l'avons déjà dit, le secours des assistants-.

Cas rV. — Ler,.., âgée de 48 ans, est une malade bien connue de tous les médecins qui depuis plus de 20 ans ont fréquenté cet hospice à divers titres. C'est, en d'autres termes, un cas célèbre dans les- annales de l'iiystéro-épilepsie. Vous trouverez relatée, dans la thèse de M. Dunant (de Genève), la première partie de son histoire. Ler... a cessé d'être réglée, il y a quatre ans, et malgré cela les accidents nerveux persistent. Nous vous faisions reconnaître, tout à l'heure, dans Geneviève, le tareniisme sous un aspect rudimentaire ; Ler... est une démoniaque, une possédée y ovi- encore elle présente l'image à peine aflîaibhe d'une- de ces- femmes qu'on nommait Jerkers dans les Campmeetings méthodistes et qui offraient dans leurs crises les attitudes les plus effrayantes. (Voy. Fig. 49, 20 et 21.)

L'origine vraisemblable des accidents nerveux chez Ler. . . , mérite d'être signalée. Elle a eu, comme elle le dit, une série de

* Valentiner (Th.). — Die Hystérie und ihre Eeilung. Voir l'extrait publié dans les numéros de juin 1872 du Mouvement médical.

* Nous avons publié l'observation de Geneviève dans V Iconographie photograpliigue de la Salpêtrière, tome I. p. 48-90; t. II, p. 202-208.

peurs : P à 11 ans, elle a été épouvantée par un cliien enragé ; 20 à 16 ans, elle a été saisie d'effroi à la vue du cadavre d'une femme assassinée; 3° à 16 ans, nouvelle frayeur déterminée par

Fig. 19. — Attitude de Ler. . . pendant l'attaque : période des contorsions. (Fac-similé d'un croquis fait d'après nature).

des voleurs qui,, au moment où elle traversait un bois, se précipitèrent sur elle pour lui enlever l'argent qu'elle portait.

L'hystérie locale se compose, chez elle, d'une névnianesihésie, d'ovarie, de parésie et par moments de contracture des

membres supérieurs et inférieurs, occupant le côté droit Parfois les ])liénomènes envahissent le côté gauche, et, alors, con-

Fig. SO. — Attitude de Ler. .. pendant Tattaque : période des contorsions. Fac-siraile d'un croquis fait d'après nature).

formément à notre description, se présente une ovarie double avec anesthésie double, etc.

Les attaques, qui s'annoncent par une aura ovarique bien caractérisée, sont marquées d'abord par des convulsions épilep-

FAITS CLINIQUES ô'45

tiformes et tétaniformes ; après quoi se produisent de grands mouvements, à caractère intentionnel, dans lesquels la malade, prenant les poses les plus effrayantes, rappelle les attitudes que riiistoire prête aux démoniaques. [Période des contorsions {Fig. 19, 20 et 21.)] A ce moment de l'attaque, elle est en proie

Fig. SI . — Attaque liijstéro-épiîeptique. — Période des contorsions. (Dessin fait par M. P. Richer, d'après un croquis de M. Charcot.

à un délire qui roule évidemment sur les événements qui paraissent avoir déterminé les premières crises : elle adresse des invectives furieuses à des personnes imaginaires : k Scélérats ! voleurs ! brigands ! Au feu ! au feu ! Oh ! les chiens ! on me mord ! » Autant de souvenirs, sans doute, des émotions de la jeunesse.

Lorsque la partie convulsive de l'accès est terminée, il survient en règle générale : 1° des hallucinations de la vue ; la ma-

oie FAITS CLINIQUES

lade voit des animaux effrayants, des squelettes, des spectres : 2° une paralysie de la vessie; 3« une paralysie du pharynx: 40 enfin, une contracture permanente plus ou moins prononcée de la langue.

Ces derniers accidents rendent parfois nécessaire pendant plusieurs jours le catliétérisme vésical et l'alimentation par la sonde œsophagienne.

La compression de l'ovaire, chez Ler..., est presque de nul effet sur les convulsions *.

Cas V. — Vous connaissez déjà cette malade; il s'agit d'Etchev..., qui nous a fourni les éléments de notre leçon sur Vischurie 1njstérique\ Nous relevons encore, dans ce cas, une hémimiesthésie, de VacJiromatopsie, de la contracture et de Vovarîe à gauche. Les attaques sont surtout tétaniformes, toniques. Nous n'avons pas eu, jusqu'ici, l'occasion d'essayer chez elle l'influence de la compression ovarienne sui' les convulsions.

1 Nous avons publié l'observation complète de cette malade dans le Proarès médical [N- 16-33, 1875], et dans nos Recherches clmiques et thé-apeut. sur l'épttepsie et l'hystérie, p. 116-150. (B.)

2 Voir Leçon IX, p. 275.

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