Î4 ÉPILEPSIE ET HYSTÉRÛ-ÉPILEPSIE
d) A cette première phase sur laquelle, je le répète, porte principalement la discussion, succède la phase clonique. Alors, tout est hystérie ; on voit survenir les grands mouvements à caractère intentionnel, des contorsions qui expriment parfois les passions les plus variées, l'elFroi, la haine, etc. * ; en même temps éclate le délire de V accès.
e) La fin de l'attaque est marquée par des sanglots, des pleurs, des rires, etc.
Ces diverses phases ne se suivent pas toujours d'une façon aussi régulière; elles s'enchevêtrent parfois et, tantôt Tune, tantôt l'autre, prédomine. Chez la nommée C..., entre autres, la phase tonique l'emporte à un haut degré sur les autres et quelquefois se montre presque exclusive.
Nous voici parvenus. Messieurs, au point délicat. En quoi cette hystérie à crises complexes se sépare-t-elle de l'hystérie ordinaire, si elle s'en sépare réellement? En quoi se rapprochet-elle de l'épilepsie vraie, s'il y a lieu d'étahlir un tel rapprochement.
L'apparition de convulsions du type tonique est-elle donc un fait nouveau, insolite, dans la description classique de l'attaque hystérique vulgaire? Certainement non. Il n'est pas \Taiment exceptionnel de voir dans l'attaque d'hystérie commune, — alors que personne ne songe à faire intervenir l'élément épilepsie — de voir, dis-je, s'ébaucher des convulsions toniques à caractère épileptiforme, particulièrement au début de l'attaque ; tous les auteurs sont d'accord sur ce point. Ces convulsions sont parfois
' Voir plus haut les Fig. 19, SO et 21.
EXPLORATION TIIERMOMÉTRIQUE
même tellement accentuées, que M. Briquet a été, par là, conduit à établir, à côté de l'attaque clonique ou classique, une sorte d'attaque dans laquelle prédomine une raideur semi-tétanique du tronc et des membres. Ne parait-il pas d'après cela vraisemblable déjà que la forme dite épileptique, n'est à proprement parler que l'exagération, le plus haut degré de développement de cette variété de l'hystérie ordinaire?
Si, d'im autre côté, nous tournons nos yeux vers l'épilepsie vraie, nous rencontrons un certain nombre de traits distinctifs qu'il nous sera facile de mettre à profit.
Nous ferons remarquer, en premier lieu, que, d'après la description que nous avons donnée, le type épilepsie n'est jamais représenté dans les attaques-accès, que d'une manière incomplète, et pour ainsi dire à l'état d'ébauche; mais, à la vérité, ce ne serait pas là encore un argument péremptoire. Voici un caractère plus significatif.
Jamais vous ne voyez apparaître soit le petit mal, soit le vertige épileptique dans les descriptions de l'hystéro-épilepsie à attaques mixtes. Nous pourrions ajouter encore, car il y a là matière à une importante distinction, que dans cette forme de l'hystéro-épilepsie, l'attaque épileptiforme, même la plus intense, est, d'après nos observations, modifiée, parfois même arrêtée dans son développement par la compression de l'ovaire, ce qui n'a jamais lieu, — nous nous en sommes assurés maintes fois — dans l'épilepsie vraie
Dans les attaques mixtes, alors môme que leur retour est très fréquent, jamais, — c'est là un fait reconnu par des au-
< Voy. Leçon XI, p. 320.