ATTITUDE DE LA TÊTE, DES MEMBRES, ETC
parler entre les dents. La déglutition est facile, peut-être ralentie; fréquemment dans les cas un peu anciens la salive accumulée dans la bouche s'écoule involontairement au dehors. Les muscles de la respiration ne paraissent point partager le désordre convulsif des membres. Disons cependant que quelques malades éprouvent un sentiment d'oppression presque constant.
Nous appuierons actuellement sur un trait qui, croyonsnous, a échappé à Parkinson ainsi qu'à la plupart des auteurs qui l'ont suivi : nous voulons parler de la rigidité que subissent, à une certaine époque de la maladie, les muscles des membres, du tronc, et le plus souvent ceux aussi du cou. Quand ce symptôme s'annonce, les malades accusent des crampes suivies de raideur d'abord passagère, puis plus ou moins durable, et s'exagérant par exacerbations. En général, les muscles fléchisseurs sont affectés les premiers et toujours au plus haut degré. La raideur musculaire, devenue permanente, impose à ces malades, dans beaucoup de cas, une attitude toute particulière. Ainsi, la tête, en vertu de la rigidité des muscles antérieurs du cou (Parkinson l'avait remarqué déjà), est fortement inclinée en avant, et on la dirait fixée dans cette position, car ce n'est pas sans efforts que les malades parviennent à la porter en haut, à droite ou à gauche. Le tronc lui-même est presque toujours, dans la station debout, un peu penché en avant. (V. Pl. VIII.)
malade parle, elle a du tremblement des lèvres et l'émission des premières syllabes se fait assez péniblement ; la parole est tremblante, surtout au début, et peu à peu, à mesure que la phrase s'avance, les mots sont moins tremblants et prononcés d'une voix plus forte. La malade semble parler entre ses dents ; les lèvres s'écartent à peine : les mâchoires sont comme accolées l'une contre l'autre. La langue est animée d'un tremblement uniforme, général, même lorsqu'elle est dans la cavité buccale, et quand elle est allongée, le tremblement augmente. La malade prétend qu'elle ne peut laisser longtemps la langue au dehors de la bouche : « Elle rentre, dit-elle, malgré moi. » La bouche est souvent remplie de salive, et Perd. . . attribue à ce phénomène une partie de sa difficulté à s'exprimer (B.).
i7u ATTITUDE DES MEMBRES SUPÉRIEURS
L'attitude des membres supérieurs mérite d'être relevée. Habituellement les coudes sont tenus faiblement écartés du thorax, les avant-bras étant légèrement fléchis sur les bras ; les
Fig, 8. — Attitude liabituelle dans les cas de paralysie agitante un peu prononcée. — Attitude d'une main qui tient une plume pour écrire.
mains, fléchies sur les avant-bras, reposent sur la ceinture (V. Planche I) A la longue, les mains, en raison de la rigidité permanente de certains muscles, offrent des déformations
Fifj. 9. — Déformations des doigts de la main simulant celles du rhumatisme articulaire chronique primitif.
qu'il est bon de connaître, parce que, dans maintes cii^constances, elles ont rendu le diagnostic difficile. La plupart du temps, le pouce et l'index sont allongés et rapprochés l'un de l'autre, comme pour tenir une plume à écrire; les doigts, médiocrement inclinés vers la paume de la main, sont déviés en
> Celle planche représente la malade Gav... dont nous rapportons l'observation à l'Appendice. L'inclinaison, déjà très prononcée quand M. P. Richer a fait son dessin, s'est encore accusée depuis celle époque. De plus, elle présente aujourd'hui une tendance à s'incUner en même temps sur la droite. Cette inclinaison latérale existe aussi chez une autre malade du service de M. Cbarcot, nommée Bau.. . [Note de la 2» édition.) (Voir Pl. VIII lis.)
ATTITUDE DES MEMBEES rNEERIEURS 171
masse vers le bord cubital [Fig. 8). Ils montrent en outre, dans leurs diverses articulations, une série de flexions et d'extensions alternatives, de manière à rappeler, jusqu'à s'y méprendre, certains types de déformations observés dans le rhumatisme clironique progressif {Fig. 9 et 10). La distinction cependant est d'ordinaire facile , pour peu que l'on soit prévenu. Il n'y a pas, en effet, dans la paralysie agitante, la
Fiff. 10. — Déformations des doigts de a main, simulant celles du rhumatisme articulaire chronique primitif.
tuméfaction et la rigidité articulaires, non plus que les bourrelets osseux et les craquements que l'on observe dans le . rbimiatisme noueux.
Aux membres inférieurs, la rigidité est quelquefois assez prononcée pour donner l'idée d'une véritable paraplégie avec contracture. Cliez deux femmes que je vous présentais tout à l'heure, ces membres, vous l'avez vu, sont rigides et dans la demi-flexion ; on ne les fléchit ou ne les étend qu'avec une certaine difficulté. Les genoux sont rapprochés l'un de l'autre par un mouvement d'adduction ; les pieds sont raides, étendus et dirigés en dedans, simulant la malformation désignée sous le nom de pied dot vanis équin ; les orteils sont relevés et recourbés de façon à figurer une grifle, à cause de l'extension des phalanges et de la flexion concomitante des phalangines. Pourtant ces femmes ont encore la faculté de mouvoir volontairement leurs membres inférieurs, avec peine et lenteur il est vrai; elles sont même capables, vous l'avez vérifié, de marcher tant bien que