‹ Leçons sur les maladies du système nerveux (volume 2)Chapitre 13 sur 129 · I. Cellules NERVEUSES jiotrices A des cornes antérieures · texte numérisé non relu

I. Cellules NERVEUSES jiotrices A des cornes antérieures

II. Cellules du type i de Golgi, à cylindre-axe long, ou cellules de cordon, que nous subdiviserons ainsi :

1" Cellules de cordon proprement dites.

a) Cellules des cordons antérieurs (R) ;

b) Cellules des cordons latéraux (R);

c) Cellules des cordons postérieurs (D). 2° Cellules commissurales (C).

3° Cellules pluricordonales .

III. Cellules du type n de Golgi, à cylindre-axe court (E), qui se rattachent à la catégorie des cellules de cordon.

Après ces généralités sur les cellules de cordon et sur les fibres qui en émanent, je crois indispensable d'entrer dans quelques détails relatifs à la topographie de ces éléments, parce ■qu'ils ont une importance considérable en anatomie pathologique.

L ŒUVRE D UAE ÉPOQUE.

Voici d'abord une première question qui se pose à l'esprit et dont il est facile de saisir la portée. Comment, sur une coupe de moelle, distinguer ce qui appartient 'aux fibres endogènes, de ce qui revient aux fibres importées, aux ftbres exogènes, représentées par les fibres des racines postérieures et par les fibres du faisceau pyramidal ?

Chez l'embryon, cette distinction est relativement facile à

lLcLicra.Lai .

FiG. n.

Représentation schématique des différentes catégories de cellules de la moelle. (D'après Lcnhossek.)

faire. Lorsque sur une préparation colorée par le procédé de Golgi une cellule émet un prolongement cylindre-axile qui se dirige vers la périphérie et qui, une fois parvenu dans la substance blanche, se bifurque en deux branches, l'une ascendante, l'autre descendante, il n'y a plus à douter, on a sous les yeux une cellule et une fibre de cordon. En dehors du cas que je viens de considérer, il nous est impossible d'affirmer que tel ou tel élément nerveux qui se présente à nous dans

le champ du microscope est ou n'est pas une fibre de cordon.

La question est presque aussi difficile à résoudre lorsque vous vous trouvez en présence d'une tache de sclérose, vestige de fibres dégénérées ou disparues. Pour savoir si la lésion intéresse des fibres endogènes ou exogènes, il vous faudra procéder à un examen très minutieux de toutes les régions avoisinantes, de tous les centres que l'on peut supposer être les tenants ou les aboutissants des fibres altérées. Une discussion approfondie des résultats de cet examen, la comparaison du siège de la lésion avec les descriptions des auteurs qui se sont donné pour tâche de déterminer les territoires respectifs des différents ordres de fibres pourront vous éclairer dans une certaine mesure. N'empêche que le plus souvent vous serez embarrassés de conclure, pour cette raison bien simple que, presque partout dans la moelle, des fibres de cordon, appartenant à différents systèmes, s'entremêlent entre elles et avec des fibres exogènes.

Seule l'étude persévérante des cas favorables de dégénérescence consécutive soit à la destruction d'un centre trophique, soit à l'interruption d'un système de fibres groupées en faisceau pourra nous éclairer sur la topographie des cordons, sur la part que prennent à leur constitution les différents systèmes de fibres. Or cette étude se heurte à de très grandes diffi-cultés, inhérentes surtout à la complexité de structure de la moelle, mais qui tiennent en partie à la brutalité qui carac térise les processus destructeurs dont cet organe peut être le siège. Le plus souvent les lésions sont trop étendues pour qu'on puisse discerner ce qui, dans la distribution de la sclérose consécutive, revient à chaque système de fibres.

Cependant, à l'heure actuelle, des résultats d'une réelle importance sont déjà acquis pour ce qui concerne la distribution des fibres de cordon. Nous savons, par exemple, qu'il en est de courtes, de moyennes et de longues. Les premières, celles à court trajet, sont comprises dans ces zones de dégénérescence, qui, à la suite d'une section transversale de la moelle, s'arrêtent à une faible distance du point sectionné. Il en est ainsi pour les territoires situés au voisinage immédiat des cornes antérieures et postérieures. Là ces fibres forment des faisceaux dont je vous parlerai dans un instant.

L ŒUVRE D i:>E EPOoUE.

Les fibres moijennes existent en nombre assez considérable dans les cordons antéro-latéraux, entremêlées à des fibres courtes et à des fibres longues. De plus, dans les cordons postérieurs, elles se groupent en deux faisceaux qui, sur une section transversale, correspondent, l'un à une zone contiguë à la commissure postérieure, l'autre au territoire connu sous le nom de virgule de Schultze (fig. 18).

Ce faisceau, ainsi que MM. Gombault et Philippe se sont efforcés de le démontrer, comprendrait un système de fibres endogènes descendantes. Placées sur les parties latérales, dans les régions supérieures de la moelle, ces fibres, plus bas, se rapprochent de la ligne médiane. Elles descendent jusque dans le cône terminal; dans la région

lombaire, elles forment un centre oval médian qui, dans les cas de tabès, est connu pour rester longtemps intact (voir fig. 19).

Fig. 18. — Coupe de moelle représentant la virgule de Schultze.

Fig. 19. — Coupe de moelle représentant le territoire antérieur des cordons postérieurs et le centre oval médian, respectés par les lésions du tabès, dans le segment lombaire.

Enfin les fibres longues for-

ment à la périphérie des cordons antéro-latéraux deux faisceaux tous deux composés de fibres ascendantes : le faisceau cérébelleux direct et le faisceau de Gowers. Par leurs extrémités terminales, ces fibres franchissent la limite supérieure de la moelle, et relient celle-ci avec le cervelet [faisceau cérébelleux direct) et avec le bulbe et le cerveau [faisceau de Gowers). Le premier de ces deux faisceaux tire son origine des cellules de la colonne de Clarke ; l'origine du second faisceau, moins bien connue, paraît devoir être rapportée à certaines cellules de cordon de la corne antérieure, dans la région lombaire.

B. — Éléments xerveux importés daxs la moelle. — 3° Fibres émanant des cellules des ganglions spinaux. — Grâce aux recherches de Hiss, vous disais-je tout à l'heure, nous savons que

CLINIQUE DES MALADIES DU SYSTÈME ?sERVEUX.

les fibres nerveuses des racines postérieures ne sont que les prolongements centraux des cellules nerveuses des ganglions spinaux. Ces cellules fournissent donc à la moelle la plus grande partie des fibres qui constituent les cordons postérieurs, les autres émanant des cellules de cordon. Quant au reste, si on

s'en rapporte aux enseignements de l'embryogénie, les ganglions spinaux doivent être considérés

FiG. 20. — Cellules bipolaires d'un ganglion spinal.

FiG. 21. — Transformation des cellules bipolaires en cellules unipolaires. (D'après van Gehuchten.)

comme faisant partie des centres nerveux. Ils procèdent des éléments cellulaires, de la gouttière ectodermique qui, vous le savez, apparaît dès les premiers jours du développement embryonnaire et d'où dérivent en totalité les centres nerveux A un -certain moment, les ganglions spinaux se détachent de 1 axe spinal pour émigrer à une certaine distance.

Permettez-moi de revenir brièvement snr la structure et le mode d'évolution des cellules nerveuses des ganglions spinaux.

Au début, vous disais-je, ces cellules sont fusiformes, bipolaires [ûg. 20). Elles poussent deux prolongements qui, à un moment donné, fusionnent, par suite de quoi la cellule prend une apparence unipolaire (fig. 21). Ce prolongement unique se subdivise à son tour en deux fibres nerveuses ; la fibre centrifuge devient fibre sensitive périphérique et, comme telle, gagne les régions les plus diverses du corps pour se distribuer à la peau et aux muqueuses. La fibre centripète devient fibre de la racine postérieure; comme telle elle pénètre dans la moelle. Je vous répète que les cordons postérieurs sont formés en majeure partie par des fibres de cette provenance.

Vous voyez, d'après cela, que les cellules nerveuses des ganglions spinaux ont un rôle histogénétique considérable. Elles ont, de plus, un rôle trophique non moins important. Quand ces cellules viennent à être détruites ou à être séparées des fibres qui en émanent, celles-ci se mettent à dégénérer. Je vous ai assez longuement parlé de ces dégénérescences, à propos des mémorables découvertes de Waller.

Un troisième rôle, encore controversé, est celui que jouent ces cellules dans la propagation et la perception des impressions sensitives. Y a-t-il perception dans le ganglion spinal? Ou bien celui-ci ne représente-t-il qu'un lieu de passage, indifférent, pour les impressions sensitives venues de la périphérie? Ou bien son rôle est-il d'augmenter la résistance au passage des courants? Ou bien encore les impressions périphériques passent-elles directement de la branche périphérique de division du prolongement de la cellule nerveuse dans la branche centrale, sans passer par la cellule elle-même? Autant de questions auxquelles on n'a pas encore trouvé à faire de réponse satisfaisante.

Laissez-moi vous dire, en passant, queRamony Cajal a constaté (1891) la présence de fibres du grand sympathique dans les ganglions spinaux ; ces fibres arrivent par la voie des rami communicantes.

Une autre constatation très importante a été faite presque simultanément par Lenhossek et Ramon y Cajal; c'est celle de fibres nerveuses qui, traversant les ganglions spinaux sans contracter de rapports directs avec leurs cellules nerveuses, pénètrent dans la moelle pour gagner directement les cornes antérieures. Ces fibres ne dégénèrent point de bas en haut, quand on sectionne les racines postérieures ; ce sont donc bien des fibres motrices.

Il nous reste à voir comment les fibres sensitives, qui émanent des cellules nerveuses des ganglions spinaux, se comportent une fois qu'elles ont pénétré dans la moelle.

Il n'y a pas très longtemps, Ramon y Cajal a démontré que les fibres sensitives, une fois parvenues dans la moelle, ne gagnent pas directement la substance grise.

Dans leur parcours à travers la substance blanche elles se divisent en Y (fig. ^2), donnant ainsi naissance à deux branches terminales, l'une ascendante, l'autre plus grêle, descendante, qui continuent de parcourir les cordons postérieurs dans le sens longitudinal. Ce sont ces branches longitudinales qui constituent en majeure partie les cordons postérieurs.

Grâce aux recherches de Ramon y Cajal, nous savons égale-

FiG. 22. — Coupe longitudinale d'une moelle de fœtus humain, montrant rentrée des fibres des racines postérieures dans la moelle, ainsi que les collatérales et leurs bifurcations. (D'après van Gehuchten.)

L QîUVRE D UjXE ÉPOQUE.

ment que les deux branches longitudinales de division de chaque libre radiculaire postérieure émettent, de distance en distance, des collatérales (fig. 22). Celles-ci se détachent à angle droit et pénètrent dans la substance grise dont elles enlacent les cellules nerveuses de leurs ramifications terminales.

Pour ce qui est de la répartition des fibres sensitives dans

FiG. 23.

CP, cordon postérieur. — CL cordon latéral. — RP, racine postérieure. — Z L et Z'L' zones de Lissauer, qui tranchent par la finesse de leurs fibres. (Raymond. Maladies du système nerveux.)

la moelle, voici ce qu'on en peut dire d'une façon générale : a. Les fibres des racines postérieures, après avoir pénétré dans la moelle, divergent en dedans et en dehors.

La portion externe est formée par les fibres fines qui prennent une direction longitudinale en arrière de la substance de Rolando; c'est la zone marginale de Lissauer (fig. 23 et 24).

La plus grande partie de la portion interne se recourbe en arc, de dehors en dedans, pour se distribuer aux différentes portions du cordon de Burdach et à la partie décrite depuis Westphal sous le nom de zone de pénétration.

Jusqu'à quelle distance se poursuit le trajet longitudinal des deux branches de division? Il y a longtemps que les recherches expérimentales et l'anatomie pathologique ont répondu

FiG. 24. — Coupe de moelle do tabétique.

La racine postérieure R. P. et les deux zones de Lissauer ZL, Z' I/sont sclérosées. (Raïmond. Maladies du système nerveux.)

à cette question. J'ai relevé, pour ma part, dans mes Leçons sur le tabès dorsalis, à propos de l'anatomie et de la physiologie pathologiques de cette maladie, tous les faits importants qui se rapportent à cette question. J'ai cru pouvoir en conclure : 1° Que les branches descendantes des fibres en voie de

L ŒUVIîE DUNE ÉPOQUE. 461

division se tormiiient dans la substance grise après un très court trajet.

2° Que les branches ascendantes pénètrent dans la substance grise des cornes postérieures, non point à un même niveau, mais à des niveaux différents. On peut se représenter les choses, d'après M. P. Marie, en distinguant trois catégories de fibres, les unes courtes, les autres moyennes, les autres longues.

Les fibres longues, qui prennent naissance dans les régions inférieures de la moelle, vont former, à la région cervicale, le cordon de Goll ; elles aboutissent au noyau grêle du bulbe ou noyau de Goll. Celles qui naissent dans le renflement cervical n'abandonnent pas le faisceau de Burdach et se terminent dans le noyau cunéiforme, noyau de Burdach.

Quant au reste, les fibres des trois catégories, branches collatérales et branches principales, se terminent dans la subtance grise de la moelle et du bulbe sous forme d'arborisations terminales qui enlacent les cellules nerveuses.

Les collatérales sensitives qui, suivant la juste remarque de Kôlliker, constituent une des plus remarquables particularités de la structure fine de la moelle, se répandent à peu près exclusivement dans la moitié correspondante de la moelle ; un nombre négligeable de ces fibres gagne le côté opposé, en traversant la commissure postérieure. Somme toute, ces collatérales se répandent :

1° Dans les cornes postérieures et dans la région moyenne de la substance grise centrale ;

2" Dans les cornes antérieures ; les fibres qui ont cette destination forment un faisceau qualifié par Ramon y Gajal de sensitivo-moteur, iVa?itéro-postérieur ; ce sont les collatérales réflexes de Kôlliker, appellation qui indique clairement leur rôle;

3" Dans cette portion des cornes postérieures, connue sous le nom de colonnes de Clarke (fig. 25), où elles vont former ce réseau fibrillaire dense, un des premiers à disparaître dans les cas de tabès dorsalis (voir fig. 26) ;

4° Dans la commissure postérieure qui, chez l'homme, se réduit à un faisceau fibrillaire très mince.

En résumé les racines postérieures, ou plutôt leurs prolongements, jouent un rôle extrêmement considérable dans la

FiG 25. — Colonne de Clarkc saine.

(Raymond,' -Vatodze* du système nerveux.)

constitution de la moelle. Elles assurent aux impressions sen-

sitives des voies de passage d'une richesse inouïe. Elles vont former à la fois la plus grande parti^des cordons postérieurs et la presque totalité du réticulum nerveux des cornes postérieures. Si nous les considérons dans le sens de la hauteur, nous constatons [ que chaque fibre se met en communication avec de nombreux étages superposés du nevraxe. Finalement, après s'être largement distribuées aux différents étages de la moelle, elles franchis-

sent en grand nombre

les limites supérieures

de cet organe, pour

se terminer dans les

noyaux bulbaires.

Vous concevez, par

ce que je viens de vous

dire, avec quelle facilité s'établiront des

voies de suppléance pour la transmission des impressions sensitives à travers la moelle ; vous vous expliquerez aussi, à l'occasion, le peu de rapport qui peut exister . , , n entre les troubles sensitifs et les altérations de la moelle

FiG. 26.— Colonne de Clarke, dans un cas de tabès. (Raymond, Maladies du système nerveux.)

L (]i L V li E D i: X E ]': p 0 n i e .

id'.i

jXe/njt>r& T-Tif^iczcT-

4" Fibres pyramidales. — Elles ont toutes leur origine dans les cellules pyramidales de la zone psychomotrice des hémisphères cérébraux. Après avoir traversé , en un faisceau unique, la couronne rayonnante de Reil, les deux tiers antérieurs du segment postérieur de la capsule interne, la région moyenne du pied du pédoncule cérébral, la protubérance, ces fibres vont former de chaque côté la pyramide bulbaire antérieure. A l'endroit où se fait l'entrecroisement (Ml décussation des pyramides, le faisceau unique, formé jusque-là de chaque côté par les fibres pyramidales, se dédouble en un faisceau direct et en un faisceau croisé.

Le faisceau pyramidal direct poursuit son trajet du même côté, pénètre dans la moelle, où il constitue ce qu'on appelle le faisceau de Tûrck (faisceau pyramidal direct). Ce faisceau est conligu à la scissure médiane antérieure; en avant il

FiG. 27. — Repi-csentaiion schcmalique des fibres pyramidales directes et croisées.Les premières s'entre-croisentdans la moelle, près de leur terminaison; les secondes s'eutre-croisent dans le bulbe.

'D'après van Gehiichten.)

i64 CLINIQUE DES MALADIES DU SYSTÈME NERVEUX.

arrive jusqu'à la surface libre de la moelle (fig. 29). En dehors il est liiuité par une cloison névrogiique qui correspond au sillon intermédiaire antérieur. Son extrémité inférieure est située dans la partie moyenne du segment dorsal, à un niveau variable. Somme toute, les fibres qui le composent cheminent dans la moitié de la moelle, située du même côté que l'hémisphère dont ces fibres tirent leur origine. Toutefois, avant de se résoudre en arborisations terminales, elles traversent la commissure blanche antérieure, pour se terminer dans la corne antérieure du côté opposé.

Le faisceau pyrainidal croisé passe d'une moitié du bulbe dans la moitié opposée de la moelle. Là il est appliqué contre la face posté ro-externe de la corne postérieure. Il occupe toute la hauteur de la moelle. Les fibres qui le composent vont se terminer dans la corne antérieure du même côté; leurs arborisations terminales s'entrelacent en quelque sorte avec les dentrites des grosses cellules de ces cornes antérieures.

Vous voyez donc que toutes les fibres pyramidales s'entrecroisent (fig. 27) : les unes (faisceau pyramidal croisé) au niveau du bulbe, au niveau de l'entre-croisement des pyramides ; les autres [faisceau pyramidal direcù. dans la moelle, au niveau de la commissure blanche antérieure. Une conséquence de cette disposition est à retenir. Toute lésion unilatérale qui interrompt le trajet des fibres pyramidales au-dessus de l'entre-croisement des pyramides produira une paralysie motrice croisée; elle produira ce même résultat si, siégeant au-dessous de l'entre-croisement des pyramides, elle interrompt le trajet des fibres du faisceau pyramidal direct; mais il en résultera une paralysie homologue, si elle interrompt le trajet des fibres du faisceau pyramidal croisé.

structure fine des centres nerveux d'après les Découvertes

LES PLUS récentes DES HISTOLOGI STES

Sommaire. — Quatrième période [suiie). — C/Conncxions de la moelle avec les autres parties des centres nerveux et avec la licriphérie. — Vue d'ensembie des deux grandes voies sensitive et motrice.

Névroglie. — Son origine ectodcrmique; ses éléments constituants; considérations cmbryogénétiques.

Coup d'œil rétrospectif. — Qu'y a-t-il d'absolument nouveau dans notre conception actuelle de la structure fine de la moelle.

Applications des données nouvelles à la physiologie et à l'anatomie pathologique. — Les racines postérieures ne font point partie du système nerveux périphérique. — Les nerfs sensitifs n'ont pas de noyaux d'origine dans l'organe -central. — Transmission des impressions sensitives dans la moelle. — Mécanisme des actes réflexes. — Questions do physiologie qui ont étii passées sous silence à dessein. — Éclaircissement que jette la théorie des neiu-ones sur l'étude des dégénérescences secondaires. — Ce que l'on peut ;ittendre de l'emploi du procédé de Golgi pour l'élucidation d'autres problèmes d'anatomie liathologique.

IV. — Connexions de la moelle avec les autres parties des centres nerveux et avec la périphérie.

Maintenant que nous avons étudie en détail les éléments nerveux, endogènes et exogènes, qui entrent dans la constitution de la moelle, il m'est possible de vous donner une idée d'ensemble de la manière dont communiquent entre elles les différentes portions de l'axe spinal et de la manière dont cet axe communique avec la périphérie d'une part, avec les autres départemenls des centres nerveux de raiilre.

CLIKIQUE DES MALADIES DU SYSTEME KERVEKX.

'erf serii.

RcLc. cent.

1° La moelle est reliée à la périphérie (voir fig. 28) :

a) Par les prolongements cylindre-axiles des grosses cellules des cornes antérieures [N.m.p.), qui vont se répandre dans les différents muscles du squelette, où, par l'intermédiaire de leurs arborisations terminales, ils contractent des rapports de contiguïté avec les fibres musculaires;

b) Par les prolongements cylindre-axiles des cellules nerveuses des ganglions spinaux (N.s.p.), aux organes de sensibilité (peau et muqueuses).

2" Les différents étages de la moelle sont reliés entre eux, par l'intermédiaire des cellules de cordon, dont les prolongements cylindre - axiles sont à court et à moyen trajet. Les prolongements de ces cellules sont disséminés à travers les différents cordons de la moelle ; mais on admet que dans le cordon antéro-latéral ils forment deux faisceaux plus ou moins bien circonscrits, à savoir : a) Le faisceau fondamental antérieur ou faisceau restant du cordon antérieur, compris dans l'épaisseur du cordon antérieur, entre les racines antérieures et le faisceau de Tûrck (là où ce faisceau cesse d'exister, le faisceau fondamental antérieur est contigu à la scissure médiane antérieure) et qui n'arrive pas parout jusqu'à la surface libre de la moelle. Sur la planche (fig. 29) que j'ai fait placer sous vos yeux et qui représente la systématisation des faisceaux de la moelle, ce faisceau est représenté par lalettre b.

^teuLT

yLiLScle.

FiG. 28. — Connexions de la moelle avec la périphérie.

N.m.p. neurone moteur périphérique. — N.s.])- neurone sensitif périphérique.

b) La couche limitante de Flechsig ou faisceau latéral profond, moulé sur la concavité externe de la colonne grise et désigné par les lettres c e\ d sur notre dessin.

3° La moelle communique avec le bulbe, par l'intermédiaire des cellules de cordon dont les prolongements cylindre-axiles sont, pour la plupart, à long trajet, et dont un certain nombre concourt à la formation du faisceau de Gowers [e], d'autres en-

FiG. 29. — iSystèmalisadon des faisceaux de la moelle.

trant dans la composition des faisceaux de Burdach (/) et de Goll (V/j.

4° La moelle communique avec le cerveau :

a) Par l'intermédiaire des fibres pyramidales {a et a'), qui établissent des rapports de contiguïté entre les grosses cellules pyramidales des zones psychomotrices des hémisphères cérébraux et les grosses cellules motrices des cornes antérieures.

b) Par l'intermédiaire du faisceau de Gowers, ou faisceau ascendant antéro-latéraf que vous voyez représenté sur notre figure par la lettre {e). Vous constatez que sur une section transversale de la moelle, ce faisceau dessine un croissant à concavité interne et qu'il est situé à la périphérie du cordon antéro-latéral. Sa signification physiologique est discutée. Le faisceau de Gowers renfermerait à la fois des fibres commissurales, reliant entre eux différents étages de la moelle, et des

CLIJNIQUE DES MALADIES DU SYSTEME XERVELX.

Ccj'oelct

FalsceaiL iiilc-/

fibres qui relient la moelle au bulbe ainsi qu'à l'encéphale, cerveau et cervelet. Une chose est certaine, c'est que les fibres du faisceau de Gowers sont à trajet ascendant ; elles dégénèrent dans le sens ascendant. Je vous ai dit que leur origine présumée

est aux cellules de cordon des cornes antérieures.

o" La moelle communique avec le cervelet :

a) Par l'intermédiaire du faisceau cérébelleux direct ou faisceau de Flechsig^ qui occupe la partie postérieure et superficielle du cordon latéral (fig. 29 h).

Sur une section transversale de la moelle il se présente sous l'aspect d'une bandelette mince, un peu renflée en avant, s'étendant en arrière jusqu'au sillon collatéral postérieur, contigu par sa face profonde au faisceau pyramidal croisé. Ce faisceau également est composé de fibres à trajet ascendant, qui ont vraisemblablement leur origine dans les cellules de cordon des colonnes de Clarke (fig. 30).

è) Par l'intermédiaire du reste du cordon latéral ou faisceau intermédiaire de Lœwenthal. Ce faisceau (/), limité en dedans par les racines antérieures, en avant et en dehors par le fais-, ceau de Gowers, en dedans et en arrière par le faisceau latéral

CorTtiS ailler.

FiG. 30. — Représentation schématique des connexions de la moelle et du cervelet. (D'après Charpj-, Anatomie de Poirier.')

LQiUVRE D UNE ÉPOQUE. 169

profond, est encore fort mal connu. Il est composé de libres dont les origines seraient, d'après Marchi, dans le cervelet et qui se termineraient dans les cornes antérieures de la moelle; elles ont une direction descendante fi^. 30).

J'ai résumé ces connexions dans un tableau synoptique que je vais placer sous vos yeux. Les flèches que vous apercevez sur ce tableau indiquent à la fois la direction des fibres et le sens dans lequel ces fibres dégénèrent quand elles sont séparées des cellules qui leur donnent naissance.

,, i Fibres pyramidales ^^t ) „

Moelle, t- • i /- r-,\ \ Cerveau.

f Faisceau de Gowers (;) ^^^* ]

., ( Faisceau cérébelleux direct ,^^^ ) ^

Moelle, i „ . . , - 1 i t n i *^ Cervelet.

' Faisceau interraed. de Lœwentnal ^-^ )

j Faisceau de Gowers ^-^ \ „ .

I Faisceaux de Burdach et de Goll ^p-^ l

l Faisceau fondam. aut. Cl 1

Moelle.

Faisceau lat. profond €1 l

Moelle. \ ^ ^ / Moelle.

;ceau de Gombaull-Pliilippe ^

ibres endosènes des cellules de ^^

cordon ^^

] Faisc ! Fibr(

Piolongements cylindre-axiles des ] Muscles.

grosses cellules des cornes anté-

! ri

,, ,. iieures ^-^ ^ „,

Moelle. <^^ „ i < i- i -i i i / Périphérie.

Prolongements cvlindre-axiles des cel-

lules nerveuses des ganglions spi- \ Peau et

naux ^^pr^ 1 muqueuses.

Comme complément de ce tableau, je crois devoir vous tracer une vue d ensemble des deux grandes voies sensitive et motrice, qui relient les organes périphériques aux centres nerveux.

a. Voie sensitive. — Les impressions sensitives, qui atteignent la peau et les muqueuses, parviennent aux centres nerveux par la voie des fibres sensitives qui naissent des cellules nerveuses des ganglions spinaux. Ces cellules, bipolaires au début, prennent ensuite un aspect unipolaire, qui résulte de la juxtapo-

sition de leurs deux prolongements sur une certaine étendue. L'impression périphérique, venue par le prolongement a (fig. 31), traverse-t-elle la cellule c, ou passe-t-elle directement i[dans le prolongement h ? Nous n'en savons rien .

Le prolongement b traverse quelquefois le cordon postérieur sur toute sa longueur, pour se terminer dans le bulbe, dans Fun des deux noyaux gris connus sous les noms de noyau de Burdach ( B) et noyau de Goll (G).

Là il se résout en aborisations terminales, qui s'entrelacent avec les dentrites des cellules de ces deux noyaux.

Chemin faisant, ce prolongement b émet des collatérales qui, se détachant à angle droit, vont s'arboriser autour des cellules de cordon de la moelle.

C'est par la voie de ces collatérales que les impressions sensitives, venues de la périphérie, mettent en ébranlement les cellules des différents étages de la moelle, lesquels étages communiquent si lar- FiG. 31. — Représentation schématique gement non Seulement par la

du trajet des fibres sensitives dans la ^^-^ ^^g collatérales des fibrcS moelle et dans le bulbe. (D après van

Gehuchten.) exogènes, mais par les hbres

B.noyau de Burdach. — Ct. noyau de Goll. — Ne. eUeiogèneS dcS CellulcS dc COr-

neurone central. — Njo, neurone périphérique.

don.

Le courant principal, provoqué par les impressions sensi-

tives, va s'épuiser sur les cellules des noyaux de Goll et de Burdach.

Ces cellules, mises en branle à leur tour, propagent l'impression le long de leurs prolongements cylindre-axiles qui, en passant d'un côté à l'autre, constituent l'entre-croisement des -pyramides sensitives. Les prolongements en question continuent leur trajet à travers la partie profonde du ruban de Reil, et vont s'épuiser en arborisations terminales dans l'écorce grise des circonvolutions.

A cette voie principale se rattachent en quelque sorte deux voies secondaires :

L'une, dont les origines sont représentées par des cellules cordonales (cornes antérieures), n'est autre que le faisceau de Gowers; elle rejoint la voie principale dans la portion profonde du ruban de Reil.

L'autre, représentée par le faisceau cérébelleux direct, a ses origines dans les cellules des colonnes de Clarke et relie la voie principale au cervelet et plus spécialement aux noyaux de Stilling.

Somme toute, dans sa portion principale, lavoie sensitive est essetitiellement constituée par la super-position de deux ordres de neurones :

Un neurojie 'périphérique [Np], dont le corps cellulaire est situé dans les ganglions spinaux et qui, par son double prolongement cylindre-axile, conduit les impressions sensitives de la périphérie aux noyaux de Burdach et de Goll, ainsi qu'aux différents étages de la moelle (fig. 31 ) ;

Un neurone central (Ne), dont le corps cellulaire est compris dans un de ces deux noyaux, et dont le prolongement cylindreaxile va se terminer dans l'écorce grise des circonvolutions cérébrales.

Le neurone périphérique Np conserve un trajet direct sur toute sa longueur. Le neurone central Ne passe d'un côté à l'autre, au niveau de l'entre-croisement des pyramides.

b) Voie motrice. — La portion principale de la voie motrice est constituée semblablement par la superposition de deux neurones :

Un neurone central c. (fig. 32), dont le corps cellulaire est représenté par une cellule pyramidale c.p.s. de la zone

psychomotrice des circonvolutions, et dont le prolongement cylindre-axile, représenté par une fibre pyramidale, va se terminer dans la corne antérieure du côté opposé, sous forme d'une

fïhrc py ro m-idalc-^

FiG. 32.— Représentation schématique de la voie motrice.

Cj3S, Cellule psj'chomotrice de l'écorce cérébrale. — Cm, Cellule motrice des cornes antérieures de la moelle. — c, voie centrale. — u, p. voie périphérique.

FiG. 33. — Représentation schématique montrant l'entre-croisement des voies sensitives et motrices au niveau du bulbe.

arborisalion terminale qui enlace une grosse cellule motrice.

Un neurone périphérique n. jj, dont le corps cellulaire c. m est représenté par une de ces grosses cellules motrices des cornes antérieures, et dont le prolongement cylindre-axile sort de la moelle avec une racine antérieure et va aboutir à un muscle du côté homologue.

A cette voie principale se raccorderait, au dire de Marchi,

i/aiuvRE d'une époole. n.'î

une voie secondaire [faisceau intermédiaire de Lœwenthal) représentée par des neurones dont les corps cellulaires sonl situés dans le cervelet, et dont les prolongements cylindreaxiles vont se terminer dans les cornes antérieures, autour (les grosses cellules motrices (transmission des impulsions coordinatrices).

Deux dessins que je vais faire passer sous vos yeux, vous donneront une représentation schématique des deux voies principales sensitive et motrice (fig. 33 et 37).

Il y a lieu de tenir compte encore des voies de raccord qui établissent des communications transversales entre les deux moitiés latérales de chaque voie, et entre ces deux voies elles-mêmes. Je serais entraîné trop loin si je me laissais aller à vous énuraérer ces voies de raccord .

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