‹ Leçons sur les maladies du système nerveux v. 1, 1877Chapitre 123 sur 162 · CONCLUSION · texte numérisé non relu

CONCLUSION

inférieure, it sera impossible, tant que l'excitation subsis-

i,de mettre en jeu l'excitabilité dos membres supériei Et, inversement , si chez une grenouille, prépm raérae façon, vous entourez d'un lien fortement serr membres supérieurs , tant qu<* la ligature | tation des membres inférieurs ne sera pas suivie de mouvements réflexes. C'est du moins ce que démontre une expérience de Lewisson.

Toujours est-il que si ces faits expérimentaux sont d'une analyse plus facile, ils ne sont pas encore, dans l'état a de la science, plus aisément explicables que les phénomènes correspondants observés chez l'homme.

Je ne puis insister plus longuement, car le temps me presse- J'aurais voulu cependant vous montrer l'intérêt qu'il y a, au point de vue pratique, à supprimer les accès d'hystérie grave ou à en modérer, tout au moins, l'intensité. Mais ce crtté de la question sera plus convenablement mis en lumière quand j'aurai fait ressortir, dans une des prochaines séances, les conséquences qu'entraîne la répétition des accès, ou autrement dit Yêtat de mal hysi êpileptique. Je me bornerai, quant à présent, à formuler ainsi qu'il suit une des conclusions qui rassortent de la présente étude :

La compression énergique de Vovaire douloureux iC a pas d'influence directe sur ta plupart des sympt* permanents de Vhy$iêrie % tels que oontrm tralysle.

hémianesthêsie, etc.; mais elle a une action oisive sur l'attaque convulslve dont elle peut diminuer Vtntoisliô et, parfois même f déterminer Varr

Je dois en terminant, Messieurs, faire passer devant yos :les malades que j'ai eues surtout en vue dans la desption qui prén-ilr-, et faire ressortir les particularités les plus saillantes qu'elles offrent à l'observation.

Cas I. — Marc..., 23 ans, Atteinte d'hystéro-épilepsie depuis Fâge de 16 ans. On ne sait trop à quelle cause il faut, chez elle, rattacher l'affection. Quoi qu'il en soit, au point de vue de l'hystérie locale, elle nous offre : une hémianesthésie, de Yovarie t de faparésie, tout cela du côté gauche. HDe est, déplus, sujette à des vomisseynents fréquents et a présenta de Vachromatopsie de l'œil gauche.

Les attaques sont précédées par une aura caractéristique; les phénomènes prodroniiques partent de l'ovaire gauche elles symptômes céphaliqties sont très-accusés. Quant aux attaques elk-s-iiiernes, elles se composent de trois périodes: a) convulsions tétani formes, épUepti formes, écume; — V) grands mouvements du tronc et des membres inférieurs (période des contorsions); dans ce temps la malade prononce des paroles bizarres, et paraît être en proie à un délire sombre; — c) pleurs, rires, annonçant la fin de l'accès. Chez elle, on détermine un arrêt prompt et absolu de tous les phénomènes par la compression de l'ovaire gauche.

Cas II. — Cot.., T 21 ans, a vu l'hystérie débutera 15 ans. Les mauvais traitements qu'elle subissait de la part de son ]m r<% adonné aux excès de boisson, et plus tard la prostitution, ont sans doute exercé une certaine action étiologique. L'hystérie locale, ici, est encore plus marquée que dans le premier cas. Nous avons à observer à droite une hémianestàésie,\me douleur ovarienne, une contracture permanente avec trépidation du membre inférieur.

L'attaque s'annonce par une aura bien nette, partant de

l'ovaire droit et se terminant par des symptômes cépbaliques très-évidents. Les convulsions, surtout tom compliquent d'accidents épileptilurmes; I tOOfi la

tangua, écume t etc. La période des contorsions vient ensuite <-t esi très-accentuée. Sotivent, l'attaque se termîpepai mouvements de bassin, avec constrictïon laryngée, pl< urines abondantes. Chez elle, aussi, la pression ovarienne modère l'intensité des phénomènes de l'accès sans tout l'arrêter. Dans les premiers mois de l'année* cette malade

atteinte d'un état de mol hystéro-épitepUçui quel nous reviendrons dans une prochaine leçon (1).

Cas III. — Legr... Geneviève ost née à Loudun; singulière coïncidence I C'est, vous te savez, b* paysoùs'est se le triste drame dont Urbain Qrandier a été la victime.

Geneviève est Agée de 28 ans; l'hystérie date & la puberté. Parmi les symptômes permanents de » locale, nous observons chez elle une hëmîanesthésiegav bien accusée, une doutrur ovarienne gauche avec tumeur facile à constater ; enfin un état mental bizarre.

L'aura est très-earaetérisée, et, ce qui pr 8, ce

sont les palpitations cardiaques et les sympl" plia-

liques. En ce qui concerne les attaques elles-mêmes, elles se divisent en trois périodes : 1° convulsions épilepl écume et stertor; — 2° puis, grands mouvements des membres et de tout le corps ; — 3° enfin, période de délire» pendant laquelle elle raconte tous les événements de sa vie, à la fin des grands accès.

Parfois la malade, dans cette dernière phase, a des hallucinations: elle voit «les corbeaux, des serpents; de plus, elle s'abandonne à une sorte de danse, et alors elle nous offre, à Tétat embryonnaire pour ainsi dire et sous la forme sporadique, un spécimen de ces danses du moyen

(1J Voir l'observation complète de celte malade dons : Bournevilîe et Voulet* — Dâ la contracture kj/ttériqu* permanente. Oaa* vin, p. 4t.

FAITS CONIQUES. 3 il

cri tes sous le nom iVépîdémies saltatoires, À ce propos, je vous ferai remarquer que certains cas d'hystérie, constituant en quelque sorte des variétés dans l'espèce, préum* tentàlVtat rudiraentaire les diverses formes convulsivos qui se montrent à un degré beaucoup plus accentua dans les épidémies. C'est du reste là un point qu'a parfaitement développé Valentîner dans son intéressant travail sur l'hystérie (1).

Chez Geneviève, la compression de l'ovaire détermine un arrêt, pour ainsi dire soudain, de l'attaque. Elle se rend nettement compte de cette influence, car elle-même essaie de comprimer la région qui donne naissance à l'aura ou, lorsqu'elle n'y peut parvenir, elle réclame, ainsi que nous l'avons déjà dit, le secours des assistants (2).

Cas IV. — Ler.*,, âgée de 48 ans, est une malade bien connue de tous les médecins qui depuis plus de 20 ans ont fréquenté cet hospice à divers titres. C'est, en d'autres termes, un cas célèbre dans les annales de Fhystéro-épilepsie. Vous trouverez relatée, dans la thèse de M. Dunant (de Genève), la première partie de son histoire. Ler... a cessé d'être réglée, il y a quatre ans, et malgré cela les accidents nerveux persistent. Nous vous faisions reconnaître, tout à l'heure, dans Geneviève, le tarentisme sous un aspect rudimentaire; Ler... est une démoniaque, une possédée; ou encore elle présente l'image à peine affaiblie d'une de ces femmes qu'on nommait Jerhers dans les Camp-meetings méthodistes et qui offraient dans leurs crises les attitudes les plus effrayantes. (Voy. Fig. 19, 20 et 21.)

L'origine vraisemblable des accidents nerveux chez Ler... mérite d'être signalée. Elle a eu, comme elle le dit, une

(1) Valentincr (Th.). — Die Eytterie und ihreHeiiung. Voir l'extrait publié dans les numéros de juin 1872 du Mouvement médical,

(2) Nous avons publié l'observation de Geneviève dans l'Iconographie photographique de la.Salpétrière, tome 1.

série de peurs : P à 11 ans, elle a été épouvantée par un chien enragé ; 2° à 16 ans, elle a été saisie d'effroi à la vue du cadavre d'une femme assassinée ; 3° à 16 ans, nouvelle

Fig. 19. — Attltudo de Ler. , . pendant l'attaque : période dei contor»ioni. (Fae-simile d'un croquis fait d'Après nature].

frayeur déterminée par des voleurs qui, au moment où dite traversait un bois, se précipitèrent sur elle pour lui enlever l'argent qu'elle portait.

I/liysttfrie locale ee compose, chez eîîo, d*uuo ftémianesthèsiêt d'otwfc, de parêsie et par moments de contracture

des membres supérieurs et inférieurs, occupant le côté

Pig. 10. — Attitude de Ler.«. pendant l'attaque : période dit contorsions.

(Fac-similé d'un croquis fait d'après nature)*

droit. Parfois les phénomènes envahissent le côté gauche, et, alors, conformément à notre description, se présente une ovarie double avec anesthésie double, etc.

Pig. t1, — Aitaqui hy*tJro-ëpilepn<iue. — Période dei eontoriieni . (Dénia fait par M. P. Bkhcr, d'iprèi uo croquii de M. Cbarcot).

rappelle les attitudes que l'histoire prête aux démoniaqi [Période des contorsions {Fig. 49 r W et Si,)} A ce moment de l'attaque, elle est en proie à un délire qui rouie évidemment sur les événements qui paraissent avoir déterminé les premières crises : elle adresse des invectives furieuses à des personnes Imaginaire»: Scélérats I voleurs! brigands! Au l'eu! au feu! Oh les chiens! on me mord! Autant de

souvenirs , sans doute , des émotions de la jeunesse.

Lorsque la partie convulsive de l'accès est terminée, il survient en règle générale : l des hallucinations de la vue; la malade voit des animaux effrayants, des squelettes, des spectres; 2* une paralysie de la vessie; 3* une paralysie du pharynx; 4 a enfin, une contracture permanente plus ou moins prononcée de la langue*

Ces derniers accidents rendent parfois nécessaire pendant plusieurs jours le catliétérisme vésical et l'alimentation par la sonde œsophagienne.

La compression de l'ovaire, chez Ler., est presque de nul effet sur les convulsions (1).

Cas V, — Vous connaissez déjà cette malade; il s'agit d'Etchev;.., qui nous a fourni les éléments de notre leçon sur Vischurie hystérique (2), Nous relevons encore, dans ce cas, une hémianesthésie t de Vach?^omatopsie^ de la contracture et de Yovarie à gauche. Les attaques sont surtout tétani formes, toniques. Nous n'avons pas eu, jusqu'ici, l'occasion d'essayer chez elle l'influence de la compression ovarienne sur les convulsions.

(1) Nous avons publié l'observation complète de cette malade dans le Progrès médical (N°» 16-33, 1875).

(2) VoirLBçoN IX, p. 375.

DOUZIÈME LEÇON De la contracture hystérique.

ftaHitxnur. — Forme» de la contracture hystérique. - — Description de U forme hé'mipMfrique ; analogies et différences entre la contracture hystérique et celle (jui dépend d'une lésion en foyer du cerveau * — Exemple de la ferme paraplégique de la contracture hystérique.

Pronostic. — Soudaineté de la guôrison dans quelques cas* — Interprétation scientifique de certains faits réputés miraculeux. — IncurahiliU de la contracture chez un certain nombre d'hystériques. — Exemples. — Lésions anstomiques. — Sclérose des cordons latéraux. — Variétés qns présente la contracture. — Pied bot hystérique.

Messieurs,

Dana son traité fondamental sur l'hystérie, M. Briquet, bien qu'il n'accorde pas à l'histoire de la contracture petmancnte dont un ou plusieurs membres, chez les hystériques, peuvent être atteints, tout le développement qu'à mon sens elle comporte, trace cependant avec une grande sûreté de main les traits les plus baillants de C0 symptôme. C'est là, écrit-il, une complication rare. U ne l'avait, en effet, rencontrée que six fois à l'époque où il a publié son on- . Dans un cas, la contracture occupait un seul membre; dans deux autres» elle se présentait sous fon> ptêgique, et dans les trois derniers, elle revêtait la forme paraplégique. Il est parfaitement exact que la contrat hystérique peut otlrir tous ces aspects. Vous allez, du reste, vérifier le fait par vous-mêmes, car je suis assez bonmz pour pouvoir faire )»asser snu.s v>s veux deux maladefi qui présentent Tune la forme hémiplégique, l'autre la forme paraplégique de la contracture hystérique. Nous sommes ainsi mis à même de vous faire toucher du doigt

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